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Les techniques de division des plantes

Selon le mode de végétation des plantes et surtout la nature de leurs racines et parties souterraines (souche, rhizome, tubercule, etc.), la division sera différente. Les techniques sont, pour la plupart, très simples et tout à fait indiquées à l’amateur débutant. L’outillage nécessaire se résume à un greffoir (ou un bon couteau), une paire de ciseaux tous usages, une bêche, une fourche bêche, un transplantoir et, bien sûr, un arrosoir.

La division des grosses touffes

La division se pratique principalement sur les plantes vivaces herbacées (delphinium, Aster, alysse, Helianthus, leucanthème, etc.) mais aussi avec certains arbustes touffus (symphorine, spirée, forsythia) qui présentent la particularité de produire de jeunes pousses depuis la souche.
Deux périodes préférentielles : le début du printemps pour les plantes vivaces à floraison estivale ( juste avant le départ de la végétation) et les arbustes, l’automne pour les plantes vivaces à floraison printanière et les arbustes.

Division de touffe des Helianthus

1. Arrachez la touffe à la fourche-bêche.
2. Tranchez les racines avec un couteau bien affûté.

La division des vivaces

Cette pratique  de division demande que l’on arrache complètement la plante. Il est impératif de conserver un maximum de racines, la reprise des éclats en dépendant. Utilisez de préférence une fourche bêche, quand la terre est assez humide (après une pluie, ou alors mouillez abondamment le sol). S’il s’agit de petites plantes aux racines tendres et chevelues, il suffit, bien souvent, d’effectuer la séparation à la main en écartant les différents pieds les uns des autres. Cette méthode a l’avantage de ne pas blesser les racines et de bien conserver le chevelu. Pour les espèces à souche plus dure tranchez dans l’enchevêtrement de racines avec une bêche bien affûtée.
Éliminez la partie centrale (la plus vieille de la touffe) et conservez les pousses de la périphérie (les plus jeunes). La replantation se fait dans un sol bien préparé (labouré, griffé et amendé avec une matière organique bien décomposée). Chaque petite touffe est mise en place en l’enterrant bien et en tassant tout autour des racines pour éviter les poches d’air dans la terre. On termine par un arrosage copieux.
Si vous désirez reconstituer une touffe importante, il suffit d’espacer chaque nouvelle plante de quelques centimètres (10 à 40, selon l’importance de l’espèce à l’état adulte). En se développant, elles ne tarderont pas à couvrir complètement la surface impartie.

Notre conseil :

une bonne technique consiste à diviser les vivaces à l’automne, à ne pas les mettre directement en place, mais à empoter individuellement chaque nouvelle touffe (dans un mélange sable, tourbe et terreau par tiers), et les placer sous châssis (ou tunnel en plastique) pendant tout l’hiver. L’enracinement sera bien meilleur. Les jeunes plantes, mises en place dès le début du printemps, pousseront avec une vigueur accrue.

Division de touffe des corbeilles d’or

3. Séparez les enchevêtrements de racines.
4. Habillez les plantes avant repiquage.
5. Empotez et n’oubliez pas d’arroser.

La division des arbustes

Cette technique se pratique de novembre à mars, par temps doux, de préférence avec des plantes bien ramifiées il est inutile d’arracher toute la touffe (notamment s’il s’agit de plantations déjà anciennes) à moins que vous souhaitiez rajeunir la plantation.
Il suffit de dégager la périphérie de l’arbuste avec une fourche bêche en veillant bien à ne pas trop abîmer les racines. Isolez une ou deux pousses avec leurs racines et séparez-les de la plante-mère soit avec la bêche bien affûtée si les racines ne sont pas trop dures, soit avec une scie ou un ébrancheur (sécateur à deux mains) pour les espèces les plus récalcitrantes. Dans tous les cas, parez bien la plaie pour nettoyer les tissus hachés par l’outil de coupe (grattez avec une serpette ou le greffoir). Enduisez la plaie d’un mastic cicatrisant.
La transplantation doit être effectuée rapidement de préférence dans un trou ouvert depuis plusieurs semaines de façon que la terre soit bien aérée et ameublie en profondeur. Ne mettez pas de fumier frais à la plantation, tassez bien autour des racines, arrosez abondamment (10 litres par pied) et disposez tout autour de la plante un lit de feuilles mortes ou d’écorce de pin pour la protéger d’éventuelles gelées.

