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Les techniques du marcottage

Selon la forme des plantes a marcotté, on va utiliser différents moyens pour faire raciner les rameaux. S’ils sont souples et assez longs, on cherchera à les coucher sur le sol pour que le contact avec la terre produise une émission normale de racines. En revanche, si les branches sont rigides, il faudra, soit ramener la terre autour de la plante (marcottage par buttage), soit apporter artificiellement un substrat au niveau des rameaux à marcotter (marcottage aérien).
ces techniques du marcottage sont toutes d’excellentes méthodes pour les multiplications. Il faut juste faire preuve d’un peu de patience pour obtenir les nouvelles plantes, et leur donner les conditions optimales à leur enracinement. Bien souvent le marcottage est une solution excellente pour rajeunir de vieilles touffes de plantes (notamment pour les cassissiers, framboisiers). Il doit être préféré au bouturage chaque fois que c’est possible, bien sûr.

Techniques du marcottage aérien

Appelé aussi marcottage en cornet, il consiste à faire émettre des racines à un rameau rigide hors-sol. On pratique cette technique avec le laurier-rose, l’érable, l’hibiscus, le lilas, l’œillet des fleuristes, ainsi qu’avec Aralia, Cordyline. Etc.
Vous débarrassez un rameau jeune (2 cm de diamètre maximum) de ses feuilles à l’endroit souhaité pour pratiquer la marcotte, et vos faites une incision longitudinale de 4 à 5 cm de manière à couper l’écorce jusqu’au cœur de la plante (il ne faut surtout pas dépasser la partie centrale). Maintenez cette plaie ouverte en glissant une allumette sous l’écorce. Badigeonnez ensuite d’hormones toute la partie du rameau qui a été mise à nu. Faites un cornet avec un morceau de carton fort, ou un film en plastique, ou encore, fendez en deux un godets en plastique et habillez-en la partie fendue du rameau. Bourrez l’enveloppe avec de la mousse des bois humide, de la mousse de fleuriste, de la tourbe fibreuse, du sphagnum, ou du coton hydrophile. Le matériau doit être fortement humide et pas trop tassé. Si vous utilisez une feuille de plastique, fermez l’extrémité supérieure avec un lien bien serré, cela permettra de maintenir l’humidité pendant un laps de temps plus long.
Cette technique donne en général de bons résultats, mais il ne faut pas être trop pressé. Le temps moyen pour l’enracinement est de deux mois. Mais certaines plantes demandent toute la saison (marcottez donc au printemps et sevrez à l’automne).

Techniques du marcottage aérien du lilas

1. Incisez avec un greffoir le rameau à marcotter.
2. Glissez une allumette dans la fente pour la maintenir béante.
3. Enduisez l’entaille d’hormones d’enracinement.
4. Enveloppez la marcotte de mousse humide.
5. Maintenez la mousse dans un plastique, bien serré.

Notre conseil :

arrosez très régulièrement le substrat entourant la marcotte. Il ne doit jamais se dessécher (d’où l’intérêt du film en plastique). Utilisez, de préférence, des rameaux pas trop directement exposés au soleil, et veillez aussi à ce qu’ils soient protégés du vent, la marcotte aérienne reprendra mieux si elle n’est pas trop bouleversée. Le sevrage se fait juste au-dessous du récipient qui contenait la marcotte. Une culture d’un an en pot est conseillée.

Techniques du marcottage par couchage

C’est le système le plus répandu, le plus simple aussi. Il s’effectue sur toutes les plantes dont on peut diriger les branches vers le sol. La plupart des plantes grimpantes peuvent être multipliées ainsi. Il en va de même pour le rhododendron.
Cette techniques du marcottage se pratique de préférence au printemps, dès le départ de la végétation, mais il est aussi possible de marcotter par couchage au début de l’été (juin) et en automne (septembre). Il existe plusieurs variantes en fonction des plantes.

Techniques du marcottage par couchage simple

Techniques du marcottage par couchage du rhododendron

1. Supprimez les feuilles de la branche à marcotter.
2. Enduisez d’hormones la partie couchée.
3. Maintenez la marcotte en place par des cavaliers.
4. Attachez l’extrémité du rameau à un tuteur
5. La marcotte restera en place un an au moins.

