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Multiplier des arbres fruitiers

En dénichant chez un voisin, un parent ou même dans votre propre jardin une variété qui vous enchante, il sera souvent plus facile de la multiplier vous-même que de courir les pépinières de France et de Navarre à la recherche de cet oiseau rare (surtout si vous n’en connaissez pas le nom). L’important, en matière d’espèces fruitières, c’est donc de pouvoir transmettre fidèlement la variété désirée.

N’oublions pas que le fait de multiplier soi-même une plante signifie économie (surtout si vous avez l’intention de faire une plantation conséquente). En vous débrouillant bien, l’obtention de tout un verger ne devrait pas vous coûter un sou. En prélevant quelques boutures (pour les petits fruits) chez un voisin ou des greffons ici et là, en utilisant les pépins ou les noyaux des fruits que vous consommez, vous devriez disposer gratuitement de tout le « matériel » nécessaire à la multiplication.

Le semis

Cette technique ne permet pas d’obtenir à coup sûr la variété que l’on désire propager. Vous devez simplement utiliser le semis dans le cas d’une hybridation et, surtout, pour obtenir des plants porte-greffe (des francs).

Les fruitiers qui se sèment

Certaines espèces fruitières parmi les moins élaborées parviennent à donner des fruits corrects à partir d’un semis (surtout cognassier, figuier, Kaki, noisetier, néflier, châtaignier, voire noyer et amandier). En semant ces plantes, vous n’obtiendrez pas de fructification avant 4 à 5 ans, mais les plantes seront vigoureuses et bien adaptées aux conditions de sol et de climat.

Le bouturage

Aucun des arbres fruitiers habituellement cultivés (excepté le figuier et le grenadier) ne parvient à se multiplier à partir de boutures. Cette technique est essentiellement réservée aux arbustes à petits fruits : groseillier, cassissier, framboisier, ronce (mûre).
Se bouturent aussi Actinidia (kiwi), noisetier et vigne. Pour cette dernière, il est fortement déconseillé de le faire en raison des risques d’attaques de phylloxéra (seul le greffage sur des porte-greffe résistants est valable).
Les boutures d’arbustes fruitiers se font en hiver (à bois sec). Pour l’Actinidia, la technique est plus délicate et nécessite un abri.

Le marcottage

Les espèces fruitières pouvant se multiplier par marcottage sont limitées à celles possédant des rameaux souples (Actinidia, ronce et vigne) ou des facultés drageonnantes importantes (framboisier, noisetier, groseillier, cognassier).

La division de touffes

Elle ne peut se pratiquer que sur les plantes buissonnantes ou herbacées. La technique de séparation des touffes est surtout utilisée pour les fraisiers que l’on peut diviser ou propager en coupant les stolons. C’est une méthode possible également sur les noisetiers et les framboisiers. Comme pour le marcottage, les plantes ont tendance à devenir encore plus drageonnantes par la suite. Attention aussi aux risques de dégénérescence (assez fréquents chez les fraisiers).

Le greffage

C’est la seule méthode vraiment valable pour propager les arbres fruitiers classiques (abricotier, agrumes, cerisier, pêcher, poirier, pommier, prunier et vigne). À part la vigne que l’on greffe en Anglaise sous abri en hiver, toutes les autres espèces fruitières se multiplient par écussonnage à œil dormant, entre juillet et septembre. Commencez par les arbres à noyaux pour terminer par les pommiers et les poiriers.
Choisissez bien votre porte-greffe en fonction de la forme qui sera donnée ultérieurement à l’arbre. Un euro par exemple pour les formes demies et hautes tiges, voire les fuseaux. Mais pour faire des palmettes et autres formes plates, il faudra un porte-greffe moins vigoureux et bien adapté que seuls les pépiniéristes spécialisés pourront vous fournir.
Tous les autres techniques de greffage (notamment la fente, la couronne et l’incrustation) sont couramment utilisés pour les arbres fruitiers, surtout quand il s’agit de réaliser des tiges vigoureuses ou de surgreffer des plantes improductives.

À chaque plante sa technique

Voici, plante par plante, des conseils pour réussir à multiplier les espèces fruitières.

