La greffe en écusson

La greffe en écusson consiste à insérer sous l’écorce du porte-greffe (ou sujet) un œil muni du pétiole de la feuille qui l’accompagnait. La plaie étant très petite, les chances de reprise sont assez importantes (comptez environ 50 % si vous êtes débutant).
La greffe en écusson est de toute la plus utilisée pour la multiplication des rosiers et des arbres fruitiers.

Greffe en écusson du rosier

1. Enlevez les feuilles sur le rameau porte-greffon.
2. Prélevez l’écusson.
3. Écussons avec leur pétiole.
4. Soulevez l’écorce du porte-greffe.
5. Glissez l’écusson sous l’écorce.
6. L’écusson est en place.
7. Greffe terminée, ligaturée.

Époque de greffage

On peut écussonner au printemps ou en été. Dans le premier cas, la greffe est dite « à œil poussant », car le greffon se développe immédiatement sitôt la soudure faite. Dans le cas des écussons d’été, ils sont dits « à œil dormant »car la greffe reste stationnaire jusqu’au printemps suivant. Cette dernière méthode est préférée dans les régions où l’hiver est rigoureux. Dans le Midi, on peut faire, sans problème, des écussons à œil poussant.

La préparation du porte-greffe

L’écussonnage s’effectue « en pied » (au ras du sol, pour les plantes buissonnantes, ou l’obtention d’un scion qui sera ensuite formé avec une taille appropriée) ou « en tête » (à l’extrémité de la tige du porte-greffe pour les plantes sur tronc, comme les rosiers tiges).
Avec la pointe du greffoir, vous incisez l’écorce verticalement sur 3 à 4 cm de longueur, puis horizontalement sur le haut de votre entaille de manière à former un t. Glissez ensuite la spatule sous l’écorce pour bien la décoller de la tige. Faites attention à ne pas la blesser.

La préparation du greffon

Sur une tige feuillée prélevée juste au moment du greffage, supprimez les feuilles en conservant un pétiole de 3 à 5 cm de longueur.
Celui-ci va vous servir à guider l’écusson dans le porte-greffe. À 1,5 ou 2 cm au-dessus de l’œil (il se trouve toujours un œil latent à la base de chaque feuille), entaillez horizontalement l’écorce en glissant la lame délicatement. Effectuez un mouvement tirant (il faut partir de la base du greffoir pour arriver en haut de la lame) de manière à ne pas hacher les tissus. Il faut que la lame passe sous l’œil sans l’endommager ni couper du bois, juste l’écorce.
C’est le côté délicat de l’opération ; il ne faut pas hésiter à prélever plusieurs écussons et à vous entraîner jusqu’à l’acquisition du bon mouvement.
Si vous constatez la présence d’une esquille de bois sur l’écusson, essayez de la détacher délicatement, sans qu’elle arrache la moindre portion d’écorce. Maintenez le petit écusson par le pétiole.

L’assemblage

Il faut faire pénétrer l’écusson à l’intérieur de la fente en T du sujet. Veillez à ce que le greffon soit dans le bon sens (il ne faut pas le renverser, le pétiole devant toujours se diriger vers le haut). Écartez bien l’écorce et faites glisser l’écusson dans l’ouverture ainsi ménagée. Aidez-vous de la spatule. Évitez le plus possible le contact des parties à vif avec les mains, la terre ou tout objet sale. Si la partie supérieure de l’écusson est un peu trop haute, coupez-la au ras de la fente du porte-greffe. Refermez l’écorce sur l’écusson.

La ligature

Elle s’effectue avec du raphia, immédiatement après la pose de l’écusson. Utilisez du raphia bien mouillé qui s’applique plus largement. Commencez par le haut à 3 cm environ au-dessus de la partie supérieure de l’écusson et enroulez le raphia comme une bande en recouvrant environ un quart du morceau de raphia à chaque tour. De cette façon les maladies et parasites ne pourront pénétrer. Laissez l’œil apparent et continuez sous la greffe sur 3 à 4 cm de longueur. Attachez avec un nœud simple bien serré. Pour plus de précaution, vous pouvez faire un second nœud.
La greffe en écusson ne nécessite pas d’application de mastic à greffe.

La reprise

Pour les écussons à œil poussant, elle se manifeste, après 15 jours à 3 semaines environ, par le développement de l’œil en une petite branche. Pour les écussons à œil dormant, il faut attendre l’automne pour être assuré de la reprise. Si le pétiole qui accompagne l’œil tombe naturellement au moment de la chute des feuilles, c’est que la greffe est reprise. La plante a en effet repris un rythme biologique normal.

Après la reprise

Lorsque le rameau issu de l’œil greffé mesure une dizaine de centimètres, vous rabattez (coupez) la partie supérieure du porte-greffe à 15 cm au-dessus de l’écusson. Il reste ainsi un onglet de bois qui va servir de tuteur à la petite pousse pour qu’elle se développe bien verticalement. Cette technique est utilisée pour l’obtention de scions.
Pour les rosiers ou les plantes arbustives, vous pouvez couper le porte-greffe à seulement 1 cm au-dessus de l’écusson. Sur les greffes à tête, il faudra ébourgeonner (éliminer) toutes les petites pousses latérales qui se forment le long de la tige du porte-greffe.

 

Les techniques du bouturage : partie 3

Le bouturage dans l’eau

Le bouturage dans l’eau est une technique ultra-simple qui n’est guère pratiquée pour les plantes du jardin (on le fait, en revanche, couramment pour les plantes d’intérieur). À noter que vous pouvez toutefois avoir des succès intéressants avec l’impatiens, le lierre, l’aucuba, le laurier-rose, le coleus, etc. En fait, il suffit de laisser plonger la base de la bouture (sur un centimètre environ) dans de l’eau bien claire pour qu’il se produise des racines. Pour les plantes plus charnues (coleus. impatiens) vous pouvez plonger presque la moitié de la tige dans l’eau. L’important est de bien dégarnir les feuilles de la base et renouveler l’eau régulièrement. Si vous n’avez pas le temps de vous occuper quotidiennement de vos boutures, placez un ou deux morceaux de charbon de bois dans le récipient (un verre ou un vase conviennent parfaitement), ils éviteront que l’eau croupisse trop vite.
Les racines, pour se développer, mettront entre 8 et 30 jours. Il ne faut pas les laisser grandir trop dans l’eau car elles n’ont pas la même structure que les racines poussées dans le sol. Lorsqu’elles atteignent 5 cm, repiquez la bouture racinée dans un mélange très aéré de terreau, tourbe et sable par tiers ou de terreau et Vermiculite (ou Perlite) par moitié.

Bouturage dans l’eau du laurier-rose :

1. Habillage de 1/3 du feuillage.
2. Quelques gouttes d’engrais dans l’eau.
3. La tige du rameau est plongée dans l’eau.

Notre conseil :

après en avoir fait plusieurs fois l’expérience, nous avons remarqué qu’un tout petit peu d’engrais liquide (notamment les compositions renfermant des oligo-éléments) stimule très avantageusement la formation des racines. Il suffit de dix gouttes par litre d’eau (surtout pas plus) pour que cela soit efficace.

Le bouturage de feuilles

Le bouturage de feuilles n’est pas une technique très utilisée pour les plantes de jardin mais assez prisée pour les plantes d’intérieur. Toutefois des plantes comme fuchsia, pourpier, sedum, Echeveria, scilles, Mesambryanthemum, etc., s’enracinent assez bien de cette manière. Une jolie fougère, Asplénium bulbiferum, présente aussi la particularité de former des jeunes pousses directement sur ses feuilles. Il suffit de les détacher et de les repiquer pour obtenir de nouvelles fougères.
La réalisation des boutures de feuilles est simple. On prélève la feuille avec son pétiole que l’on raccourcit à 3 ou 4 cm environ. S’il s’agit d’une petite feuille, on enterre le pétiole verticalement, la feuille prenant une position dressée, oblique; s’il s’agit d’une grosse feuille, on la pose à plat sur le substrat.
Il est très important pour la réussite des boutures de feuilles que la terre ne soit pas trop détrempée, et surtout fine et poreuse, les risques de pourriture étant très importants. Utilisez un mélange de sable, de Vermiculite et de tourbe par tiers, dont vous remplirez une terrine. La culture sera couverte d’un film en plastique et mise de préférence en coffre à multiplication avec un chauffage de fond (20 à 22°). Ce type de bouturage s’effectue pendant la végétation sur des plantes solides, en choisissant, de préférence, des feuilles déjà bien en place (évitez les jeunes, trop tendres) mais pas trop grosses.

Bouturage de feuille du bégonia

4. Prélevez une belle feuille saine.
5. Incisez les nervures avec une lame de rasoir.
6. Piquez le pétiole verticalement.
7. Recouvrez avec un film plastique.

Notre conseil :

utilisez surtout cette technique pour multiplier toutes les plantes « grasses » du jardin ; c’est une solution facile et qui donne toujours d’excellents résultats. Pour les autres espèces, le bouturage classique de rameau est bien meilleur.
Avec les plantes très charnues, il ne faut pas trop mouiller le substrat et ne laisser le châssis couvert qu’une semaine au maximum.

Le bouturage de racines

Le bouturage de racines se pratique essentiellement sur des espèces à racines charnues (phlox, Acanthe, Helianthus, pivoine, rose trémière pour les plantes vivaces, et paulownia, framboisier, Aralia, bignonia, Rhus, lilas, etc., pour les arbres et arbustes). Ce sont surtout les jeunes racines ligneuses (donc dures) qui présentent la faculté de bourgeonner (dans ce bouturage, on ne cherche pas à produire des racines, mais des bourgeons qui donneront des tiges). La taille moyenne d’une bouture de racine est de 7 à 10 cm de long avec un diamètre allant de celui d’un crayon à celui d’un doigt.
La période de multiplication va de mars à septembre-octobre. Il est conseillé de placer les boutures en terrines ou en pots. Les gros tronçons vont être piqués verticalement dans le substrat (sable et tourbe par moitié ou Vermiculite et terreau par moitié), puis recouverts de 2 cm de compost. Plantez les morceaux dans leur sens normal de croissance, c’est-à-dire la partie la plus éloignée de la souche de la plante vers le bas. Pour les racines fines, dont les tronçons peuvent être plus grands (5 cm pour les grosses, 10 cm pour les petites), vous vous contenterez de les coucher sur le compost, à l’horizontale et de les couvrir aussi de 2 cm de terre.
Arrosez beaucoup et placez à la maison, sous châssis ou en coffre à multiplication avec, si possible, une légère chaleur de fond. Conservez environ un mois sous abri (ou tout l’hiver pour les boutures réalisées en automne) et quand les bourgeons apparaissent, empotez individuellement.