C’est la technique la plus employée. Cherchez une branche basse, assez souple et couchez-la dans une petite tranchée à 10 ou 15 cm de profondeur environ. La partie enterrée doit comporter au moins trois yeux. L’enracinement sera meilleur si vous tordez les tissus enterrés ou incisez légèrement l’écorce sous les yeux. La marcotte est maintenue en place avec un arceau en fil de fer, puis recouverte avec un compost léger à base de tourbe blonde et de terreau. L’extrémité de la tige doit émerger du sol. Elle est coupée à environ quatre yeux, ce qui facilite la concentration de la sève au niveau de la partie enterrée.
Bien entendu, il faut éliminer les feuilles du rameau sur toute la partie qui est couchée dans le sol. Maintenez la terre humide sans la détremper. La plupart des espèces s’enracinent dans l’année, et sont séparées de la plante-mère (sevrées) à l’automne ou au printemps. Ayez toutefois la prudence de gratter le sol au niveau de la marcotte afin de vérifier si l’enracinement est effectif avant de couper.

Notre conseil :

vous faciliterez l’émission des racines par le dépôt d’une fine couche d’hormones de bouturage sur les plaies réalisées sous les yeux. Pensez aussi à disposer un petit lit de sable au fond de votre tranchée pour que les radicelles trouvent une terre suffisamment fine pour s’y développer.
Enfin, si vous réalisez plus de deux marcottes sur le même pied, rabattez les autres tiges à la moitié de leur longueur environ, cela redonnera un surcroît de vigueur à la plante et facilitera la circulation de la sève et donc l’émission des racines.

Techniques du marcottage à long bois

Appelé aussi marcottage à plat ou marcottage chinois, il utilise les longues tiges sarmenteuses de certaines plantes grimpantes. Le chèvrefeuille, la vigne acceptent bien cette technique. À partir d’un seul rameau, on va obtenir plusieurs nouvelles plantes. Dans le cas de la vigne, on dit provigner.
La technique consiste tout simplement à coucher à plat l’ensemble de la pousse que l’on désire marcotter. Enterrée à 10 cm de profondeur environ, sur un lit de sable et recouverte de terre légère, elle va s’enraciner au niveau des yeux enfouis dans le sol et produire à partir de chacun une nouvelle pousse. Il faut commencer le marcottage à long bois de préférence au printemps. Cela permet de voir se développer dans la saison les nouvelles plantes.

Techniques du marcottage à long bois du lierre

1. Incisez l’écorce de la tige couchée.
2. Marcotte terminée.

Notre conseil :

décollez un peu l’écorce à côté des yeux du rameau et enduisez la plaie avec des hormones de bouturage. Si vous constatez le développement de jeunes pousses, buttez-les légèrement avec de la terre légère pour favoriser encore l’enracinement. Le sevrage se fera à l’automne en déterrant complètement les marcottes et en les séparant au sécateur. Bien souvent il est bon de les empoter et non de les mettre tout de suite en place, une culture d’un an en pot favorisant le grossissement des jeunes plantes.

Techniques du marcottage par couchage en pot

Il s’applique aux plantes plus délicates comme la clématite. On l’utilise aussi pour la vigne. Dans ce cas, l’idéal est de bénéficier, à l’automne, d’une pousse portant des raisins, pousse que l’on peut mettre sur le balcon ou même rentrer quelques jours à la maison, vous étonnerez vos amis !
Quant aux techniques du marcottage, elles sont similaires à celle du marcottage par couchage. Choisissez de préférence un rameau latéral pas trop vigoureux. Utilisez un nœud bien formé (renflement où se développaient les feuilles) pour l’enracinement.
Supprimez les feuilles avec leur queue (pétiole) et entaillez légèrement le rameau juste avant l’œil. Couchez la marcotte dans un pot de 12 ou 14 cm de diamètre contenant un mélange de sable (2/3) et de terreau (1/3). Un trombone ou une épingle à cheveu serviront à maintenir la marcotte sur le sol. Recouvrez de 3 cm de terre environ, arrosez. Vous n’êtes pas obligé de laisser le pot sur le sol, il est souvent conseillé de l’enterrer de manière que sa partie supérieure soit légèrement au-dessus du sol. L’avantage : parfaite stabilité de la culture et moins de risques de dessèchement pendant l’été.