Abricotier

Greffez en écusson, à œil dormant, (en pied) en juillet-août sur abricotier franc (de semis) pour le sud de la France, sur prunier franc, pour le nord, ou sur amandier franc pour les terres caillouteuses et pauvres dans certaines régions du Midi. Placez l’écusson à l’opposé des vents dominants (notamment dans les régions soumises au Mistral).

Difficulté : greffage **

Actinidia (kiwi)

Multiplier, Actinidia (kiwi)Le marcottage par couchage au printemps est la technique la plus facile. Les plantes obtenues sur des pieds femelles donnent des femelles et pour les pieds mâles des mâles. Les boutures herbacées sous abri chauffé donnent de bons résultats et constituent la méthode de propagation habituelle utilisée par les pépiniéristes. Les hormones sont obligatoires, de même qu’une forte hygrométrie. Attention à ne pas utiliser du bois trop dur qui forme des cals empêchant l’émission des racines.

Difficulté : marcottage ** bouturage ***

Agrumes (oranger et citronnier)

Greffage obligatoire des variétés à gros fruits sur citronnier franc ou bigaradier (orange amère). L’écussonnage à œil poussant (sur les petits sujets), en avril, donne de très bons résultats de même que la greffe en fente (en septembre ou en avril) pour les plantes un peu plus grosses. Prélevez de préférence des greffons sur des rameaux de deux ans. Opération à réaliser obligatoirement sous abri, ailleurs que dans les régions méditerranéennes.

Difficulté : greffage ***

Amandier

Semez au printemps après avoir stratifié les graines tout l’hiver dans du sable humide. Repiquez très tôt (au stade des deux cotylédons bien apparents) en petit godet après avoir coupé le tiers de la racine principale (pour favoriser l’apparition de racines latérales). Mettez en place en automne. Les plantes peuvent alors être greffées (si le plant n’est pas très fort, il est bon d’attendre l’année suivante) en écusson, ou bien laissées libres de se développer (mais vous risquez d’avoir des amandes amères).

Difficulté: semis *, greffage **

Cassissier

Multiplier, CassissierDès le début de la chute des feuilles (début octobre) prélevez des boutures à bois sec sur les rameaux d’un an. Elles sont coupées de part et d’autre d’un œil et mesurent 20 cm de long environ. Plantez-les immédiatement, enterrées des 3/4, dans une terre bien ameublie et contenant du sable. Laissez en place jusqu’à l’automne suivant, à cette époque les plantes seront espacées à 60 cm les unes des autres et rabattues au ras du sol pour favoriser leur ramification au printemps.

Difficulté : bouturage *

Cerisier

CerisierSeul le greffage permet la propagation des variétés fruitières. Écussonnez fin juillet, début août (en pied ou en tête) ou greffez en fente ou en incrustation en avril ou en septembre. Pour les bonnes terres et le nord de la Loire, préférez comme porte-greffe un cerisier franc d’un ou deux ans. Pour les bigarreaux et les cerisiers hautes tiges, de préférence en sol léger et climat doux, le merisier (de semis) est à préférer (cerisier sauvage). Pour les sols calcaires et pauvres, on préfère parfois le Prunier Sainte-Lucie (Prunus mahaleb) qui est moins vigoureux et conviendra pour les formes plus petites comme les fuseaux ou les quenouilles.
Notez que la greffe en écusson, produisant une plaie plus petite, se soude généralement mieux et évite les problèmes d’éclatage du bois rencontrés fréquemment sur les arbustes de 8 à 10 ans.

Difficulté : greffage **

Châtaignier

ChâtaignierLe semis est la méthode la plus facile pour l’amateur, mais les châtaignes obtenues sont souvent de petite taille. Faites stratifier les graines tout l’hiver dans du sable en prenant soin de placer des appâts pour les souris sur toute la surface de la terrine qui contient les châtaignes. Vous pouvez aussi semer sitôt la récolte, mais il faut alors enrober les châtaignes dans un produit répulsif (par exemple une huile de traitement d’hiver) pour que les rongeurs ne les mangent pas. Le pourcentage de germination dépasse rarement 60 %.