Bouturage de racines d’Helianthus

1. Choisissez de belles racines pas trop ligneuses.
2. Coupez des tronçons de 10 cm maximum.
3. Piquez la bouture verticalement dans le pot.

Notre conseil :

coupez en biais l’extrémité des boutures qui seront plantées verticalement elles risqueront moins de pourrir. Utilisez, de préférence, des parties bien charnues situées aussi près que possible de la souche et non des extrémités plus fines de la racine.

Le bouturage d’œil

Le bouturage d’œil ’est une technique intermédiaire entre la bouture de rameaux et la bouture de feuilles. On utilise le principe selon lequel tout œil axillaire situé à la base d’une feuille peut se développer et former une tige.
La technique de la bouture d’œil en vert s’utilise essentiellement pour les camélias. À l’aide de la pointe d’un greffoir, prélevez une feuille (sur un rameau de l’année) avec un talon. Piquez la bouture dans une caissette ou un pot (mélangez par moitié sable et tourbe ou terre de bruyère et Vermiculite) de façon que le talon soit à demi-enterré. L’œil doit affleurer la surface du substrat, le pétiole de la feuille doit être le moins possible enfoncé dans la terre. Il faut placer cette culture en coffre à multiplication (ou tout simplement dans une terrine couverte chauffante). L’enracinement se produit en un mois environ. Un peu de poudre d’hormones sur le talon est à conseiller.
Le bouturage d’œil en sec se pratique surtout avec la vigne d’ornement, en automne ou en hiver. Il suffit de prélever un tronçon de tige d’un an portant un seul œil et de retirer l’écorce longitudinalement à la face inférieure pour obtenir une bouture qui s’enracinera, sans problème, dans du sable. Elle sera posée à plat, l’œil, seul, émergeant du substrat. Une chaleur de fond (24 à 25°) est nécessaire pendant toute la durée de l’enracinement (un mois).

Bouturage d’œil du camélia

1. Les boutures sont constituées d’une feuille avec son œil axillaire.
2. Maintenez la bouture avec une allumette.
3. Couvrez la culture d’un film plastique.

Bouturage d’œil de la vigne

4. Coupez des tronçons avec un œil.
5. Fendez l’écorce longitudinalement.
6. Bouture préparée.
7. Posez la bouture à plat sans l’enterrer.

Notre conseil :

essayez cette technique avec le camélia, mais aussi avec le rhododendron. Vous verrez : cela donne souvent de meilleurs résultats que les traditionnelles boutures de rameaux.

Le bouturage d’écailles

Le bouturage d’écailles se pratique essentiellement avec des bulbes de lis blanc, le grand avantage étant le nombre important de jeunes plants que l’on peut obtenir avec un seul bulbe (sans même compromettre sa floraison).
La technique s’inspire beaucoup de la bouture de feuilles (les écailles du bulbe sont en vérité des feuilles modifiées). Il suffit de détacher quelques écailles à la périphérie du bulbe et de les mettre à raciner dans un pot.
L’enracinement est très facile soit en piquant les écailles verticalement dans un mélange de sable, tourbe et terreau, soit en les posant à plat, à peine enterrées.
Il faut bien arroser, couvrir le pot ou la terrine et laisser à l’étouffée. Cette culture se pratique soit à l’automne, soit au printemps. En un à deux mois, une bulbille se forme à la base de l’écaille racine. Elle sera cultivée séparément pendant quatre ans environ avant de produire des fleurs. Mais le grand intérêt c’est que l’on peut obtenir aisément une dizaine de nouvelles plantes par bulbe.

Bouturage d’écailles du lis

1. Retirez les écailles de la périphérie d’un beau bulbe.
2. Plantez verticalement les écailles enterrées de 1/3 environ.
3. Arrosez sans détremper.
4. Après un mois, les écailles produisent des bulbilles qui grossissent rapidement.

Notre conseil :

cultivez en terrine ou en pots les jeunes lis au moins un an, de façon qu’ils s’étoffent bien. En pleine terre, ils pourraient disparaître rapidement victimes des mulots, ou étouffés par les mauvaises herbes.

Les techniques de division des plantes

Selon le mode de végétation des plantes et surtout la nature de leurs racines et parties souterraines (souche, rhizome, tubercule, etc.), la division sera différente. Les techniques sont, pour la plupart, très simples et tout à fait indiquées à l’amateur débutant. L’outillage nécessaire se résume à un greffoir (ou un bon couteau), une paire de ciseaux tous usages, une bêche, une fourche bêche, un transplantoir et, bien sûr, un arrosoir.

La division des grosses touffes

La division se pratique principalement sur les plantes vivaces herbacées (delphinium, Aster, alysse, Helianthus, leucanthème, etc.) mais aussi avec certains arbustes touffus (symphorine, spirée, forsythia) qui présentent la particularité de produire de jeunes pousses depuis la souche.
Deux périodes préférentielles : le début du printemps pour les plantes vivaces à floraison estivale ( juste avant le départ de la végétation) et les arbustes, l’automne pour les plantes vivaces à floraison printanière et les arbustes.

Division de touffe des Helianthus

1. Arrachez la touffe à la fourche-bêche.
2. Tranchez les racines avec un couteau bien affûté.

La division des vivaces

Cette pratique  de division demande que l’on arrache complètement la plante. Il est impératif de conserver un maximum de racines, la reprise des éclats en dépendant. Utilisez de préférence une fourche bêche, quand la terre est assez humide (après une pluie, ou alors mouillez abondamment le sol). S’il s’agit de petites plantes aux racines tendres et chevelues, il suffit, bien souvent, d’effectuer la séparation à la main en écartant les différents pieds les uns des autres. Cette méthode a l’avantage de ne pas blesser les racines et de bien conserver le chevelu. Pour les espèces à souche plus dure tranchez dans l’enchevêtrement de racines avec une bêche bien affûtée.
Éliminez la partie centrale (la plus vieille de la touffe) et conservez les pousses de la périphérie (les plus jeunes). La replantation se fait dans un sol bien préparé (labouré, griffé et amendé avec une matière organique bien décomposée). Chaque petite touffe est mise en place en l’enterrant bien et en tassant tout autour des racines pour éviter les poches d’air dans la terre. On termine par un arrosage copieux.
Si vous désirez reconstituer une touffe importante, il suffit d’espacer chaque nouvelle plante de quelques centimètres (10 à 40, selon l’importance de l’espèce à l’état adulte). En se développant, elles ne tarderont pas à couvrir complètement la surface impartie.

Notre conseil :

une bonne technique consiste à diviser les vivaces à l’automne, à ne pas les mettre directement en place, mais à empoter individuellement chaque nouvelle touffe (dans un mélange sable, tourbe et terreau par tiers), et les placer sous châssis (ou tunnel en plastique) pendant tout l’hiver. L’enracinement sera bien meilleur. Les jeunes plantes, mises en place dès le début du printemps, pousseront avec une vigueur accrue.

Division de touffe des corbeilles d’or

3. Séparez les enchevêtrements de racines.
4. Habillez les plantes avant repiquage.
5. Empotez et n’oubliez pas d’arroser.

La division des arbustes

Cette technique se pratique de novembre à mars, par temps doux, de préférence avec des plantes bien ramifiées il est inutile d’arracher toute la touffe (notamment s’il s’agit de plantations déjà anciennes) à moins que vous souhaitiez rajeunir la plantation.
Il suffit de dégager la périphérie de l’arbuste avec une fourche bêche en veillant bien à ne pas trop abîmer les racines. Isolez une ou deux pousses avec leurs racines et séparez-les de la plante-mère soit avec la bêche bien affûtée si les racines ne sont pas trop dures, soit avec une scie ou un ébrancheur (sécateur à deux mains) pour les espèces les plus récalcitrantes. Dans tous les cas, parez bien la plaie pour nettoyer les tissus hachés par l’outil de coupe (grattez avec une serpette ou le greffoir). Enduisez la plaie d’un mastic cicatrisant.
La transplantation doit être effectuée rapidement de préférence dans un trou ouvert depuis plusieurs semaines de façon que la terre soit bien aérée et ameublie en profondeur. Ne mettez pas de fumier frais à la plantation, tassez bien autour des racines, arrosez abondamment (10 litres par pied) et disposez tout autour de la plante un lit de feuilles mortes ou d’écorce de pin pour la protéger d’éventuelles gelées.

Notre conseil :

la division de touffe des arbustes peut être réalisée uniquement pour limiter l’importance de la plante (surtout les sujets à tendance un peu envahissante). Le fait de sectionner une partie des racines et d’éliminer du jeune bois ralentit un peu la pousse de certaines espèces particulièrement vigoureuses et envahissantes.

Division de touffe de millepertuis

6. Soulevez la touffe avec ses racines.
7. Tranchez les racines au sécateur.
8. Habillez une partie du feuillage.
9. Plantez dans un pot contenant une terre légère.

 

La division des rhizomes

La division des rhizomes est une technique employée principalement pour les iris des jardins. On la pratique en plein été (août) lorsque les plantes ont complètement achevé leur floraison. L’intention était de limiter l’effet envahissant de ces plantes, mais aussi de les empêcher de dégénérer (cas fréquent chez les variétés nouvelles) en perdant leurs couleurs souvent extraordinaires pour revenir vers le bleu classique.
Vous soulevez la touffe tout entière à l’aide d’une bêche et cherchez à débarrasser les rhizomes de la terre qui les recouvre. Vous découpez ensuite au sécateur, ou à la bêche, des tronçons de rhizome possédant au moins trois feuilles bien formées, vertes et en parfaite santé. Jetez la vieille souche. Il suffit ensuite de remettre en place les nouveaux rhizomes dans un sol léger (attention aux excès d’humidité), sans les enterrer trop. Terminez par un bon arrosage. Excellente technique aussi pour les fougères.

Notre conseil :

cette opération se réalisant en été, il est bon d’habiller un peu le feuillage des iris en éliminant le tiers environ de la partie supérieure. La reprise n’en sera que meilleure. Pratiquez systématiquement cette division tous les trois ans de manière à ne pas être envahi par les plantes, et n’oubliez pas de noter soigneusement les noms des diverses variétés et leur emplacement, cela vous permettra de vérifier si elles dégénèrent ou non.