Techniques du marcottage en pot de la clématite

1. Choisissez un rameau souple et vigoureux.
2. Supprimez le feuillage.
3. Couchez le rameau dans le pot et maintenez en place par une épingle à cheveux
4. Marcotte terminée.

Notre conseil :

ombragez légèrement les marcottes en pot (notamment pour la clématite) pendant les mois où le soleil est le plus chaud. Veillez à arroser régulièrement (surtout si c’est un pot en plastique) car les plantes se dessèchent plus vite qu’en pleine terre.

Techniques du marcottage en serpenteau

Appelé aussi marcottage en arceau ; il s’utilise principalement pour la glycine mais aussi pour l’aristoloche, l’Akebia et les ronces.
On pratique cette techniques du marcottage au printemps ou à l’automne, en couchant successivement environ 50 cm du rameau, puis en le faisant ressortir du sol, et en le couchant de nouveau et ainsi de suite jusqu’à son extrémité. Cette technique peut être employée avec des rameaux ligneux, dans ce cas opérez en septembre, ou bien avec des pousses herbacées qui se développent dans l’année. Couchez-les au fur et à mesure de leur développement. Le sevrage se fait toujours l’année suivante.

Techniques du marcottage en serpenteau de la glycine

1. Débarrassez un rameau de ses feuilles et tordez-le pour déchirer les tissus et favoriser l’enracinement.
2. Attachez l’extrémité de la branche à un tuteur.
3. Marcotte terminée.

 

Notre conseil :

pincez les pousses se développant sur les arceaux qui sortent du sol, de manière à mieux concentrer la sève au niveau des racines. Pour cette technique la torsion des tissus est préférable aux incisions.

Techniques du marcottage en cépée

Il s’adresse surtout aux plantes dont la rigidité des rameaux ne permet pas le couchage. On dit aussi marcottage par buttage. On le pratique avec les framboisiers, cognassiers, noisetiers, figuiers, Prunus buissonnants, etc.
Il faut commencer par rabattre, à environ 20 cm du sol, la souche de la plante-mère, à l’automne (coupez toujours au-dessus d’un œil) ; puis, vous recouvrez toute la plante d’une grosse butte de terre légère d’environ 30 cm de hauteur. Au printemps, la souche va émettre de nouvelles pousses et vous butterez de nouveau au fur et à mesure du développement des rameaux, jusqu’à ce que la butte atteigne environ 50 cm de hauteur. À l’automne, la plupart des branches nouvelles seront enracinées et il vous suffira de les séparer individuellement pour obtenir de nouvelles plantes. Cette techniques du marcottage est très utilisée pour obtenir des cognassiers destinés à devenir des porte-greffe (pour poiriers).

 

Notre conseil :

attention avec les plantes à tendance drageonnante (framboisier, par exemple). Le marcottage par buttage a tendance à développer le caractère drageonnant de ces espèces. Il est meilleur, pour le bon enracinement, de remplacer la terre de buttage par un mélange de sable et de tourbe par moitié, ou tout du moins d’incorporer sable.

Techniques du marcottage d’extrémité

C’est une technique assez ancienne et pourtant efficace, que l’on ne pratique plus guère aujourd’hui (les hormones ayant bien arrangé les choses). Mais vous pouvez l’employer pour des plantes qui s’enracinent facilement ou pour des marcottes par couchage qui ne se seraient pas enracinées précédemment.
Il suffit de piquer dans le sol l’extrémité d’un rameau ligneux sur une dizaine de centimètres pour que les yeux terminaux émettent des racines. Ces techniques du marcottage donnent de bons résultats avec les cassissiers, les groseilliers à maquereau, les ronces. Il faut opérer début juin, et en octobre la marcotte peut déjà être sevrée.

Notre conseil :

choisissez de préférence des pousses de deux ans déjà bien aoûtées, matière organique bien décomposée à la terre d’origine.