Pour les variétés fruitières (à gros fruits comme Nouzillard par exemple), on fait un greffage d’hiver en anglaise compliquée ou en incrustation. Le porte-greffe est un semis de deux ans, mis en pot, de préférence une race résistante à la maladie de l’encre comme les châtaigniers d’origine japonaise ou le Castanea mollissima.

Difficulté : semis * greffage ****

Cognassier

Le semis au printemps, après stratification des graines pendant tout l’hiver, est encore la méthode la plus simple. La germination est lente et assez irrégulière. Il est également possible de greffer certaines variétés (Monstrueux de Vranja, par exemple) pour obtenir des fruits plus gros et une récolte plus abondante. Il faut de préférence greffer sur poirier franc ou sur aubépine (dans les régions non touchées par le feu bactérien) en écusson à œil dormant courant septembre, ou en fente (surtout sur aubépine).
Le marcottage par buttage après avoir rabattu complètement la plante au ras du sol, donne d’excellents résultats. Utilisez une terre très légère. Le marcottage s’effectue en février-mars, le sevrage en novembre suivant.

Difficulté: semis **, greffage ***, marcottage *

Figuier

FiguierSeules sont utilisables les graines fécondées par un petit hyménoptère qui dépose ses œufs dans les inflorescences femelles (uniquement dans les régions méditerranéennes). Semis en pot ou en terrine sous abri dès la récolte des graines. Les plantes obtenues donnent généralement des fruits de petite taille.
Le bouturage en crossette (la crossette devant être pris sur du bois de deux ans), fin novembre, est la méthode la plus facile pour l’amateur. Mettez les boutures en stratification dans du sable pendant tout l’hiver, et piquez-les en place fin mars. Si vous disposez d’un coffre à multiplication chauffant, vous pouvez effectuer ce bouturage en juillet-août.
Pour les rameaux les plus souples se développant à la base, il est possible d’effectuer un marcottage par couchage (en pot), en février-mars. Le pot doit contenir un mélange riche à base de terreau de fumier et de tourbe. Sevrage en novembre.

Difficulté : semis ** bouturage **, marcottage **

Fraisier

FraisierLa séparation de stolons est l’opération la plus simple qui soit. Elle peut se faire pendant tout l’été, en prenant soin d’habiller les feuilles et les racines pour que la reprise soit meilleure. Arrosez copieusement et utilisez une terre enrichie de terreau qui retiendra mieux l’humidité. Paillez immédiatement (avec un film en plastique noir). Il faut éviter d’utiliser cette méthode pendant plus de trois ans de manière à ne pas propager les maladies à virus très fréquentes sur ces plantes.
Pour les variétés résistantes aux virus, il est possible de diviser les grosses touffes à l’automne en séparant les racines. Cela stimule bien la végétation au printemps.

Difficulté: division *

Framboisier

Le drageonnage est la technique la plus simple, le framboisier ayant tendance à développer de nombreux rejets. Utilisez de préférence les pousses les plus jeunes (celles de l’année) que vous détachez de la plante-mère entre novembre et février. Ne choisissez que les rejets les plus vigoureux. La transplantation doit être immédiate.
Il est également possible de diviser les vieilles touffes. Éliminez alors le plus vieux bois et ne conservez que les pousses les plus jeunes. Pour rajeunir les plantations, il serait bon de pratiquer cette technique tous les 5 à 6 ans environ.
Les boutures de racines effectuées en hiver en pots (dans un mélange, par moitié, de sable et de tourbe) donnent de bons résultats. Conservez-les sous abri non chauffé (tunnel en plastique) jusqu’au printemps, date de leur mise en place définitive.

Difficulté: drageonnage * bouturage **

Grenadier

Le bouturage des grenadiers arbustifs est assez fréquemment utilisé par les professionnels. Ils font des boutures semi-herbacées, sous brouillard, en juin-juillet. Cette technique est difficile à maîtriser par un amateur. Il est alors plus simple de semer en mars-avril (à chaud) pour obtenir des plants qui seront éventuellement greffés en écusson à œil dormant, en septembre. La culture de plantes issues uniquement de semis donne souvent des grenadiers assez peu productifs, d’où l’intérêt du greffage.