La division des tubercules

Cette technique est très voisine de la division des rhizomes. On la pratique essentiellement pour les dahlias et les bégonias tubéreux. Il faut mettre lés plantes en végétation vers la fin février dans la maison ou une serre tempérée. Quand les premières pousses commencent à se développer, vous dépotez les tubercules et coupez (au greffoir, de préférence) chaque morceau portant une tige. Il suffit ensuite d’empoter individuellement chaque bout de tubercule pour qu’il se comporte comme une plante indépendante. Qu’il y ait des racines ou pas, ne vous en inquiétez pas, ce n’est pas grave : le tubercule dispose de suffisamment des réserves pour s’implanter.

Notre conseil :

bien que l’on puisse être tenté par la facilité, n’abusez pas de cette technique qui favorise la dégénérescence des variétés, et préférez le bouturage. Vous pouvez toutefois pratiquer une fois la division, mais ne redivisez pas les tubercules multipliés de cette manière.

La séparation des drageons

Cette technique fait appel à la propriété de certaines plantes d’émettre des pousses à partir de récines latérales. Le lilas, le framboisier, le noisetier, le fraisier sont très généreux sur ce plan-là. On peut considérer ces drageons (pour les fraisiers, on dit des stolons ou des coulants) comme des espèces de marcottes naturelles qu’il suffit de sevrer de la plante-mère pour obtenir une nouvelle plante autonome.
La meilleure période pour la séparation des drageons est le printemps pour les arbustes (ou même l’automne) et à la fin de l’été pour les fraisiers. Il est important de ne pas endommager les racines au moment du prélèvement du drageon (tant pour lui-même que pour la plante-mère). La plupart du temps, il est possible de mettre les jeunes plantes directement à leur emplacement définitif. Pour les arbustes, un pralinage des racines stimule la reprise.

Notre conseil :

n’abusez pas de cette méthode de multiplication qui produit des plantes encore plus drageonnantes que le pied mère. Pour les fraisiers, autre inconvénient de taille à vous signaler : le drageonnage a tendance à propager les maladies à virus. Ne reproduisez donc que les plantations parfaitement saines et renouvelez vos pieds mères tous les trois à cinq ans avec des plantes certifiées vendues dans le commerce.

L’œilletonnage

C’est une technique de multiplication assez spécifique de l’artichaut. Il suffit d’éclater de la souche-mère une jeune pousse latérale (avec ou sans racines, mais avec une portion de la souche). Après avoir habillé le feuillage (suppression d’environ un quart de sa longueur), vous placez chaque œilleton dans un pot individuel (12 à 14 cm de diamètre) et sous châssis pour favoriser sa mise en végétation. Cette opération se pratique de préférence au tout début du printemps.

Notre conseil :

profitez du moment où vous débutez les plantations pour prélever les œilletons. Ils doivent mesurer au moins 20 cm de longueur pour assurer un développement convenable. Le trempage de la base dans un produit fongicide évite souvent les pourritures fréquentes chez cette plante au moment de l’empotage.

Œilletonnage du yucca

1. Séparez les jeunes rejets de la plante-mère.
2. Enduisez la base de la racine d’un mastic cicatrisant.
3. Plantez dans un pot profond.

L’éclatage

Ce terme s’emploie, en général, pour désigner la division manuelle des touffes de plantes ligneuses (les buis, les bruyères, par exemple). La technique s’apparente à la division des plantes vivaces, mais il est souvent nécessaire de s’aider avec le sécateur pour trancher dans les tissus ligneux de la touffe.
Pratiquez de préférence au printemps au départ de la végétation, et ne repiquez pas les jeunes plantes directement en pleine terre, mais empotez-les dans des godets de tourte, et placez-les, sous châssis, pendant un bon mois. Quand la végétation sera bien repartie, vous pourrez les planter définitivement (il n’y aura pas dépotage, la reprise est assurée).

Notre conseil :

les racines de ces plantes produisant souvent un chevelu abondant, vous avez intérêt à habiller un peu les racines en coupant leurs extrémités environ d’un tiers. Faites de même avec la partie aérienne.

Séparation des bulbes

4. Les jacinthes peuvent être incisées profondément pour redonner de nouvelles plantes.
5. Retirez les bulbilles à la périphérie du bulbe (tulipe).
6. Chaque bulbille sera plantée individuellement.

Pour les bulbes, la séparation des caïeux

Les tulipes, les narcisses, les oignons, etc. produisent, à la périphérie du bulbe principal, des petits bulbes appelés bulbilles ou caïeux qu’il est parfaitement possible de séparer pour obtenir de nouvelles plantes. Même constatation pour les cormus (glaïeul, par exemple). Au moment de l’arrachage des bulbes, prélevez les caïeux et mettez-les à part. Ils seront cultivés dans un terrain spécial destiné à la multiplication, car il leur faut plusieurs années (au moins trois) pour grossir suffisamment et produire des fleurs.

Rejet ou gourmand ?

Il ne faut surtout pas confondre un rejet (ou drageon) qui est une nouvelle pousse de la plante-mère, avec un gourmand qui se produit à partir du porte-greffe sur une plante greffée. Pour plus de sûreté, évitez toujours de multiplier par division de touffes les espèces greffées (et notamment les rosiers).
Pour bien identifier le gourmand et le rejet, il suffit de contrôler leur point de naissance S’il part sous le bourrelet de greffe, c’est un gourmand. Chez les rosiers on constate aussi une différence importante : le gourmand possède généralement des feuilles composées de sept folioles, alors que les variétés modernes de rosiers n’ont que trois ou cinq folioles.

Les techniques du marcottage

Selon la forme des plantes a marcotté, on va utiliser différents moyens pour faire raciner les rameaux. S’ils sont souples et assez longs, on cherchera à les coucher sur le sol pour que le contact avec la terre produise une émission normale de racines. En revanche, si les branches sont rigides, il faudra, soit ramener la terre autour de la plante (marcottage par buttage), soit apporter artificiellement un substrat au niveau des rameaux à marcotter (marcottage aérien).
ces techniques du marcottage sont toutes d’excellentes méthodes pour les multiplications. Il faut juste faire preuve d’un peu de patience pour obtenir les nouvelles plantes, et leur donner les conditions optimales à leur enracinement. Bien souvent le marcottage est une solution excellente pour rajeunir de vieilles touffes de plantes (notamment pour les cassissiers, framboisiers). Il doit être préféré au bouturage chaque fois que c’est possible, bien sûr.

Techniques du marcottage aérien

Appelé aussi marcottage en cornet, il consiste à faire émettre des racines à un rameau rigide hors-sol. On pratique cette technique avec le laurier-rose, l’érable, l’hibiscus, le lilas, l’œillet des fleuristes, ainsi qu’avec Aralia, Cordyline. Etc.
Vous débarrassez un rameau jeune (2 cm de diamètre maximum) de ses feuilles à l’endroit souhaité pour pratiquer la marcotte, et vos faites une incision longitudinale de 4 à 5 cm de manière à couper l’écorce jusqu’au cœur de la plante (il ne faut surtout pas dépasser la partie centrale). Maintenez cette plaie ouverte en glissant une allumette sous l’écorce. Badigeonnez ensuite d’hormones toute la partie du rameau qui a été mise à nu. Faites un cornet avec un morceau de carton fort, ou un film en plastique, ou encore, fendez en deux un godets en plastique et habillez-en la partie fendue du rameau. Bourrez l’enveloppe avec de la mousse des bois humide, de la mousse de fleuriste, de la tourbe fibreuse, du sphagnum, ou du coton hydrophile. Le matériau doit être fortement humide et pas trop tassé. Si vous utilisez une feuille de plastique, fermez l’extrémité supérieure avec un lien bien serré, cela permettra de maintenir l’humidité pendant un laps de temps plus long.
Cette technique donne en général de bons résultats, mais il ne faut pas être trop pressé. Le temps moyen pour l’enracinement est de deux mois. Mais certaines plantes demandent toute la saison (marcottez donc au printemps et sevrez à l’automne).

Techniques du marcottage aérien du lilas

1. Incisez avec un greffoir le rameau à marcotter.
2. Glissez une allumette dans la fente pour la maintenir béante.
3. Enduisez l’entaille d’hormones d’enracinement.
4. Enveloppez la marcotte de mousse humide.
5. Maintenez la mousse dans un plastique, bien serré.

Notre conseil :

arrosez très régulièrement le substrat entourant la marcotte. Il ne doit jamais se dessécher (d’où l’intérêt du film en plastique). Utilisez, de préférence, des rameaux pas trop directement exposés au soleil, et veillez aussi à ce qu’ils soient protégés du vent, la marcotte aérienne reprendra mieux si elle n’est pas trop bouleversée. Le sevrage se fait juste au-dessous du récipient qui contenait la marcotte. Une culture d’un an en pot est conseillée.

Techniques du marcottage par couchage

C’est le système le plus répandu, le plus simple aussi. Il s’effectue sur toutes les plantes dont on peut diriger les branches vers le sol. La plupart des plantes grimpantes peuvent être multipliées ainsi. Il en va de même pour le rhododendron.
Cette techniques du marcottage se pratique de préférence au printemps, dès le départ de la végétation, mais il est aussi possible de marcotter par couchage au début de l’été (juin) et en automne (septembre). Il existe plusieurs variantes en fonction des plantes.

Techniques du marcottage par couchage simple

Techniques du marcottage par couchage du rhododendron

1. Supprimez les feuilles de la branche à marcotter.
2. Enduisez d’hormones la partie couchée.
3. Maintenez la marcotte en place par des cavaliers.
4. Attachez l’extrémité du rameau à un tuteur
5. La marcotte restera en place un an au moins.

C’est la technique la plus employée. Cherchez une branche basse, assez souple et couchez-la dans une petite tranchée à 10 ou 15 cm de profondeur environ. La partie enterrée doit comporter au moins trois yeux. L’enracinement sera meilleur si vous tordez les tissus enterrés ou incisez légèrement l’écorce sous les yeux. La marcotte est maintenue en place avec un arceau en fil de fer, puis recouverte avec un compost léger à base de tourbe blonde et de terreau. L’extrémité de la tige doit émerger du sol. Elle est coupée à environ quatre yeux, ce qui facilite la concentration de la sève au niveau de la partie enterrée.
Bien entendu, il faut éliminer les feuilles du rameau sur toute la partie qui est couchée dans le sol. Maintenez la terre humide sans la détremper. La plupart des espèces s’enracinent dans l’année, et sont séparées de la plante-mère (sevrées) à l’automne ou au printemps. Ayez toutefois la prudence de gratter le sol au niveau de la marcotte afin de vérifier si l’enracinement est effectif avant de couper.