Notre conseil :

la division de touffe des arbustes peut être réalisée uniquement pour limiter l’importance de la plante (surtout les sujets à tendance un peu envahissante). Le fait de sectionner une partie des racines et d’éliminer du jeune bois ralentit un peu la pousse de certaines espèces particulièrement vigoureuses et envahissantes.

Division de touffe de millepertuis

6. Soulevez la touffe avec ses racines.
7. Tranchez les racines au sécateur.
8. Habillez une partie du feuillage.
9. Plantez dans un pot contenant une terre légère.

 

La division des rhizomes

La division des rhizomes est une technique employée principalement pour les iris des jardins. On la pratique en plein été (août) lorsque les plantes ont complètement achevé leur floraison. L’intention était de limiter l’effet envahissant de ces plantes, mais aussi de les empêcher de dégénérer (cas fréquent chez les variétés nouvelles) en perdant leurs couleurs souvent extraordinaires pour revenir vers le bleu classique.
Vous soulevez la touffe tout entière à l’aide d’une bêche et cherchez à débarrasser les rhizomes de la terre qui les recouvre. Vous découpez ensuite au sécateur, ou à la bêche, des tronçons de rhizome possédant au moins trois feuilles bien formées, vertes et en parfaite santé. Jetez la vieille souche. Il suffit ensuite de remettre en place les nouveaux rhizomes dans un sol léger (attention aux excès d’humidité), sans les enterrer trop. Terminez par un bon arrosage. Excellente technique aussi pour les fougères.

Notre conseil :

cette opération se réalisant en été, il est bon d’habiller un peu le feuillage des iris en éliminant le tiers environ de la partie supérieure. La reprise n’en sera que meilleure. Pratiquez systématiquement cette division tous les trois ans de manière à ne pas être envahi par les plantes, et n’oubliez pas de noter soigneusement les noms des diverses variétés et leur emplacement, cela vous permettra de vérifier si elles dégénèrent ou non.

La division des tubercules

Cette technique est très voisine de la division des rhizomes. On la pratique essentiellement pour les dahlias et les bégonias tubéreux. Il faut mettre lés plantes en végétation vers la fin février dans la maison ou une serre tempérée. Quand les premières pousses commencent à se développer, vous dépotez les tubercules et coupez (au greffoir, de préférence) chaque morceau portant une tige. Il suffit ensuite d’empoter individuellement chaque bout de tubercule pour qu’il se comporte comme une plante indépendante. Qu’il y ait des racines ou pas, ne vous en inquiétez pas, ce n’est pas grave : le tubercule dispose de suffisamment des réserves pour s’implanter.

Notre conseil :

bien que l’on puisse être tenté par la facilité, n’abusez pas de cette technique qui favorise la dégénérescence des variétés, et préférez le bouturage. Vous pouvez toutefois pratiquer une fois la division, mais ne redivisez pas les tubercules multipliés de cette manière.

La séparation des drageons

Cette technique fait appel à la propriété de certaines plantes d’émettre des pousses à partir de récines latérales. Le lilas, le framboisier, le noisetier, le fraisier sont très généreux sur ce plan-là. On peut considérer ces drageons (pour les fraisiers, on dit des stolons ou des coulants) comme des espèces de marcottes naturelles qu’il suffit de sevrer de la plante-mère pour obtenir une nouvelle plante autonome.
La meilleure période pour la séparation des drageons est le printemps pour les arbustes (ou même l’automne) et à la fin de l’été pour les fraisiers. Il est important de ne pas endommager les racines au moment du prélèvement du drageon (tant pour lui-même que pour la plante-mère). La plupart du temps, il est possible de mettre les jeunes plantes directement à leur emplacement définitif. Pour les arbustes, un pralinage des racines stimule la reprise.