Difficulté : bouturage **** semis * greffage **

Groseillier

GroseillierQue ce soit un groseillier à grappes ou un groseillier à maquereau, il est facile de faire des boutures à bois sec de 15 à25 cm de longueur que l’on enterre profondément (laissez seulement deux yeux dépasser), en les inclinant légèrement, dans une terre sableuse, en novembre. Repiquez les boutures en avril dans un carré de pépinière, ne mettez en place qu’au printemps de la seconde année.

Difficulté: bouturage à bois sec *

Kaki

KakiCe n’est pas une plante très facile à multiplier pour un amateur. Essayez le semis. Récoltez les graines sur des fruits blets. Nettoyez-les pour les débarrasser de la pulpe, séchez-les et placez-les en stratification dans du sable humide. Semez en mars, à chaud, dans une terrine couverte et repiquez assez tôt en petits pots individuels. L’inconvénient c’est que les fruits produits sur des arbres issus de semis sont peu nombreux et de taille moyenne. Germination assez longue et irrégulière.
Le greffage en écusson en juin est possible sur des porte-greffe issus de semis et cultivés en pots (reprise moyenne), il permet de propager les variétés à gros fruits.

Difficulté : semis **, greffage ****

Néflier

Semis des graines prélevées sur des fruits bien mûrs, en automne. Mettez la semence en terre immédiatement après la récolte, de préférence dans des pots contenant un mélange de sable, tourbe et terreau par tiers. Levée capricieuse. Repiquez les jeunes plants en avril-mai (quand ils ont 5 à 6 cm de hauteur), en godets individuels, après avoir habillé les racines (coupez un quart du pivot).
Les rares variétés fruitières (de Hollande, ou Précoce de Nottingham, par exemple) doivent être greffées en écusson en septembre sur des francs d’aubépine. On obtient ainsi des plantes plus précoces et d’une bien meilleure longévité.

Difficulté : semis **, greffage ***

Noisetier

Le marcottage par buttage au printemps est la technique la plus facile. Recouvrez la souche d’un noisetier au printemps d’une butte de terre légère (sableuse) de 30 cm de hauteur environ. Les jeunes pousses qui vont se développer dans l’année s’enracineront et il suffira de les séparer à l’automne. Il est aussi possible de faire un marcottage par couchage avec les rameaux les plus souples.
Le semis est tout à fait possible et donne des plantes à fruits plus petits, mais très nombreux. Récoltez les noisettes à complète maturité (lorsqu’elles se détachent d’elles-mêmes de la plante) et mettez-les à stratifier en n’oubliant pas de poser des appâts pour les rongeurs sur la terrine, ou en enveloppant la culture dans un fin treillis métallique. La stratification doit être courte (1 à 2 mois) et le semis effectué début novembre. En effet, les semis de printemps lèvent moins bien. Comptez environ 70 % de réussite.

Difficulté: marcottage * semis **

Noyer

Le semis donne des arbres vigoureux, mais souvent assez peu fertiles. On l’utilise essentiellement pour obtenir des porte-greffe. Placez les noix, récoltées bien mûres, en stratification en les posant couchées sur le côté dans du sable humide. Elles vont s’ouvrir légèrement pendant la période de repos. Au printemps, mettez-les en place dans une terre légère et profonde. Si une radicelle s’est développée pendant la stratification, pincez-en l’extrémité pour favoriser l’étalement des racines. Il est même conseillé de poser une pierre plate au fond du trou (ou une tuile) pour obliger les racines à se ramifier.
Pour multiplier les variétés fruitières (Franquette, Mayette, par exemple), il est préférable de faire une greffe en fente du 15 mars au 15 avril. Fendez le sujet sur le côté (au tiers du diamètre) et non dans son milieu pour éviter l’éclatement (en raison de l’abondance de moelle). Les greffons doivent avoir été récoltés en janvier et mis en stratification. Prélevez-les dans la partie ligneuse du rameau afin d’avoir moins de moelle. Le porte-greffe est un noyer de semis de trois ans.