Notre conseil :

vous faciliterez l’émission des racines par le dépôt d’une fine couche d’hormones de bouturage sur les plaies réalisées sous les yeux. Pensez aussi à disposer un petit lit de sable au fond de votre tranchée pour que les radicelles trouvent une terre suffisamment fine pour s’y développer.
Enfin, si vous réalisez plus de deux marcottes sur le même pied, rabattez les autres tiges à la moitié de leur longueur environ, cela redonnera un surcroît de vigueur à la plante et facilitera la circulation de la sève et donc l’émission des racines.

Techniques du marcottage à long bois

Appelé aussi marcottage à plat ou marcottage chinois, il utilise les longues tiges sarmenteuses de certaines plantes grimpantes. Le chèvrefeuille, la vigne acceptent bien cette technique. À partir d’un seul rameau, on va obtenir plusieurs nouvelles plantes. Dans le cas de la vigne, on dit provigner.
La technique consiste tout simplement à coucher à plat l’ensemble de la pousse que l’on désire marcotter. Enterrée à 10 cm de profondeur environ, sur un lit de sable et recouverte de terre légère, elle va s’enraciner au niveau des yeux enfouis dans le sol et produire à partir de chacun une nouvelle pousse. Il faut commencer le marcottage à long bois de préférence au printemps. Cela permet de voir se développer dans la saison les nouvelles plantes.

Techniques du marcottage à long bois du lierre

1. Incisez l’écorce de la tige couchée.
2. Marcotte terminée.

Notre conseil :

décollez un peu l’écorce à côté des yeux du rameau et enduisez la plaie avec des hormones de bouturage. Si vous constatez le développement de jeunes pousses, buttez-les légèrement avec de la terre légère pour favoriser encore l’enracinement. Le sevrage se fera à l’automne en déterrant complètement les marcottes et en les séparant au sécateur. Bien souvent il est bon de les empoter et non de les mettre tout de suite en place, une culture d’un an en pot favorisant le grossissement des jeunes plantes.

Techniques du marcottage par couchage en pot

Il s’applique aux plantes plus délicates comme la clématite. On l’utilise aussi pour la vigne. Dans ce cas, l’idéal est de bénéficier, à l’automne, d’une pousse portant des raisins, pousse que l’on peut mettre sur le balcon ou même rentrer quelques jours à la maison, vous étonnerez vos amis !
Quant aux techniques du marcottage, elles sont similaires à celle du marcottage par couchage. Choisissez de préférence un rameau latéral pas trop vigoureux. Utilisez un nœud bien formé (renflement où se développaient les feuilles) pour l’enracinement.
Supprimez les feuilles avec leur queue (pétiole) et entaillez légèrement le rameau juste avant l’œil. Couchez la marcotte dans un pot de 12 ou 14 cm de diamètre contenant un mélange de sable (2/3) et de terreau (1/3). Un trombone ou une épingle à cheveu serviront à maintenir la marcotte sur le sol. Recouvrez de 3 cm de terre environ, arrosez. Vous n’êtes pas obligé de laisser le pot sur le sol, il est souvent conseillé de l’enterrer de manière que sa partie supérieure soit légèrement au-dessus du sol. L’avantage : parfaite stabilité de la culture et moins de risques de dessèchement pendant l’été.

Techniques du marcottage en pot de la clématite

1. Choisissez un rameau souple et vigoureux.
2. Supprimez le feuillage.
3. Couchez le rameau dans le pot et maintenez en place par une épingle à cheveux
4. Marcotte terminée.

Notre conseil :

ombragez légèrement les marcottes en pot (notamment pour la clématite) pendant les mois où le soleil est le plus chaud. Veillez à arroser régulièrement (surtout si c’est un pot en plastique) car les plantes se dessèchent plus vite qu’en pleine terre.

Techniques du marcottage en serpenteau

Appelé aussi marcottage en arceau ; il s’utilise principalement pour la glycine mais aussi pour l’aristoloche, l’Akebia et les ronces.
On pratique cette techniques du marcottage au printemps ou à l’automne, en couchant successivement environ 50 cm du rameau, puis en le faisant ressortir du sol, et en le couchant de nouveau et ainsi de suite jusqu’à son extrémité. Cette technique peut être employée avec des rameaux ligneux, dans ce cas opérez en septembre, ou bien avec des pousses herbacées qui se développent dans l’année. Couchez-les au fur et à mesure de leur développement. Le sevrage se fait toujours l’année suivante.

Techniques du marcottage en serpenteau de la glycine

1. Débarrassez un rameau de ses feuilles et tordez-le pour déchirer les tissus et favoriser l’enracinement.
2. Attachez l’extrémité de la branche à un tuteur.
3. Marcotte terminée.

 

Notre conseil :

pincez les pousses se développant sur les arceaux qui sortent du sol, de manière à mieux concentrer la sève au niveau des racines. Pour cette technique la torsion des tissus est préférable aux incisions.

Techniques du marcottage en cépée

Il s’adresse surtout aux plantes dont la rigidité des rameaux ne permet pas le couchage. On dit aussi marcottage par buttage. On le pratique avec les framboisiers, cognassiers, noisetiers, figuiers, Prunus buissonnants, etc.
Il faut commencer par rabattre, à environ 20 cm du sol, la souche de la plante-mère, à l’automne (coupez toujours au-dessus d’un œil) ; puis, vous recouvrez toute la plante d’une grosse butte de terre légère d’environ 30 cm de hauteur. Au printemps, la souche va émettre de nouvelles pousses et vous butterez de nouveau au fur et à mesure du développement des rameaux, jusqu’à ce que la butte atteigne environ 50 cm de hauteur. À l’automne, la plupart des branches nouvelles seront enracinées et il vous suffira de les séparer individuellement pour obtenir de nouvelles plantes. Cette techniques du marcottage est très utilisée pour obtenir des cognassiers destinés à devenir des porte-greffe (pour poiriers).

 

Notre conseil :

attention avec les plantes à tendance drageonnante (framboisier, par exemple). Le marcottage par buttage a tendance à développer le caractère drageonnant de ces espèces. Il est meilleur, pour le bon enracinement, de remplacer la terre de buttage par un mélange de sable et de tourbe par moitié, ou tout du moins d’incorporer sable.

Techniques du marcottage d’extrémité

C’est une technique assez ancienne et pourtant efficace, que l’on ne pratique plus guère aujourd’hui (les hormones ayant bien arrangé les choses). Mais vous pouvez l’employer pour des plantes qui s’enracinent facilement ou pour des marcottes par couchage qui ne se seraient pas enracinées précédemment.
Il suffit de piquer dans le sol l’extrémité d’un rameau ligneux sur une dizaine de centimètres pour que les yeux terminaux émettent des racines. Ces techniques du marcottage donnent de bons résultats avec les cassissiers, les groseilliers à maquereau, les ronces. Il faut opérer début juin, et en octobre la marcotte peut déjà être sevrée.

Notre conseil :

choisissez de préférence des pousses de deux ans déjà bien aoûtées, matière organique bien décomposée à la terre d’origine.

Les techniques du bouturage : Partie 2

Le bouturage a bois sec

Il s’applique aux plantes ligneuses à feuilles caduques. On l’emploie donc pour des espèces aussi différentes que rosier, seringat, lilas, forsythia, vigne vierge, etc.
La période de bouturage va de novembre à mars, lorsque les plantes ont perdu leurs feuilles (d’où le terme bois sec). En général, on fait des boutures simples, mais sur certaines espèces elles se feront à talon ou en crossette.
Les boutures à bois sec sont prélevées sur les rameaux terminaux qui sont coupés entre deux yeux. Taillez toujours en biseau, a l’opposé de l’oeil, de manière que l’eau de pluie s’écoule en arrière de cet oeil et ne risque pas de le faire avorter. Les boutures à bois sec mesurent en moyenne 20 cm de long (la longueur de votre sécateur).

Bouturage à bois sec du rosier

1. Boutures préparées.
2. Réunies en bottes, les boutures sont mises en jauge.
3. Au printemps, elles sont plantées en place.

Il est déconseillé de mettre directement en place les boutures à bois sec. Il est préférable des enjauger, c’est-a-dire de les enterrer presque complètement dans une petite tranchée, en position oblique. Elles seront couvertes de sable ou de terre très légère (de la tourbe blonde, par exemple). Si vous bouturez plusieurs espèces en même temps, mettez chaque groupe de boutures en petites bottes étiquetées afin qu’il n’y ait pas de risque de confusion. L’emplacement de la jauge sera choisi au pied d’un mur orienté vers le nord, ou le long d’une haie, dans un endroit mi-ombragé. Si vous habitez une région froide, ou que vous craigniez des températures assez basses, vous pouvez couvrir la culture d’un lit de feuilles mortes, de paille, ou d’un tunnel en plastique.
Les boutures ne s’enracinent réellement qu’au printemps, a partir de la mi-mars. La solution la plus simple consiste a creuser une petite tranchée (aidez-vous d’un cordeau pour aller bien droit), bien verticale, de la profondeur d’un fer de bêche. Epandez un lit de tourbe au fond de la jauge et placez les boutures, adossées a la paroi de la tranchée, de manière qu’elles soient enterrées au moins aux 3/4 de leur longueur (et jusqu’aux 4/5). Il suffit qu’un oeil ou deux se trouve a l’extérieur. Chaque bouture sera espacée de sa voisine de 15 cm environ.

Notre conseil :

trempez la base de vos boutures dans du pralin (mélange organique préconisé pour la plantation des arbres a racines nues et des rosiers), cela facilite sensiblement leur reprise. Prévoyez également un tunnel en plastique pour hater l’enracinement et protéger des gelées tardives.

Le bouturage herbacé

C’est certainement le plus délicat à réussir, notamment pour les arbustes. Si vous ne disposez pas d’une serre à multiplication (parfois seulement un bac couvert muni d’une résistance chauffante), il vaut mieux réserver cette technique aux plantes à massifs (géraniums, fuchsias, impatiens, etc.) et aux plantes vivaces ou a tubercules (en particulier dahlias et cannas).
La période idéale du bouturage herbacé va de mars à mai. On peut toutefois réussir très facilement les boutures de géraniums en septembre-octobre.
Vous devez attendre que les pieds mères (qui ont hiverné sous abri) aient produit de nouvelles pousses afin de pouvoir prélever les boutures. Pour ce faire, on conseille de «mettre en végétation»les plantes, vers fin janvier ou le début février, en les plaçant dans une serre tempérée (ou une véranda chauffée à 15° environ). Si vous ne possédez pas cette installation, vous pouvez placer vos pieds mères dans une pièce très lumineuse, de préférence sur la plaque de protection d’un radiateur afin qu’ils bénéficient d’un chauffage de fond. La végétation est alors très rapide.

Bouturage herbacé du chrysanthème

1. Courant février, prélevez les boutures.
2. Habillez le feuillage.
3. Enduisez la base d’hormones.
4. Plantez dans un mélange de sable et de tourbe.

