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Les insectes pollinisateurs

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Insectes pollinisateurs : introduction

Insectes pollinisateurs au service des maraîchers :  Chaque insecte est souvent spécialisé dans la récolte du pollen d’une ou de quelques espèces en particulier, ce qui fait que le pollen bénéficie d’un transport ciblé jusqu’à une autre fleur de la même espèce.

Malgré leurs effectifs souvent inférieurs aux abeilles et aux bourdons, Guêpes, fourmis, mouches et papillons jouent un rôle important.

Le fait est que les services d’écosystème fournis par les insectes pollinisateurs sont essentiels pour la production vivrière – aussi bien en termes de rendement que de qualité – et contribuent aux moyens d’existence durable de nombreux agriculteurs dans le monde entier. Au Maroc et à l’instar de beaucoup de pays, les maraîchers aussi bien sous serre qu’en plein champ font appel au service des abeilles et des bourdons.

Quelques exemples d’insectes pollinisateurs au Maroc

INSECTES POLLINISATEURS
Abeilles et Bourdons

On distingue deux grandes catégories d’insectes pollinisateurs : les insectes pollinisateurs majeurs (abeilles et bourdons) et les insectes pollinisateurs mineurs (guêpes, fourmis, mouches et papillons).

Abeilles et Bourdons

Très efficaces et indispensables aux plantes à fleurs, les abeilles et les bourdons sont les insectes pollinisateurs majeurs au Maroc. Contrairement aux autres Hyménoptères (guêpes et fourmis), ils ne nourrissent pas leurs larves avec des proies, mais avec du pollen. Ils disposent pour cela de brosses de soies particulières adaptées a la récolte et le transport du pollen et d’une langue velue adaptées pour récolter le nectar. Leur pelage est constitué de soies plumeuses dans lesquelles le pollen s’accroche facilement. Ils assurent ainsi des échanges de pollen considérables entre plantes

Guêpes, fourmis, mouches et papillons

Malgré leurs effectifs souvent inférieurs aux abeilles et aux bourdons, ces insectes jouent un rôle important. Pour la production des semences de certaines cultures horticoles comme l’oignon et les carottes, les mouches de la famille des Calliforidae sont essentielles et très efficaces. Les fourmis sont indispensables pour une meilleure production de courgettes. En gros ces insectes
qualifiés d’insectes pollinisateurs mineurs interviennent à hauteur de 10% dans la pollinisation des cultures maraîchères. Il serait donc important de les protéger.

Importance de la pollinisation

INSECTES POLLINISATEURS
Abeilles pollinisateurs

Beaucoup de cultures maraîchères au Maroc dépendent fortement ou totalement d’une pollinisation entomophile : les cucurbitacées
(courgette, melon, pastèque), les solanées (tomate, poivron), les protéagineuses (fève et féverole) et de nombreux légumes et condiments (artichaut, chou, fenouil, oignon, persil, poireau, carotte, navet, etc) pour leur semence. Quand on y regarde de près, il est difficile d’imaginer un seul repas auquel les abeilles ne soient pas associées de près par leur activité pollinisatrice ! Une mauvaise pollinisation entraîne un mauvais développement des fruits. Dans le cas du melon et de la pastèque par exemple, grâce aux visites plus fréquentes des insectes pollinisateurs, le fruit est d’une couleur plus foncée et d’une saveur plus riche.

Plusieurs études visent à quantifier la valeur économique des insectes pollinisateurs pour le maraîchage. Des publications scientifiques ont fait état d’une valeur de l’ordre de 20
milliards d’euros au plan mondial. Au Maroc, peu d’études ont tenté ce calcul, mais rien que pour la tomate et le melon on peut avancer une valeur proche de 30% de la valeur de la production agricole maraîchère entière. A noter que les insectes pollinisateurs interviennent aussi bien sur la qualité que la quantité de la production. On estime ainsi que le gain en production peut atteindre pour certaines cultures des valeurs importantes : tomate (20%), melon (80%) et haricot (15%).

Si l’on prend l’exemple de la tomate et son principal insectes pollinisateurs les bourdon, on constate que la culture a fait un grand pas dans la production et la qualité des fruits. En effet depuis leur première utilisation dans le début des années 90, les bourdons ont montré une grande efficacité et ont totalement remplacé la pollinisation mécanique et pneumatique. Actuellement et, rien que pour la région du Souss, les besoins de la tomate en bourdons dépassent les 50.000 ruches, ce qui représente un chiffre d’affaire de l’ordre de 15.000.000 Dh. Pour le melon qui nécessite des ruches d’abeilles domestiques surtout sous serre on estime que les besoins dépassent les 5000 ruches.

LA CULTURELES INSECTES POLLINISATEURSOBSERVATIONS
LA TOMATEPrincipalement pollinisée par les bourdons.
La densité est de 4 à 8 ruches par hectare et par cycle.
LE MELONL'abeille est le principal pollinisateur.
On utilise 2 ruches à l'hectare en hiver et 4 au printemps.
L'HARICOTLes thrips sont les principaux insectes pollinisateurs, néanmoins on peut utiliser les abeilles pour renforcer la pollinisation.
2 ruches par hectare sont suffisantes.
LA FRAISECette culture demande une densité élevée d'abeilles de l'ordre de 8 à 12 ruches à l'hectare.
LE PIMENT FORTL'abeille améliore grandement la production et la culture demande un minimum de 2 ruches par hectare.
L'AUBERGINELes abeilles pollinisent efficacement la culture.
Une seule ruche est amplement suffisante.
LA COURGETTELes fourmis sauvages sont les principaux insectes pollinisateurs.
Il ne faut surtout pas détruire leurs terriers.

Le bourdon : Un redoutable concurrent de l’abeille

insectes pollinisateurs
Ruches de bourdons

Si on compare les bourdons avec d’autres pollinisateurs par exemple les abeilles, on trouve que les bourdons sont des bons pollinisateurs, ils ont un rythme de travail très fort. Chaque minute ils visitent les fleurs deux fois plus que d’autre insecte. Les bourdons supportent des charges lourdes des étamines et des pistils .

Les bourdons sont en outre actifs dans les circonstances les plus diverses. Ils se sentent plus à l’aise dans les serres/tunnels que les abeilles, notamment dans les espaces de petites dimensions, et butinent encore à des températures relativement basses (environ 10 °C) et à faible intensité lumineuse. Un vent fort et une pluie fine ne les gênent pas non plus. L’absence d’un système de communication est un avantage important des bourdons par rapport aux abeilles.Il peut donc arriver qu’elles quittent en masse le lieu de culture. Les bourdons ne disposent pas d’un tel système de communication.

Recul des insectes pollinisateurs ••• Quelles conséquences ?

Jusqu’à récemment, la plupart des agriculteurs, surtout en plein champ, considéraient la pollinisation comme l’un des nombreux «services gratuits» offerts par la nature, la trouvant si naturelle qu’elle a rarement figuré parmi les «intrants agricoles» ou même les programmes d’études de sciences agronomiques.

Mais les choses sont en train de changer. Aujourd’hui, dans tous les pays, ces insectes pollinisateurs sont en régression, notamment en milieu rural.  urbanisation et destruction des milieux,  sources de nourriture pour les insectes dans les rotations culturales.

– sélection de variétés horticoles qui ne produisent plus de nectar,

– appauvrissement génétique de l’abeille domestique par la sélection des reines,

– pollution génétique du bourdon terrestre par les souches d’élevage utilisées en cultures protégées..

Auteur : Prof. Mohammed Sarehane, CHA Agadir IAV Hassan II

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