Difficulté : semis * greffage ***

Pêcher

PêcherSeul le greffage permet de multiplier fidèlement les variétés fruitières. L’obtention des porte-greffe s’effectue par semis des noyaux au printemps après stratification, pendant tout l’hiver, dans du sable humide. Les pêchers francs sont vigoureux et ont une bonne compatibilité avec la plupart des variétés. Toutefois ils conviennent assez mal aux régions du nord de la Loire, où il est préférable d’utiliser le prunier comme porte-greffe (des semis de reine-claude par exemple). Sur prunier, il sera préférable de greffer des pêchers à maturité tardive (Grosse Mignonne, Suncrest, Silver Logan ou Reine des Vergers, par exemple).
Greffez en écusson à œil dormant, en août, sur des sujets de l’année (les semis du printemps sont greffés la même année) pour les pêchers francs et de mi-juillet à mi-août sur des sujets de l’année ou de l’année précédente pour le prunier.
Vous pouvez aussi tenter le semis direct, puisque la plupart des pêchers sont autofertiles. Il y a donc de bonnes chances d’obtenir des pêches « correctes » par cette méthode (on les appelle souvent pêches à vigne). Elles sont généralement plus petites et moins nombreuses que sur les variétés greffées.

Difficulté : semis * greffage **

Poirier

PoirierSeul le greffage est utilisé pour multiplier les variétés fruitières. Le semis de pépins stratifiés sert uniquement à obtenir des francs pour le greffage. La technique la plus employée est l’écussonnage à œil dormant sur franc (pour les terrains non calcaires et les formes rigoureuses) ou sur Cognassier de Provence (pour une bonne adaptation en sol calcaire).
Notez que le greffage sur cognassier donne de mauvais résultats avec certaines variétés, par exemple : William ‘s, Docteur Jules Guyot, Beurré Clairgeau, Conférence, etc. On est donc obligé de greffer un intermédiaire (Beurré Hardy, par exemple) qui sera lui-même surgreffé l’année suivante (en fente, au printemps). Les écussons sont posés fin juillet, début août et le greffage en fente fait en avril.

Difficulté : greffage **

Pommier

PommierLe greffage est la seule méthode pour multiplier fidèle des variétés fruitières. Utilisez le semis de pépins stratifiés pour obtenir des francs qui serviront de porte-greffe. Il est préférable de choisir des pépins de pommiers à cidre qui donnent des arbres vigoureux, mais à la mise à fruits assez longue. Le greffage sur pommier franc doit être réservé aux arbres plein vent.
Pour obtenir des formes plus petites et plus fructifères, il est conseillé d’utiliser des porte-greffe sélectionnés :
■ le M1 (paradis anglais à larges feuilles) convient aux sols lourds, dans les régions à climat doux, pour les grandes formes ;
■ le M2 (Doucin) de vigueur moyenne convient aux sols moyens, très productif, il est apprécié pour les fuseaux ;
■ le M9 (paradis jaune de Metz), c’est un porte-greffe faible demandant une bonne terre riche, productif et résistant au gel, c’est le porte-greffe idéal pour les palmettes ;
■ le M27 de très faible vigueur, n’accepte que les bons sols, c’est le meilleur porte-greffe pour faire des cordons ;
■ le M106, hybride d’origine anglaise, de végétation moyenne, accepte tous les sols. Très intéressant pour les fuseaux et les palmettes.
Il existe encore de nombreux autres porte-greffe. certains adaptés à quelques régions seulement. C’est votre pépiniériste qui pourra vous guider vers le bon choix, puisqu’il est le. seul à pouvoir vous fournir ces plantes.
Greffez en écusson à œil dormant (en pied), dans le courant du mois d’août, et vous obtiendrez l’année suivante un scion qui pourra être soumis à toutes les tailles de formation. Dès le développement de l’écusson au printemps, il faut palisser la jeune pousse sur l’onglet du porte-greffe.
Notez que certaines variétés demandent le greffage d’un intermédiaire. C’est le cas, par exemple, de « Cox’s Orange Pippin » et « Ontario ». Utilisez de préférence la variété « Transparente de Croncels » qui forme un tronc bien droit. Cet intermédiaire sera greffé en écusson en pied, et la variété définitive en écusson ou en fente en tête.