Lorsque les jeunes pousses disposent de 5 à 6 feuilles, détachez-les avec un petit talon (pour les dahlias), ou en boutures simples (pour les géraniums). Utilisez un greffoir bien affuté ou une lame de rasoir.
Habillez votre bouture, c’est-à-dire débarrassez-la des feuilles de la base (sur la moitié de sa longueur au moins) et supprimez une portion du limbe (partie charnue) des feuilles restantes. Cette technique a pour but d’éviter l’évaporation et la transpiration excessive et donc d’empêcher la bouture de faner rapidement. Pour les plantes à grosses feuilles, comme le géranium, vous pouvez retirer la moitié et même les deux tiers du limbe sans que cela vous pose de problèmes.
Piquez ensuite vos boutures dans des pots individuels ou une terrine assez profonde de manière à enterrer toute la partie dénudée jusqu’aux premières feuilles.
(Avec ce type de plantes, les hormones ne sont pas nécessaires, mais vous pouvez tenter l’expérience.) L’idéal consiste à placer toutes les boutures empotées dans une couche à multiplication (avec chauffage de fond) qui entretiendra une hygrométrie élevée. II existe aujourd’hui dans le commerce des «maxi-miniserres» à dôme de grande hauteur qui conviendront fort bien et cela pour un investissement modique.
Avec ce type de bouturage, il faut utiliser un substrat extrêmement poreux composé de 50 % de sable (pas trop fin) et 50 % de tourbe blonde ou d’un mélange par tiers de sable fin, tourbe blonde et Vermiculite (ou Perlite).

Notre conseil :

n’adoptez cette technique qu’avec prudence, si vous êtes bien équipé et si vous disposez d’un savoir-faire suffisant. Les boutures d’automne (avec une technique identique, mais sans nécessité de chauffage) vous procurent d’aussi bons résultats en vous donnant beaucoup moins de mal. Dans ce cas bien sur, il faut attendre une saison complète pour les faire.
En revanche, si vous êtes vraiment bien outillé (notamment si vous possédez une serre et un coffre à multiplication) vous pouvez, sans problème, utiliser cette technique de bouturage herbacé pour la plupart des arbustes. Mais, dans ce cas, l’emploi d’hormones est obligatoire.

Le bouturage demi-aoûté

C’est la technique la plus répandue pour multiplier les arbustes à feuillage persistant, ainsi que les conifères à feuilles plates (thuya, Taxus, cyprès de Leyland, etc.).
La période idéale, du 15 août au 15 septembre, est l’époque où les jeunes pousses passent de l’état herbacé (feuillage vert et tendre) au stade ligneux (bois). Le secret de la réussite de ce bouturage c’est la longueur des boutures. Les boutures doivent être courtes (10 cm en moyenne), ce qui limite les possibilités de fanaison.

Bouturage demi-aoûté du laurier

1. Habillez les feuilles en coupant les 2/3 du limbe.
2. Plantez la bouture jusqu’aux feuilles.
3. Arrosez avec un pulvérisateur.
4. Exemples de boutures de différents arbustes.

L’habillage joue également un grand rôle, notamment si vous ne disposez pas d’installation particulière. En supprimant une partie du limbe des feuilles, vous donnerez à vos plantes un délai de survie beaucoup plus long.
Les boutures sont prélevées avec talon ou en boutures simples, suivant les espèces et elles doivent être repiquées aussitôt que possibles.
Il est très important que la moitié au moins de la bouture soit enfoncée dans le compost. Plus la partie enterrée est grande (en proportion) plus vos chances de réussite augmentent. Prudence oblige : utilisez presque systématiquement des hormones. Une terrine assez creuse peut suffire, ou encore des godets de tourbe ou de plastique. Vous pouvez serrer les boutures en les mettant à 5 cm les unes des autres.
Utilisez un compost moitié sable fin et moitié tourbe, ou du terreau fin et léger avec de la vermiculite ou de la perlite. Arrosez abondamment (il faut que l’eau filtre à travers le compost), et couvrez immédiatement votre culture, soit avec un dôme en plastique pour les terrines spécialement prévues à cet effet, soit avec un film en plastique que vous isolerez des boutures avec un arceau en fil de fer.
Il est bon que la culture soit « à l’étouffée », c’est-à-dire ne supposant aucune circulation d’air. Donc fermez le châssis ou attachez bien le film en plastique, avec un élastique autour du pot, en veillant à ce qu’il ne soit pas troué. Une condensation assez importante doit se former sur les parois, signe que l’humidité est suffisante. Placez votre culture dehors, dans le jardin, de préférence à mi-ombre (sous un arbre ou au pied d’une haie). Il faut que la luminosité soit bonne mais attention au soleil direct. Tant que vous ne constatez pas de perte de condensation, il est inutile d’arroser, la culture vit en circuit fermé. Après une semaine, ouvrez quand même la couverture pour vérifier l’état de vos boutures. Elles ne doivent pas avoir bougé, conservant leur feuillage bien vert. Il est normal qu’elles ne poussent pas davantage. Éliminez les boutures noircies ou jaunies et celles qui ont perdu leurs feuilles, puis recouvrez. Il faut environ 45 jours (un mois et demi) pour que l’enracinement soit effectif. Pendant toute cette période les boutures resteront sous abri, recevant de l’eau de temps en temps.
La reprise se manifeste par une timide volonté de se développer. Les feuilles semblent grossir légèrement et les yeux axillaires s’allongent (ils vont devenir les ramifications de la plante). À ce moment, vous pouvez découvrir votre culture pour qu’elle s’aère bien, replaçant le châssis ou le plastique la nuit pour éviter que les toutes jeunes plantes souffrent du froid. En hiver, enterrez le pot dans le sol (cela le protège bien du froid) ou abritez la terrine dans un châssis ou sous un tunnel).
Ce n’est qu’au printemps suivant que les boutures doivent être dépotées pour être cultivées soit dans un carré de pépinière au jardin, soit en pots. Cette dernière technique est préférable pour favoriser au maximum l’enracinement. Chaque nouvelle plante sera mise dans un godet de 8 cm de diamètre. Il faut supprimer la moitié de la racine principale (pivot) si elle est très importante.

 Notre conseil :

ne soyez pas trop pressé de rempoter vos boutures. Certaines espèces s’enracinent très lentement et demandent parfois une bonne partie du printemps pour reprendre totalement. Attendez donc que la végétation soit bien démarrée, avec le développement d’une petite pousse nouvelle de 3 à 5 cm de long, pour effectuer cette transplantation.

 

Multiplication des plantes ligneuses

multiplication , mimosa
mimosa

On entend par plantes ligneuses toutes les espèces ayant des parties en bois (souche, branches, tronc, etc.). Sont donc inclus parmi les plantes ligneuses des arbustes, des arbrisseaux, des arbres, des conifères, des plantes grimpantes et certaines plantes plus petites appelées sous-arbrisseaux (comme la pervenche) qui sont une transition entre les plantes vivaces herbacées et les arbustes.
La plupart des plantes ligneuses sont relativement difficiles à multiplier. Certaines requièrent une technique « de haut vol », comme certains greffages, d’autres sont lentes à reprendre ou à se développer. C’est ce qui explique leur prix relativement élevé chez les pépiniéristes.
En tant qu’amateur, il faut faire preuve de patience et considérer ces tentatives de multiplication comme des expériences passionnantes et non comme une véritable volonté de faire des économies sur une culture. Se dire que l’on va faire des boutures de thuya pour entourer son jardin est une vue de l’esprit. Il y a beaucoup trop de risques en cours de culture. En revanche, essayer de multiplier cette même plante afin de « boucher » certains trous dans la haie ou de l’agrandir un peu est sans aucun doute plus raisonnable.
Nous vous proposons de découvrir ici les méthodes les plus efficaces de propagation des plantes ligneuses, celles qui ont fait leurs preuves auprès des professionnels. Mais rien ne vous interdit d’essayer «d’inventer» de nouvelles techniques, et tant mieux si cela réussit…

Multiplication par semis

C’est une méthode de multiplication encore assez utilisée pour les arbres (uniquement les espèces, pour les variétés il faut le plus souvent greffer). La stratification des graines est presque une obligation (soit dans de l’eau, soit dans du sable). Ensuite il faut faire preuve de patience, car la croissance est, généralement, d’une lenteur désespérante. Le principal avantage du semis, c’est qu’il permet, à partir d’un investissement minimal (un sachet de graines d’arbres coûte une vingtaine de francs), d’obtenir une grande quantité de plantes.
Le principal inconvénient c’est l’obtention d’une population hétérogène avec des sujets plus ou moins biscornus, d’une vitesse de croissance variable et qui peuvent présenter une différence notoire dans leur port ou leur aspect.

Multiplication par bouturage

C’est la technique la plus utilisée pour propager les arbustes et même certains arbres ou conifères. Aujourd’hui, les techniques professionnelles permettent d’enraciner beaucoup plus de plantes que par le passé (grâce aux hormones, aux brumisations ou au brouillard).
En règle générale les arbustes à feuilles persistantes se bouturent en juillet-août (boutures demi-aoûtées) et les arbustes à feuilles caduques se bouturent en hiver (à bois sec) ou en avril-mai (bouturage herbacé).
L’avantage c’est l’obtention d’une population homogène, à croissance relativement rapide, et aussi l’investissement presque nul pour le matériau il suffit de prélever un ou deux rameaux de la plante qui vous intéresse chez un voisin).
L’inconvénient du bouturage des plantes ligneuses, c’est qu’il est parfois difficile et nécessite un minimum d’équipement (une terrine chauffante, une mini-serre par exemple).

Multiplication par marcottage

marcottage
marcottage

Il est surtout réservé aux plantes grimpantes, mais certains arbustes le subissent aussi avec succès. C’est une technique assez peu employée par les professionnels, mais qui convient parfaitement aux amateurs, car même si elle ne produit qu’un petit nombre de plantes nouvelles, elle garantit la reprise presque à coup sûr. De plus, les plantes obtenues par marcottage ne subissent pratiquement aucun contrecoup dans leur végétation et poussent rapidement dès que les racines sont formées.
L’inconvénient majeur, c’est surtout l’impossibilité de multiplier beaucoup d’espèces par cette méthode et, aussi, un certain laps de temps pour l’obtention du plant (il faut compter en moyenne six à douze mois).