Notre conseil :

n’abusez pas de cette méthode de multiplication qui produit des plantes encore plus drageonnantes que le pied mère. Pour les fraisiers, autre inconvénient de taille à vous signaler : le drageonnage a tendance à propager les maladies à virus. Ne reproduisez donc que les plantations parfaitement saines et renouvelez vos pieds mères tous les trois à cinq ans avec des plantes certifiées vendues dans le commerce.

L’œilletonnage

C’est une technique de multiplication assez spécifique de l’artichaut. Il suffit d’éclater de la souche-mère une jeune pousse latérale (avec ou sans racines, mais avec une portion de la souche). Après avoir habillé le feuillage (suppression d’environ un quart de sa longueur), vous placez chaque œilleton dans un pot individuel (12 à 14 cm de diamètre) et sous châssis pour favoriser sa mise en végétation. Cette opération se pratique de préférence au tout début du printemps.

Notre conseil :

profitez du moment où vous débutez les plantations pour prélever les œilletons. Ils doivent mesurer au moins 20 cm de longueur pour assurer un développement convenable. Le trempage de la base dans un produit fongicide évite souvent les pourritures fréquentes chez cette plante au moment de l’empotage.

Œilletonnage du yucca

1. Séparez les jeunes rejets de la plante-mère.
2. Enduisez la base de la racine d’un mastic cicatrisant.
3. Plantez dans un pot profond.

L’éclatage

Ce terme s’emploie, en général, pour désigner la division manuelle des touffes de plantes ligneuses (les buis, les bruyères, par exemple). La technique s’apparente à la division des plantes vivaces, mais il est souvent nécessaire de s’aider avec le sécateur pour trancher dans les tissus ligneux de la touffe.
Pratiquez de préférence au printemps au départ de la végétation, et ne repiquez pas les jeunes plantes directement en pleine terre, mais empotez-les dans des godets de tourte, et placez-les, sous châssis, pendant un bon mois. Quand la végétation sera bien repartie, vous pourrez les planter définitivement (il n’y aura pas dépotage, la reprise est assurée).

Notre conseil :

les racines de ces plantes produisant souvent un chevelu abondant, vous avez intérêt à habiller un peu les racines en coupant leurs extrémités environ d’un tiers. Faites de même avec la partie aérienne.

Séparation des bulbes

4. Les jacinthes peuvent être incisées profondément pour redonner de nouvelles plantes.
5. Retirez les bulbilles à la périphérie du bulbe (tulipe).
6. Chaque bulbille sera plantée individuellement.

Pour les bulbes, la séparation des caïeux

Les tulipes, les narcisses, les oignons, etc. produisent, à la périphérie du bulbe principal, des petits bulbes appelés bulbilles ou caïeux qu’il est parfaitement possible de séparer pour obtenir de nouvelles plantes. Même constatation pour les cormus (glaïeul, par exemple). Au moment de l’arrachage des bulbes, prélevez les caïeux et mettez-les à part. Ils seront cultivés dans un terrain spécial destiné à la multiplication, car il leur faut plusieurs années (au moins trois) pour grossir suffisamment et produire des fleurs.

Rejet ou gourmand ?

Il ne faut surtout pas confondre un rejet (ou drageon) qui est une nouvelle pousse de la plante-mère, avec un gourmand qui se produit à partir du porte-greffe sur une plante greffée. Pour plus de sûreté, évitez toujours de multiplier par division de touffes les espèces greffées (et notamment les rosiers).
Pour bien identifier le gourmand et le rejet, il suffit de contrôler leur point de naissance S’il part sous le bourrelet de greffe, c’est un gourmand. Chez les rosiers on constate aussi une différence importante : le gourmand possède généralement des feuilles composées de sept folioles, alors que les variétés modernes de rosiers n’ont que trois ou cinq folioles.