Difficulté : greffage **

Prunier

Beaucoup de pruniers étant autofertiles, il est possible d’avoir recours au semis (notamment pour les mirabelles et les reines-claudes). Stratifiez les noyaux tout l’hiver et semez-les au printemps. Souvent les arbres obtenus ne sont pas aussi fructifères que les plantes greffées, avec une mise à fruits plus longue.
Le drageonnage des variétés issues de semis est une méthode facile de multiplier, malheureusement les plantes ainsi multipliées voient leur caractère drageonnant s’accentuer.
Les bonnes variétés fruitières seront multipliées, de préférence, par greffage en écusson fin juillet en pied pour Reine-Claude d’Oullins et quetsche et en tête pour les autres variétés. Le Prunier Saint-Julien est le porte-greffe idéal des terres fortes et humides du nord de la France, le Prunier myrobolan conviendra plutôt dans les terres calcaires ou sableuses.
Pour Mirabelle de Nancy, il faut généralement greffer un intermédiaire (en général « Brompton », une forme de Prunus domestica que vous pourrez trouver chez certains pépiniéristes spécialisés). Il est également possible de faire une greffe en incrustation en tête, au printemps, sur des porte-greffe de deux ans (ce qui permet de faire une meilleure sélection des tiges vigoureuses).

Difficulté : semis *, drageonnage *, écussonnage **, greffe en incrustation ***

Ronce (mûre)

RonceCette plante s’enracinant presque naturellement au bout de ses longs rameaux sarmenteux, le marcottage est très aisé. Couchez une branche sarmenteuse dans le sol en septembre-octobre ou en mars-avril (si elle est très longue, vous pouvez faire un marcottage en serpenteau). Il faut généralement six mois pour que s’effectue l’enracinement. Les marcottes d’automne produisent très souvent des fruits dès l’année suivante. Évitez de semer les ronces sans épines car les jeunes plants obtenus sont épineux.

Difficulté: marcottage *

Vigne

VigneLe semis est très rarement employé, même si le Chasselas peut se propager assez fidèlement de cette manière. Une expérience à tenter…
Les boutures en crossette s’enracinent très facilement. Il faut prélever les rameaux porte-bouture en novembre-décembre, en choisissant de préférence des rameaux ayant porté des grappes. Enjaugez ces rameaux en pots, complètement enterrés à 30 cm de profondeur dans du sable.
Les boutures seront confectionnées en avril. Elles doivent mesurer 15 à 20 cm de longueur et porter au moins deux yeux. Mettez-les en pots individuels dans un mélange de sable et tourbe, ou directement en pleine terre, en pépinière (légèrement inclinées). Vous pouvez aussi procéder au marcottage, par couchage d’une grande branche sarmenteuse, en octobre-novembre, elle sera sevrée l’année suivante à l’automne.
En raison des risques de phylloxéra, on utilise presque uniquement aujourd’hui le greffage en anglaise compliquée, en hiver. On dit que l’on greffe sur table car ce travail s’effectue à l’intérieur, la greffe étant souvent une « greffe bouture », le porte-greffe n’ayant pas de racine. Le porte-greffe est une vigne d’origine américaine comme Vitis ruparia ou Vitis ruparia X rupestris. Le greffon porte juste un œil. Le porte-greffe mesure environ 25 cm de longueur. Il faut que les deux sujets aient pratiquement le même diamètre. Les greffes sont en jauger verticalement dans des caissettes contenant du sable ou de la tourbe blonde, puis mises à chaud à 28 ou 30° pendants une dizaine de jours. Ensuite, la chaleur est ramenée à 20° pendant trois semaines. Au début du printemps, on plante les greffes boutures en pépinière dans le jardin ; l’œil du greffon doit être très légèrement enterré afin d’éviter son dessèchement.

Difficulté: semis et marcottage * bouturage **