Multiplication par division de touffes

Il faut avoir affaire à des arbustes drageonnants ou des souches à départs multiples pour utiliser cette méthode avec les plantes ligneuses. En revanche, les sous-arbrisseaux (pervenche, millepertuis, bruyère, etc.) s’accommodent fort bien de cette technique.
Son principal avantage est sa simplicité et la certitude d’une bonne reprise. C’est la multiplication idéale pour les débutants. Les inconvénients viennent surtout de la tendance encore plus drageonnante des plantes multipliées par cette technique, et aussi des bouleversements que subissent les plantations, puisqu’il faut arracher les pieds mères.

Multiplication par greffage

C’est la technique adoptée pour propager les variétés (feuillages colorés, ports particuliers) des arbres, conifères, et même souvent arbustes. C’est aussi la seule bonne méthode pour multiplier les variétés modernes de rosiers.
Différentes méthodes seront utilisées parmi celles présentées au chapitre greffage page 31). La difficulté consiste au départ à disposer d’un porte-greffe compatible et bien formé. La technique la plus simple c’est de semer des graines de l’espèce type pour obtenir des francs et, ensuite, de prélever les greffons sur la variété à multiplier, puis faire l’assemblage. Vous trouverez aussi dans le commerce de plus en plus de jeunes plants (en pots) qui peuvent faire d’excellents porte-greffe (notamment chez les conifères).
L’avantage du greffage c’est le grand éventail des possibilités offertes pour créer des formes originales et modeler une plante à volonté. Chez les plantes ligneuses, il donne aussi un surcroît de vigueur et améliore la longévité.
En revanche, les inconvénients sont dus, essentiellement, à la difficulté de la technique et aux nombreuses incompatibilités entre porte-greffe et greffons qui compromettent l’assemblage.

À chaque plante sa technique de multiplication

Voici, plante par plante, les techniques de multiplication et les conseils pour réussir la multiplication des plantes ligneuses du jardin d’agrément.

Abies (conifère connu sous le nom de sapin)

Abies
Abies

Il est surtout multiplié par semis. Le greffage est nécessaire pour obtenir des variétés à feuillage bleu ou port pleureur. Le porte-greffe est un semis de deux ans (Abies alba, Abies concolor, Abies nordmanniana). Utilisez la greffe en placage (par rameau détaché) en juillet-août. Laissez sous film en plastique (en mini-serre ou sous tunnel) dans un endroit assez ombragé, jusqu’au printemps suivant. Rabattez la moitié de la partie du porte-greffe située au-dessus de la greffe et palissez la jeune pousse sur l’onglet restant.

Difficulté : semis ** greffage ****

Acacia (mimosa, arbre persistant à fleurs)

mimosa
mimosa

Le greffage enfe-nte, sur un porte-greffeissude semis (deux ans), s’effectue en avril. Il permet d’habituer le mimosa aux terrains plus calcaires (dans ce cas utilisez comme porte-greffe Mimosa des quatre saisons, Acacia Retinoides) et surtout de propager les variétés à grandes fleurs. Greffez sous abri, pour faciliter la reprise. Vous pouvez aussi utiliser la greffe marcotte, en juillet, si vous trouvez des greffons sur un sujet buissonnant.

Difficulté : semis * greffage ***

Acer (érable, arbre à feuillage caduc)

Acer
Acer

Le semis est la technique la plus répandue. Semez en mars, en pleine terre et en ligne, dans un sol bien préparé. Le greffage est utilisé pour propager les espèces à feuillage coloré ou lacinié, de même que les érables à port pyramidal. Greffez en écusson à œil dormant, en été (de mi-juin à fin août), sur des porte-greffe issus de semis (1 an) de la même espèce que la variété à propager. Choisissez les greffons sur des pousses bien verticales. Évitez que l’écorce du porte-greffe ne recouvre trop le petit écusson. Des boutures à bois sec sont possibles avec Acer negundo à condition de tailler la base de la bouture en biseau allongé à l’opposé d’un œil.

Difficulté : semis **. greffage **, bouturage **

Aesculus (marronnier, arbre caduc à fleurs)

Les espèces se sèment en mars-avril après avoir fait stratifier les graines sèches. Le greffage est utilisé pour la multiplication des variétés (par exemple « Atrosanguinea » sur Aesculus Pavia, pour avoir des fleurs rouge foncé). Utilisez l’écussonnage en juin, en incisant le porte-greffe (un semis de deux ans) en croix (et non en T). Serrez vigoureusement la ligature. La greffe s’effectue de préférence en tête.

Difficulté : semis * greffage ***

Ampélopsis (vigne vierge, plante grimpante caduque)

La technique la plus efficace consiste à faire des greffes anglaises compliquées sur des boutures racinées de Parthénocissus quinque folia, en hiver. Placez les plantes à chaud pendant un mois.

Difficulté: greffage ****

Aralia (arbuste d’ornement)

Aralia
Aralia

Le bouturage de racines donne les meilleurs résultats. Coupez des morceaux de jeunes racines de la longueur d’un doigt en octobre et piquez-les dans des pots remplis de terreau et de Vermiculite sous abri. Placez la culture dans un endroit pas trop fortement éclairé. La végétation commence dès le mois de mars.

Difficulté : bouturage **

Arundinaria (bambou, sous-arbrisseau, persistant)

Cette plante drageonnant abondamment, il est facile de prélever des jeunes pousses racinées, en avril ou en septembre, et de les transplanter immédiatement à l’endroit voulu. Coupez le rhizome proprement au sécateur à deux mains (c’est souvent très dur).

Difficulté : division **

Aucuba (arbuste à feuillage persistant)

Aucuba
Aucuba

Bouturez des rameaux demi-aoûtés, en août-septembre, en choisissant des jeunes pousses latérales. Placez les pousses dans des pots assez profonds remplis de terre tourbeuse. Couvrez la culture d’un film en plastique le temps de l’enracinement (environ 45 jours). L’utilisation des hormones accroît les chances de reprise. Plantez dans un nouveau pot en avril, mettez en place la troisième année.

Difficulté : bouturage **

Berberis (épine-vinette, arbuste à fleurs persistant ou caduc)

Le semis de printemps est le plus utilisé. Les boutures demi-aoùtées en août-septembre (de préférence à talon) donnent d’excellents résultats. Le bois ne doit pas être trop tendre. Les plants bouturés sont mis dans une terrine couverte, à forte hygrométrie. Rempotez individuellement les boutures racinées en avril.

Difficulté: semis * bouturage **

Bétula (bouleau, arbre à feuillage caduc)

Pour les variétés à port pleureur, feuillage pourpre ou lacinié, le greffage est indispensable. Écussonnez à œil dormant, en août-septembre, sur des bouleaux de semis, de préférence en tête. Vous pouvez aussi employer la greffe en incrustation en mai, en choisissant comme rameaux greffons des pousses de deux ans qui sont laissées en jauge tout l’hiver. Le greffon doit avoir deux yeux. Ne pas trop serrer la ligature. La greffe doit être appliquée après avoir rabattu le porte-greffe juste au-dessus d’un œil. C’est à cet endroit que la reprise s’effectuera le mieux.

Difficulté : semis ** greffage ***

Buddleia (arbre à papillons, arbrisseau caduc)

Buddleia
Buddleia

Le bouturage de pousses herbacées en juillet (10 cm de long maximum), en terrine couverte et forte humidité, donne d’excellents résultats. Placez la culture dans un endroit ombragé. Rempotez au printemps. Il est aussi possible de réussir des boutures demi-aoûtées, en août, (à talon) prélevées sur des pousses latérales. Des boutures en plançon, prélevées sur les sujets les plus vigoureux, peuvent réussir dans les régions à climat doux.

Difficulté : bouturage **

Buxus (buis, arbuste persistant)

Le bouturage demi-aoûté en août-septembre, avec des petites pousses de 10 cm de long maximum, est une excellente méthode. Piquez les boutures dans une mini-serre contenant un mélange de sable et de tourbe. Repiquez en place au printemps. La division de touffes est une méthode courante sur les buis déjà anciens, utilisés comme bordures. Pratiquez en septembre.

Difficulté : bouturage **

Calluna (bruyère d’été, sous-arbrisseau persistant)

Le bouturage en août, sous abri, dans de la terre de bruyère ou de la tourbe acide est plus rapide. Les rameaux doivent mesurer 5 à 6 cm de longueur et être piqués à 3 ou 4 cm de distance. Enracinement en un mois.

Difficulté : semis **, bouturage

Camellia (camélia, arbuste persistant)

Le bouturage de rameaux demi-aoûtés ou le bouturage d’œil, sous abri et à forte hygrométrie est la méthode de multiplication courante. Utilisez obligatoirement des hormones, l’enracinement est assez long et délicat. Une température moyenne (15°) donne de meilleurs résultats. Le marcottage par couchage est aussi possible chez les sujets les plus buissonnants. L’enracinement est long (comptez un an et demi). Pour les variétés à fleurs doubles ou panachées, le greffage est préférable. Utilisez comme porte-greffe une bouture bien racinée ou un semis de 2 à 3 ans. La greffe se fait de côté sous écorce ou en anglaise simple, en juillet-août. Le greffon doit porter au moins deux feuilles.

Difficulté: bouturage *

Campsis (bignone, plante grimpante)

Le bouturage de racines en octobre-novembre en terrine chauffée donne d’excellents résultats. Les jeunes plants une fois développés sont empotés individuellement. Le bouturage à bois sec est possible, mais il est souhaitable que les boutures passent tout l’hiver sous abri et qu’elles soient chauffées légèrement au printemps. Vous pouvez aussi marcotter (par couchage ou à long bois) en automne et sevrer^ en fin d’année suivante.

Difficulté : bouturage **, marcottage *

Caryopteris (arbuste à feuilles caduques)

Bouturez en juillet-août en prélevant des pousses latérales semi-ligneuses de 10 cm de long, sur les plantes les plus vigoureuses. Faites raciner sous abri, de préférence dans une mini-serre. Rempotez au printemps, mettez en place définitive en novembre.

Difficulté: bouturage **

Catalpa (arbre à feuillage caduc)

Catalpa
Catalpa

Le semis est la méthode classique. Le bouturage de rameaux encore herbacés, en juillet-août, est possible en terrine chauffante (20°). Préférez les boutures à talon. Rempotez les plantes enracinées en automne.
Le greffage est employé pour les variétés à port arrondi (catalpa boule) ou à feuillage doré. Opérez en avril en fente (pour les boules) ou en écusson à œil poussant, sur des jeunes plants de semis (un an). Il est aussi possible de faire une greffe anglaise en février, juste au collet d’un jeune plant. Cette greffe doit être laissée sous abri pendant un mois. N’oubliez pas de la mastiquer.