Marcottage

Le marcottage est une méthode beaucoup plus sûre. Marcotter, c’est en effet faire prendre racine à un ou des rameaux qui seront détachés de la plante-mère que lorsque l’enracinement sera effectif. Selon les plantes, cela peut mettre quelques semaines ou plusieurs mois.
Pourquoi le marcottage n’est-il pas plus utilisé ? D’abord parce que, à partir d’un pied mère, on obtient un petit nombre de jeunes plants, ensuite parce que toutes les plantes ne se prêtent pas à cette technique. Ce sont surtout les plantes ligneuses à rameaux souples (et notamment les plantes grimpantes) qui se marcottent volontiers, pour les autres (surtout les plantes vivaces) le bouturage ou la division de touffes sont à préférer. Notez que certaines espèces (dites souvent traçantes) se marcottent naturellement (les ronces, les fraisiers, par exemple) et qu’il suffit alors d’utiliser ces marcottes naturelles pour effectuer la multiplication. Chez les chèvrefeuilles, ou certains Cornus, voire parfois les cognassiers du Japon, les marcottes naturelles sont aussi fréquentes.
Marcottage

Les avantages du marcottage

Ils sont suffisamment nombreux pour conseiller cette technique en priorité aux amateurs. D’abord, l’enracinement se fait très aisément (notamment pour le marcottage par couchage). Comme pour toutes les multiplications végétatives, la plante obtenue est identique à la mère (et les risques de mutations ou de retour au type sont moindres avec cette technique qu’avec le bouturage). Ensuite, et ce n’est pas le moindre de ses attraits, le marcottage ne provoque pas de « stress » au niveau de la nouvelle pousse qui a été continuellement alimentée par la plante-mère. On obtient une croissance plus rapide et, surtout, une fragilité moindre qu’avec les boutures.

Les inconvénients du marcottage

Ils proviennent de la technique employée. Celle-ci ne permet pas de produire de nombreuses nouvelles plantes à partir d’un seul pied mère (4 à 5 en moyenne). De plus, cette technique de multiplication s’opérant directement en plein air, les espèces qui sont traditionnellement délicates à bouturer (dont l’émission des racines est capricieuse) et que l’on multiplie habituellement en coffre, à l’étouffée, avec chaleur de fond, ne s’enracinent pas par marcottage. Il est inutile, par exemple, d’espérer multiplier des conifères avec cette méthode.

La physiologie du marcottage

Elle se rapproche beaucoup de celle du bouturage, puisqu’il s’agit de faire émettre des racines à un rameau. Ce sont le plus souvent les yeux mis en terre qui vont produire les racines. Il est bon de favoriser le processus avec des hormones (comme pour les boutures). On s’est également rendu compte que le fait de tordre les tissus ligneux de certaines plantes grimpantes (le chèvrefeuille, notamment) provoquait un meilleur enracinement. Dans certains cas, on conseille de faire une légère entaille sous les yeux, ou de retirer un lambeau d’écorce, ces techniques visant à accélérer ou à améliorer l’enracinement.

Les conditions d’un bon enracinement

Elles sont similaires à celles du bouturage, notamment parce que les éléments importants sont humidités et substrat. Il faut bien arroser les marcottes tout au long de la saison (plus ou moins en fonction de la pluviométrie), et veiller à ce que les racines soient produites dans une terre légère, poreuse et fibreuse. Cette notion est souvent un peu oubliée du fait que le marcottage se produit en pleine terre, mais il ne faut surtout pas hésiter à mélanger du sable et du terreau fin ou de la tourbe blonde à la terre d’origine pour aider les radicelles dans leur développement.
La chaleur est importante, mais ne doit pas être trop forte. Il est donc préférable de marcotter les plantes se trouvant à mi-ombre, ou de protéger par un écran les branches marcottées des ardeurs du soleil.
Enfin, ce qui compte peut-être le plus, c’est la bonne circulation de la sève chez la plante-mère. Il faut donc utiliser des plantes vigoureuses et en parfaite santé, et procéder au marcottage dès le départ de la végétation, pour que l’enracinement se produise avant l’hiver (excepté pour les rhododendrons dont l’enracinement demande souvent deux années).