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Bouturage

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De nombreuses plantes présentent des facultés de régénération tout à fait étonnantes et il suffit, bien souvent, qu’un morceau de rameau cassé touche le sol pour qu’il s’enracine lentement, reproduisant ainsi une plante semblable au pied mère. Cette particularité a été exploitée depuis des générations par les horticulteurs (qui trouvent ainsi le moyen de propager rapidement des plantes tout en conservant leurs caractères d’origine).
Le bouturage consiste à prélever une partie d’une plante (feuille, rameau, racine, écaille de bulbe, etc.) et à la mettre dans des conditions qui favorisent son enracinement. Ce procédé de multiplication est dit végétatif, puisqu’il ne fait pas intervenir les sexes (fleurs).

prélèvement de Bouturage de fusain

Les avantages du bouturage

Le bouturage présente un double avantage : il permet, d’une part, de transmettre fidèlement les caractères de la plante-mère (dans le cas de plantes dioïques dont les sexes sont séparés, des boutures de pieds mâles donnant des pieds mâles, et mêmes chose pour les femelles), notamment dans le cas de feuillages panachés, de fleurs doubles ; il donne, d’autre part, des plantes à la croissance plus rapide que celles obtenues par semis. Alors qu’il faut compter environ trois à quatre ans pour obtenir un thuya de 40 cm à partir d’un semis, deux ans suffisent à partir d’une bouturage. Enfin, la population obtenue à partir d’un bouturage est beaucoup plus homogène dans sa croissance et son port que les plantes issues de semis. Ceci est particulièrement intéressant lorsque l’on veut réaliser une haie ou un groupe de plantes.

À noter aussi : les plantes obtenues par bouturage fleurissent plus aisément et plus rapidement que celles. issues de semis (en particulier les arbustes).

Les inconvénients du bouturage

Ils proviennent d’abord de la difficulté à faire raciner certaines plantes. Des espèces comme les rhododendrons demandent mille soins et des conditions d’humidité, de température et de compost assez exceptionnelles. D’autres plantes (les arbres fruitiers, par exemple, et autres nombreux arbres) se refusent à émettre des racines. Enfin, et le problème est de taille, on constate à la longue une dégénérescence des plantes qui ont été multipliées par bouturage depuis des générations. C’est ainsi que certains rosiers anciens dont les variétés étaient très appréciées sont devenus aujourd’hui des plantes très banales dont il est difficile de retrouver le type.

Autre observation : il arrive que certaines variétés à feuillage panaché redeviennent vertes (retour au type).

La physiologie du bouturage

La phase critique de ce mode de multiplication est la période pendant laquelle la plante n’a pas encore émis ses racines: la future plante vit alors sur ses propres réserves, et il est important qu’elle  » tienne le coup « , le temps que les nouvelles racines puissent enfin l’alimenter. Il est donc tout à fait normal de ne constater aucune végétation sur le bouturage pendant la période d’enracinement. Tant que le bouturage reste immuable c’est bon signe : l’enracinement est en train de se produire. Mais deux choses sont à éviter à tout prix : la fanaison et les pourritures.
C’est à la partie inférieure de la bouture, là où les vaisseaux du liber qui transportent la sève élaborée terminent leur chemin, que se produit le plus facilement l’enracinement. C’est la concentration de cette sève qui va produire l’émission des racines. Pour les boutures réalisées pendant la période d’arrêt de végétation, il ne s’agit pas de sève élaborée, mais d’un ensemble de substances rhizogènes qui facilitent l’émission des racines. Tout commence par la formation d’un cal cicatriciel au niveau de la plaie de coupe, puis se poursuit par l’émission lente de petites excroissances qui vont devenir des racines. On conseille bien souvent de couper la bouture juste au-dessous d’un œil (bourgeon), car celui-ci va émettre très facilement des racines .

Chez certaines plantes (le forsythia, par exemple), il existe de nombreuses petites protubérances sur l’écorce que l’on appelle des lenticelles . Ces lenticelles contiennent, pour la plupart, des cellules méristématiques (cellules de croissance) qui permettent de produire des racines. Dans ce cas, l’enracinement de la bouture se fait un peu partout le long de la tige enterrée.

Les conditions d’un bon enracinement

Bouturage racinée de laurier-cerise
Elles sont liées à certains facteurs importants : la légèreté et la porosité du substrat, l’humidité, la température et la lumière. Cet ensemble de facteurs, qu’il est plus facile de contrôler dans une serre ou à l’intérieur de la maison, agit sur le résultat de l’opération . Ces facteurs doivent impérativement être pris en considération si l’on veut obtenir un bon enracinement.