Difficulté: semis **, bouturage *** greffage ***

Ceanothus (arbuste à fleurs, caduc ou persistant)

Ceanothus
Ceanothus

Les boutures herbacées à talon, prélevées en juillet sur les rameaux latéraux, donnent d’excellents résultats. Elles doivent mesurer 10 cm et être piquées dans une terrine chauffante (18°) remplie d’un compost de sable et de tourbe. Couvrez bien, empotez dès l’automne les pousses racinées et gardez-les à l’abri.

Difficulté : semis **, bouturage ***

Cedrus (cèdre, conifère)

Le greffage est obligatoire pour la plupart des variétés (feuillage bleuté ou doré et port pleureur). Utilisez la greffe en placage (de préférence sous forme de greffe marcotte) en mai-juin ou en septembre-octobre. On préfère Cedrus deodara comme porte-greffe.

Difficulté : semis ***, greffage ***

Chaenomeles (cognassier du Japon, arbuste à feuillage caduc)

Chaenomeles
Chaenomeles

Le semis après un an de stratification donne de bons résultats sur les espèces types. Pour les variétés à grandes fleurs, préférez le bouturage herbacé en juin ou le bouturage demi-aoûté en juillet-août, avec des pousses latérales de 10 cm de long environ. Emploi d’hormones obligatoire. L’utilisation d’une terrine chauffante augmente le pourcentage d’enracinement (comptez 60 à 70 %). Il est très facile de butter la plante en automne en couvrant les rameaux aux 3/4. Les jeunes pousses qui se développeront au printemps seront racines à l’automne ou au printemps suivant.

Difficulté : semis ***, bouturage **

Chamaecyparis (faux cyprès, conifère)

Il est assez rare de cultiver les espèces types, aussi le semis n’est utilisé que pour la production de porte-greffe. Le bouturage est la technique la plus intéressante. Préférez les boutures à talon, effectuées en juillet-août en terrine non chauffante, mais couverte. Il est possible aussi de procéder en mai avec des rameaux herbacés (bien à l’étouffée, dans ce cas). Empotez les boutures individuellement quand elles commencent à se développer. L’utilisation d’hormones est fortement recommandée.
Le greffage est souvent nécessaire pour les variétés les plus originales (feuillage doré, notamment). Il s’effectue en placage par rameau détaché, sur des jeunes sujets aussi bien en pots qu’en pleine terre, dont le diamètre de la tige est de 8 à 10 cm. Opérez de préférence en mai-juin, ligaturez et engluez, et veillez à ce que les plantes ne manquent pas d’eau. Un mois plus tard, il est possible de rabattre le sujet de moitié. Laissez un onglet pour le palissage de la jeune pousse.

Difficulté: semis **, bouturage **, greffage ****

Choisya (oranger du Mexique, arbuste à feuillage persistant)

Faites des boutures demi-aoûtées, courant août, avec des pousses latérales courtes (6 à 8 cm) que vous placerez dans une terrine chauffante contenant un mélange par moitié de sable et de tourbe. En novembre, empotez les boutures racinées individuellement et laissez-les sous abri jusqu’en mai.

Difficulté: bouturage ***

Cistus (ciste, arbuste à feuillage persistant)

Les boutures de tiges non florifères faites en juillet-août (sous châssis ou en terrine légèrement chauffée) donnent de bons résultats fidèles à la variété propagée. Maintenez la protection jusqu’à complet développement du plant.

Difficulté : semis * bouturage **

Clematis clématite, plante grimpante caduque)

Clematis clématite
Clematis clématite

Pour les variétés à grandes fleurs le bouturage en juillet-août de pousses demi-aoûtées à chaud (en terrine chauffante) donne de bons résultats. Laissez bien les plantes à l’étouffée. Utilisez des hormones et prenez garde à la pourriture (évitez de mouiller les feuilles). Enracinement en 4 à 6 semaines, empotage au printemps suivant.
Le greffage est aussi utilisé car il permet une croissance plus rapide et une floraison dès l’année suivante. Greffez en placage sur des racines de Clematis vitalba ou Clematis viticella de deux ans. L’opération s’effectue en février-mars sous abri. Le greffon porte un œil et une pousse, et il est plaqué sur un morceau de racine de 7 à 10 cm de longueur (1/2 cm de diamètre . D ne faut pas mastiquer. Enterrez la greffe dans un compost léger et mettez-la au chaud au moins 20°) pendant un mois. Ne bassinez pas le feuillage, mais laissez à l’étouffée. C’est un mode de multiplication délicat, surtout utilisé par les professionnels.
Le marcottage est possible, par couchage en pot. dans une terre très légère. Il faut vous arranger pour que la culture ne soit pas exposée aux rayons solaires directs. Marcottez au printemps et sevrez l’année suivante.

Difficulté : semis * greffage **** marcottage ***

Cornus (cornouiller, arbuste à feuillage caduc)

Cornus
Cornus

Les variétés panachées de Cornus alba se bouturent en juin. Les boutures herbacées sont placées, à l’étouffée, dans un compost de sable et de tourbe, de préférence au chaud (18°). Emploi d’hormones obligatoire.

Difficulté: semis ***, bouturage ***

Cotoneaster (arbuste à feuilles caduques ou persistantes)

Cotoneaster
Cotoneaster

Le bouturage a l’avantage de produire des plantes sur lesquelles les fruits décoratifs apparaissent plus vite que par le semis. Utilisez-le surtout pour les Cotoneaster persistants. Prélevez des boutures à talon d’une douzaine de centimètres de longueur en août-septembre (pour les espèces persistantes) ou en juin-juillet (pour les caduques). Enracinement en pot ou terrine (avec hormones) assez long. Le rempotage ne se fait qu’au printemps suivant.

Difficulté : semis **, bouturage **

Crataegus (aubépine, arbre caduc à fleurs)

Greffez en écusson à œil dormant sur un semis d’un an, en juillet-août. Pour former des aubépines sur tiges, greffez en écusson un sorbier des oiseaux (Sorbus aucuparia) sur un jeune plant d’aubépine blanche, puis au printemps suivant, greffez la variété en tête, en utilisant la greffe en fente.

Difficulté : semis ***, greffage **

Cupressocyparis (cyprès de Leyland, conifère)

Bouturage en juillet-août de pousses herbacées (10 cm de longueur maximale) en terrine chauffante et à l’étouffée, ou bouturage demi-aoûté en septembre-octobre, sans chaleur de fond. Empotage individuel au printemps. Il est conseillé d’utiliser des hormones.

Difficulté: bouturage **

Cupressus (cyprès, conifère)

Le bouturage en septembre, avec boutures à talon de 10 cm de long prélevées sur des rameaux latéraux, donne des plantes à croissance rapide et régulière. Le greffage en placage n’est utilisé que pour les variétés. Utilisez comme porte-greffe Cupressus sempervirens (notamment pour propager la variété « Stricta »).

Difficulté : semis * bouturage ** greffage ***

Cytisus (genêt, arbuste persistant à fleurs)

Cytisus
Cytisus

Le bouturage est surtout destiné à propager les variétés. Faites raciner de jeunes pousses à l’étouffée, en juillet-août, dans un mélange de sable (2/3) et de tourbe (1/3). Placez la culture dans un endroit mi-ombragé. Empotez les jeunes plantes au printemps suivant.

Difficulté : semis *, bouturage **

Daphne (arbuste à feuillage caduc ou persistant)

Le bouturage est très utilisé, notamment pour les Daphne persistants qui ont du mal à produire des graines fertiles dans certaines régions. Coupez des rameaux florifères en juillet-août (8 cm de long), piquez-les en pots remplis de sable et tourbe, avec un peu d’hormones, et laissez s’enraciner sous abri. Repiquage en pots ou en place au printemps suivant.

Difficulté: semis * bouturage **

Deutzia (arbuste à feuillage caduc)

Le bouturage à bois sec en hiver s’effectue avec les sujets les plus vigoureux. Coupez les rameaux d’extrémités, préparez les boutures et en jaugez-les au pied d’un mur au nord. Plantez au printemps. La croissance est très rapide. Pour les Deutzia les moins vigoureux, le bouturage en juin avec des pousses herbacées donne de meilleurs résultats. Il doit se faire (avec hormones) sous abri, à l’étouffée. Les boutures de juin restent en pots jusqu’à l’automne de la seconde année.

Difficulté : bouturage à bois sec * bouturage d’été **

Eleagnus (chalef, arbuste à feuillage persistant)

Le bouturage demi-aoûté, en août-septembre, est le plus utilisé. Les boutures (simples) mesurent 10 cm de long, elles sont piquées dans des pots contenant du sable et de la tourbe, et mises à l’étouffée. Habillez bien le feuillage, rempotez individuellement au printemps.

Difficulté : bouturage **

Erica (bruyère d’hiver, sous-arbrisseau persistant)

Le bouturage en juillet (avec des petites boutures à talon de 6 à 7 cm de long) est le plus utilisé. Placez la culture sous abri (non chauffé). L’enracinement se produit en un mois. Repiquage individuel en pots au printemps suivant.

Difficulté: semis * bouturage *

Euonymus (fusain, arbuste à feuillage persistant)

Tous les fusains persistants sont propagés par boutures effectuées en août-septembre, à partir de rameaux déjà bien aoûtés. Habillez bien le plant et laissez-le à l’étouffée, sans qu’il ait trop chaud. L’enracinement se fait en 6 à 7 semaines environ. Laissez la culture sous abri tout l’hiver et empotez individuellement les jeunes plantes au printemps.

Difficulté: bouturage **

Fagus (hêtre, arbre caduc)

Fagus
Fagus

Les variétés à feuillage coloré (hêtre pourpre) ou les hêtres pleureurs sont greffés sur un franc de deux ans, en fente simple ou en placage par rameau détaché, d’avril à juin. Le greffon doit être prélevé sur du bois de trois ans pour être suffisamment gros.

Difficulté : greffage ***

Forsythia (arbuste caduc à fleurs)

Le bouturage à bois sec en février avec des rameaux pris sur les pousses d’extrémité est la technique la plus simple. On l’utilise surtout pour Forsythia intermedia. Pour Forsythia suspensa (à rameaux retombants), il est préférable de bouturer en juin avec des rameaux herbacés, sous châssis, à l’étouffée. L’enracinement demande un mois.

Difficulté : bouturage à bois sec * bouturage herbacé ***

Fraxinus (frêne, arbre à feuilles caduques)

Les espèces types sont rarement utilisées au jardin. On les sème toutefois pour obtenir des porte-greffe des variétés décoratives. Les graines sont semées aussitôt après la récolte, la germination s’effectuant au printemps. Les frênes pleureurs sont greffés en fente, en tête, sur un franc de 2 à 3 ans. Opérez en avril en plaçant le greffon à l’extrémité des plus hautes tiges. La greffe en incrustation donne les mêmes résultats. Il est aussi possible d’écussonner les variétés à feuillage décoratif, en juillet, sur des francs de deux ans.