Division : séparation de touffes

Division, éclatage, drageonnage, œilletonnage, séparation de touffes , repiquage de stolons, sont autant de termes pour désigner des opérations de multiplication des plantes du jardin ; la technique de base est la séparation des grosses touffes en morceaux plus petits.
Contrairement aux techniques déjà évoquées précédemment, nous disposons ici, la plupart du temps, de pousses racinées. Autant dire que nous mettons toutes les chances de réussite de notre côté. En fait, il suffit qu’un fragment de plante dispose de racines et d’un bourgeon pour qu’il produise une nouvelle plante. Nous avons affaire, ici encore, à une multiplication du type végétatif, la fécondation n’intervenant pas.

séparation de touffes

Les avantages de la séparation de touffes

Signalons en premier lieu la facilité et le fort pourcentage de réussite (en moyenne près de 100 %). Mais avec cette technique c’est la possibilité de peupler rapidement le jardin d’espèces intéressantes à très bas prix, avec une rapidité de culture excellente (chez les plantes vivaces, lés espèces divisées ne subissent aucun arrêt de végétation). De plus, la division permet de rajeunir les vieilles touffes et d’augmenter l’intensité de floraison des plantes, tout en les assainissant (on peut, avec ce procédé, séparer les parties malades des parties saines).
C’est aussi le procédé le plus pratique pour modeler à volonté la forme et la disposition des massifs (on réduit l’importance d’une espèce dans un lieu, on l’implante ailleurs, etc.).

Les inconvénients de la séparation de touffes

Ils viennent surtout du fait que beaucoup de plantes n’acceptent pas cette méthode. Seuls les plantes vivaces et les arbustes buissonnants peuvent être multipliés de cette manière. On peut aussi reprocher à certaines méthodes de division de favoriser l’émission de rejets (notamment chez les fraisiers) et particulièrement à celle-ci de ne pouvoir se pratiquer systématiquement chaque année, puisqu’il faut attendre que les touffes se reconstituent (ce qui limite les possibilités de multiplication à environ une fois tous les 3 à 4 ans pour les plantes vivaces et les arbustes).

Les conditions de réussite

Elles sont essentiellement liées à la physiologie de la plante. Il est impensable de réaliser une division avec une plante qui forme un tronc unique. On a donc besoin de disposer de tiges racinées en nombre suffisant pour que la technique fonctionne (au pire, un bourgeon avec des racines peut convenir). Il faut également que la plante soit vivace (et donc qu’elle vive plusieurs années), sinon l’opération n’aurait aucun sens.
En théorie, un seul pouce peut être utilisé pour la division. Mais bien souvent, on se donne plus de chances en utilisant un groupe de tiges avec leurs racines (c’est le cas pour la plupart des vivaces). En pratique, on se servira de morceaux de 5 cm de longueur minimale, ce qui donne un bon pourcentage de reprises.
Contrairement aux boutures, aux marcottes et aux semis, il n’est pas nécessaire d’utiliser un substrat spécial lors de la séparation des touffes. Les racines étant déjà développées, il suffit que la jeune plante soit dans des conditions de culture satisfaisantes pour qu’elle reprenne. Il est toutefois préférable d’alléger un peu la terre et surtout de bien préparer le carré qui va recevoir les nouvelles plantes, afin qu’elles poussent rapidement et s’installent sans souffrir.
Comme pour toute multiplication, la présence d’humidités favorise bien sûr la reprise, et dès que les morceaux de touffes seront mis en place, il sera nécessaire de les arroser copieusement.

La physiologie de la séparation de touffes

On profite avec cette technique de la faculté qu’ont certaines plantes d’émettre de nouvelles tiges depuis la partie souterraine (souche), ou de se développer en largeur en formant des pousses à partir de racines traçantes (le chiendent en est l’exemple parfait), de rhizomes (Iris) ou de stolons (fraisiers).
En bref, il suffit de disposer d’un fragment raciné pour obtenir, en quelques semaines, une plante identique à l’espèce (ou même la variété d’origine) qui va fleurir très rapidement et se comporter à nouveau comme une plante indépendante qui grossira et pourra à son tour être divisée.
Chez les plantes vivaces, on peut même considérer que la division est une nécessité, les plus grosses touffes devenant moins florifères au fil des années. Il faut d’ailleurs noter que, sur ces plantes qui s’étalent, les parties jeunes sont toujours situées à la périphérie de la touffe, ce sont donc ces pousses qu’il faut, prélever en priorité afin de vraiment redonner « du sang neuf » à la plantation. Si vous prenez bien soin de toujours essayer de rajeunir votre plantation, la division de touffes ne devrait jamais produire de phénomène de dégénérescence.