Marcottage

Le marcottage est une méthode beaucoup plus sûre. Marcotter, c’est en effet faire prendre racine à un ou des rameaux qui seront détachés de la plante-mère que lorsque l’enracinement sera effectif. Selon les plantes, cela peut mettre quelques semaines ou plusieurs mois.
Pourquoi le marcottage n’est-il pas plus utilisé ? D’abord parce que, à partir d’un pied mère, on obtient un petit nombre de jeunes plants, ensuite parce que toutes les plantes ne se prêtent pas à cette technique. Ce sont surtout les plantes ligneuses à rameaux souples (et notamment les plantes grimpantes) qui se marcottent volontiers, pour les autres (surtout les plantes vivaces) le bouturage ou la division de touffes sont à préférer. Notez que certaines espèces (dites souvent traçantes) se marcottent naturellement (les ronces, les fraisiers, par exemple) et qu’il suffit alors d’utiliser ces marcottes naturelles pour effectuer la multiplication. Chez les chèvrefeuilles, ou certains Cornus, voire parfois les cognassiers du Japon, les marcottes naturelles sont aussi fréquentes.
Marcottage

Les avantages du marcottage

Ils sont suffisamment nombreux pour conseiller cette technique en priorité aux amateurs. D’abord, l’enracinement se fait très aisément (notamment pour le marcottage par couchage). Comme pour toutes les multiplications végétatives, la plante obtenue est identique à la mère (et les risques de mutations ou de retour au type sont moindres avec cette technique qu’avec le bouturage). Ensuite, et ce n’est pas le moindre de ses attraits, le marcottage ne provoque pas de « stress » au niveau de la nouvelle pousse qui a été continuellement alimentée par la plante-mère. On obtient une croissance plus rapide et, surtout, une fragilité moindre qu’avec les boutures.

Les inconvénients du marcottage

Ils proviennent de la technique employée. Celle-ci ne permet pas de produire de nombreuses nouvelles plantes à partir d’un seul pied mère (4 à 5 en moyenne). De plus, cette technique de multiplication s’opérant directement en plein air, les espèces qui sont traditionnellement délicates à bouturer (dont l’émission des racines est capricieuse) et que l’on multiplie habituellement en coffre, à l’étouffée, avec chaleur de fond, ne s’enracinent pas par marcottage. Il est inutile, par exemple, d’espérer multiplier des conifères avec cette méthode.

La physiologie du marcottage

Elle se rapproche beaucoup de celle du bouturage, puisqu’il s’agit de faire émettre des racines à un rameau. Ce sont le plus souvent les yeux mis en terre qui vont produire les racines. Il est bon de favoriser le processus avec des hormones (comme pour les boutures). On s’est également rendu compte que le fait de tordre les tissus ligneux de certaines plantes grimpantes (le chèvrefeuille, notamment) provoquait un meilleur enracinement. Dans certains cas, on conseille de faire une légère entaille sous les yeux, ou de retirer un lambeau d’écorce, ces techniques visant à accélérer ou à améliorer l’enracinement.

Les conditions d’un bon enracinement

Elles sont similaires à celles du bouturage, notamment parce que les éléments importants sont humidités et substrat. Il faut bien arroser les marcottes tout au long de la saison (plus ou moins en fonction de la pluviométrie), et veiller à ce que les racines soient produites dans une terre légère, poreuse et fibreuse. Cette notion est souvent un peu oubliée du fait que le marcottage se produit en pleine terre, mais il ne faut surtout pas hésiter à mélanger du sable et du terreau fin ou de la tourbe blonde à la terre d’origine pour aider les radicelles dans leur développement.
La chaleur est importante, mais ne doit pas être trop forte. Il est donc préférable de marcotter les plantes se trouvant à mi-ombre, ou de protéger par un écran les branches marcottées des ardeurs du soleil.
Enfin, ce qui compte peut-être le plus, c’est la bonne circulation de la sève chez la plante-mère. Il faut donc utiliser des plantes vigoureuses et en parfaite santé, et procéder au marcottage dès le départ de la végétation, pour que l’enracinement se produise avant l’hiver (excepté pour les rhododendrons dont l’enracinement demande souvent deux années).

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