Le substrat

C’est l’élément qui fait vivre les radicelles émises par la bouture . Il doit être suffisamment poreux, aéré et surtout friable pour que les vaisseaux ténus constituant les radicelles puissent s’y forer un passage et y trouver l’oxygène, l’eau et les éléments nutritifs dont elles ont besoin .
Un peu comme pour les semis, les boutures peuvent vivre un temps assez long sur les réserves de l’organe qui les a produites. Il est donc inutile d’enrichir le substrat, un mélange complètement inerte pouvant suffire, à condi­tion d’effectuer un rempotage juste après la reprise .
Nous détaillerons un peu plus loin tous les éléments pouvant constituer un substrat pour boutures et les divers mélanges à réaliser .

L’humidité

C’est l’eau qui maintient en vie la bouture et stimule l’émission des racines. Sur une plante, le système  radiculaire est une véritable pompe à eau et c’est par la présence de cet élément vital que les racines peuvent se développer. On peut même faire des boutures entièrement dans l’eau. Dans ce cas, les racines produites sont d’une structure différente de celles émises  dans la terre. Plus fines, transparentes, fragiles, elles doivent être rapidement mises dans un substrat léger si l’on ne veut pas les voir pourrir .
L’humidité, dans la partie souterraine, n’est pas le seul élément important. L’hygrométrie (humidité atmosphérique) régit aussi la vie de la plante. Pour les boutures herbacées, entre autres, une hygrométrie voisine de 100 (on dit alors que les boutures se font à l’étouffée) est presque indispensable. Sinon, les pousses, dépourvues de racines pour les alimenter en liquide, fanent très vite.

Attention toutefois à ne pas trop forcer sur le facteur humidité. L’humidité favorise le développement des champignons parasites et notamment des moisissures. C’est pourquoi il faut un substrat très poreux afin que l’eau ne stagne pas.

La température

Cet élément est lié intimement à l’humidité. Plus l’hygrométrie augmente plus forte doit être la température, et vice-versa une certaine chaleur est nécessaire au niveau du sol (on l’appelle chaleur de fond). Pour faire enraciner certaines espèces fragiles. on utilise des coffres à multiplication contenant des résistances chauffantes. En règle générale, tout ceci est inutile pour les arbustes ou les plantes vivaces rustiques. Une terre qui se réchauffe vite (donne assez sableuse et ne contenant pas trop d’eau) est très nettement favorable à l’enracinement des boutures.

Un conseil important : si vous faites des boutures par temps très chaud (pour les boutures demi-aoutées, réalisées en été) veillez à placer la culture dans un endroit abrité des rayons solaires, autrement les plantules seraient vite grillées et ne reprendraient pas.

Les boutures (y compris celles dites à bois sec) ne reprennent pas par temps de gel. Gardez-vous donc de multiplier les plantes quand il fait trop froid. Et si vous craignez qu’il gèle, une fois votre culture mise en place, prévoyez un tunnel en plastique ou une cloche transparente pour la protéger.

La lumière

Alors que les graines peuvent germer presque sans lumière. il n’en va pas de même pour l’enracinement des boutures. Une bonne lumière est indispensable. Une exposition prévoyant des espaces ombragés ou des voiles translucides dans la maison conviendront parfaitement.
Si le bouturage  manque de lumière, les feuilles se décolorent, la tige s’allonge ou fane rapidement. N’oubliez donc surtout pas de prévoir des espaces ombragés (notamment en serre). En effet pour le bouturage sous abri de verre, l’effet de loupe produit par les rayons du soleil (surtout s’il y a beaucoup de condensation) peut anéantir, en quelques heures, tous vos efforts!

 

Conclusion :

Malgré toutes les précautions que nous venons d’évoquer, certaines plantes restent assez réfractaires à l’enracinement spontané (conifères, azalées, etc.). Pour parvenir à vos fins, il faudra alors recourir à des artifices de culture. Les chercheurs ont découvert que l’enracinement des plantes se fait sous l’influence des vitamines B1 et des substances chimiques comme l’acide indole-acétique et indole butyrique que l’on appelle plus communément hormones (ou auxines). Ces hormones végétales sont sécrétées naturellement par la plante. Mais parfois insuffisamment pour provoquer une émission de racines viables. Aujourd’hui, on sait fabriquer artificiellement ces substances qui se présentent sous forme de poudre blanche (vendue dans le commerce sous le nom d’hormones de bouturage). Il suffit de plonger la base de la bouture dans la poudre pour qu’une fine pellicule d’hormones se dépose à la base et facilite l’enracinement. Le temps de contact de  bouturage avec la poudre d’hormones ne doit pas être trop long. L’expérience a, en effet prouvé qu’une trop forte dose d’hormone donnait l’effet inverse de celui que l’on recherchait, inhibant complètement la végétation. II n’est donc nul besoin de mouiller le bouturage comme on le conseille parfois.

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