Difficulté : semis * greffage **

Fuchsia (arbrisseau ou sous-arbrisseau semi-rustique)

Les boutures d’été, en fin de floraison, prélevées sur des pousses qui n’ont pas fleuri donnent le meilleur résultat. Piquez-les dans un mélange de sable et tourbe, de préférence en godet individuel. L’emploi d’hormones n’est pas obligatoire. Placez dans une terrine couverte ou sous châssis froid. Laissez sous abri pendant tout l’hiver. Vous pouvez aussi mettre les pieds mères en végétation courant février et prélever en mars-avril les jeunes pousses qui se développent (maximum 10 cm de long). Ce bouturage herbacé doit se faire à chaud (16 à 18°) avec une forte hygrométrie.

Difficulté : bouturage d’été**, bouturage de printemps ***

Genista (genêt, arbuste persistant à fleurs)

Genista
Genista

Les boutures faites en août, dans des terrines de sable et tourbe, donnent des résultats plus rapides. Choisissez des rameaux latéraux et veillez à ce que les boutures ne dépassent pas 10 cm de long. Les jeunes plantes seront rempotées individuellement au printemps suivant.

Difficulté: semis **, bouturage *

Gleditschia (févier, arbre à feuilles caduques)

Les variétés (en particulier à feuillage coloré) sont greffées sur des francs d’un an, en écusson, en juillet. Les rameaux greffons doivent être encore herbacés avec une écorce bien verte. Ligaturez très solidement, car le développement du greffon au printemps est très vigoureux.

Difficulté: semis *, greffage ***

Hamamelis (arbuste caduc)

Le marcottage par couchage donne d’excellents résultats à condition d’être suffisamment patient, les jeunes pousses mettant deux saisons pour s’enraciner. Couchez les rameaux les plus souples en avril en les recouvrant d’une terre très humifère (du terreau forestier de surface ou un mélange de tourbe blonde et de terreau). Faites une incision sous chaque œil qui se trouve enterré, appliquez des hormones.

Difficulté : marcottage **

Hedera (lierre, plante grimpante à feuillage persistant)

Les boutures de lierre s’enracinent très rapidement aussi bien dans l’eau que dans un pot contenant une terre légère. Pratiquez de préférence au mois d’août. Veillez à ce que les plantes ne reçoivent pas d’ensoleillement direct.
Le marcottage est aussi une technique possible, car les lierres à végétation rampante s’enracinent naturellement au contact du sol. Il vous suffit donc de séparer un rameau déjà raciné pour obtenir une nouvelle plante.

Difficulté: bouturage * marcottage *

Hibiscus (arbuste à feuillage caduc)

Hibiscus
Hibiscus

Le bouturage à talon de pousses latérales non florifères, en juillet, est à préférer. Placez les rameaux dans une terrine après avoir enduit leur base d’hormones. Laissez-les à l’étouffée et au chaud (18°) pendant un mois et demi, le temps qu’ils s’enracinent. Faites hiverner sous abri, empotez individuellement en avril-mai.
Les professionnels utilisent la greffe en incrustation ou en anglaise simple sur table, au printemps, sur des porte-greffe obtenus par marcottage en cépée (en été). L’utilisation d’une serre chauffée est obligatoire.

Difficulté : bouturage ” greffage ****

Hippophae (argousier, arbre à feuilles caduques)

Hippophae
Hippophae

Vous pouvez aussi faire des boutures à bois sec, de 20 cm de long, en janvier-février, et les enterrer profondément de manière qu’un seul œil sorte du sol. Il faut, de préférence, utiliser des pieds mères jeunes et vigoureux, et toujours prélever les boutures sur du bois de l’année. Reprise supérieure à 50 %.

Difficulté: semis * bouturage *

Hydrangea (Hortensia, arbuste caduc à fleurs)

Hydrangea
Hydrangea

Le bouturage à bois sec d’Hydrangea paniculata est excellent avec des morceaux de 20 cm de jeunes rameaux coupés en janvier-février et profondément enterrés. Les hortensias à grosses fleurs se bouturent de juin à août avec des pousses herbacées de 8 à 10 cm de long environ, prélevées sur des pousses non florifères. Utilisez des hormones et placez la culture dans une terrine chauffante (18°). Empotez individuellement en novembre. Habillez bien le feuillage de manière à éviter le flétrissement.
Hydrangea petiolaris (l’hortensia grimpant) se marcotte très facilement, parfois même naturellement, par couchage au printemps. Recouvrez la partie enterrée de tourbe spongieuse. Sevrage au printemps suivant.

Difficulté: bouturage à bois sec*, bouturage herbacé **, marcottage *

Hypericum (millepertuis, sous-arbrisseau persistant)

Hypericum
Hypericum

La division est le mode de multiplication le plus simple pour les espèces couvre-sol. Pratiquez en automne ou au tout début du printemps. Remplacez les petites touffes directement en place sur un sol bien préparé. Bouturez le millepertuis arbustif avec des rameaux déjà aoûtés (d’août à octobre). Les boutures doivent avoir deux paires d’yeux, le feuillage qui accompagne les yeux est habillé de moitié. Placez en terrine couverte et empotez individuellement au printemps.

Difficulté: division *. bouturage **

Ilex (houx, arbuste à feuillage persistant)

Ilex
Ilex

Prélevez des boutures à talon, en juillet-août, de 6 à 10 cm de longueur, sur des rameaux demi-aoûtés. situés en extrémité de branches. Habillez le feuillage et n’oubliez pas d’utiliser des hormones. Placez dans une terrine contenant 2/3 de tourbe blonde et 1/3 de sable, laissez à l’étouffée. Gardez tout l’hiver sous châssis froid, empotez individuellement les jeunes pousses en avril.
Le marcottage est possible avec de jeunes plantes, par couchage au printemps dans un sol tourbeux. L’enracinement se produit en deux ans, les jeunes plantes ainsi obtenues sont souvent assez fragiles juste après le sevrage.

Difficulté: bouturage ** marcottage **

Jasminum (Jasmin, plante grimpante)

Il est facile de marcotter les plus longues pousses sarmenteuses par couchage en septembre, le sevrage intervenant l’année suivante à l’automne. Les boutures demi-herbacées prises en juillet et mises à raciner sous abri donnent de bons résultats, mais il faut prévoir de les placer dans un coffre chauffé ou une serre tempérée (minimum 7°) pendant l’hiver pour les espèces non rustiques (en particulier Jasminum officinale).

Difficulté: marcottage * bouturage ***

Juniperus (genévrier, conifère)

Juniperus
Juniperus

Les variétés les plus courantes se bouturent à talon en septembre-octobre. Enduisez la base avec des hormones et placez dans une terrine couverte, contenant un mélange de sable et tourbe par moitié. Les boutures doivent être courtes (6 à 8 cm).
Le marcottage est utilisé pour les espèces traçantes, en ramenant de la terre sableuse enrichie de tourbe autour d’une branche (pas plus de deux marcottes par plante). Opérez au printemps, sevrez l’année suivante.

Difficulté: semis **, bouturage **, marcottage **

Kerria (arbuste caduc à fleurs)

Le bouturage de rameaux herbacés en juillet ou demi-aoûtés mi-août à septembre est le procédé le plus courant. Les boutures doivent mesurer une dizaine de centimètres de longueur et être piquées dans une terrine remplie de sable et de tourbe. Mettez à l’étouffée et découvrez une fois la reprise effectuée (un mois après). Les jeunes plantes sont laissées dans leur terrine pendant tout l’hiver, sous châssis froid, puis empotées au printemps.

Difficulté: bouturage **

Labumum (cytise, arbrisseau caduc, à fleurs)

Le bouturage à bois sec est possible notamment avec Labumum X. Vossii. Prélevez les boutures de 20 à 25 cm de long, au début de mars, taillez la base en biseau très allongé à l’opposé d’un œil et badigeonnez la plaie d’hormones. L’enracinement est assez irrégulier.
La plupart des variétés à grandes fleurs se multiplient par greffage (de même que les plantes à port pleureur) sur un cytise issu de semis (un ou deux ans), en écusson, en juillet-août (pour les formes arbustives) ou en fente, en tête, en avril pour les arbres sur tige. Pour réussir la greffe en tête, il faut prévoir un œil à l’opposé du greffon, qui servira d’appel sève. Les greffons pour les greffes en fente sont prélevés à l’automne et en jaugés, complètement enterrés dans du sable pendant tout l’hiver.

Difficulté: semis ”, bouturage ***, greffage ***

Laurus (laurier-sauce, arbuste à feuillage persistant)

Bouturez à talon en août-septembre, en prenant des boutures de 10 cm sur les pousses latérales de l’année. Piquez-les dans une terrine chauffante contenant uniquement du sable de rivière. L’enracinement demande deux mois, il peut toutefois être hâté par l’emploi d’hormones. Laissez passer l’hiver sous abri et empotez individuellement en avril. La pousse est assez lente.
Le marcottage par couchage de jeunes branches basses est possible en juin-juillet, le sevrage interviendra à l’automne de l’année suivante. Faites une entaille dans le bois à l’opposé des yeux et enduisez la plaie d’hormones.

Difficulté : bouturage ” marcottage **

Lavandula (lavande, sous-arbrisseau à fleurs)

Les boutures herbacées prélevées en juin sur les jeunes pousses et mises sous verre, donnent de bons résultats si elles sont suffisamment petites (5 à 6 cm). Repiquez en godets individuels en octobre. Les boutures demi-aoûtées prélevées sur des rameaux non florifères en août-septembre mesurent 10 cm de long, elles s’enracinent bien à l’étouffée. Le repiquage en pots intervient au printemps suivant.

Difficulté : bouturage *

Ligustrum (troène, arbuste à feuilles caduques ou persistantes)

Seul le bouturage permet d’avoir des plantes de croissance régulière, intéressantes pour faire des haies (le semis possible pour les espèces donne des sujets bien trop disparates). Les boutures feuillées et aoûtées s’effectuent en septembre-octobre. avec des pousses d’extrémité (15 à 20 cm de long). Piquées dans une terrine remplie de sable et de tourbe, elles reprennent à près 100 %. Habillez bien le feuillage (1/3). Repiquage en pleine terre en avril-mai de l’année suivante les boutures à bois sec sur les espèces caduques sont piquées en pleine terre (sous tunnel en plastique, c’est plus prudent) en mars. Elles mesurent 30 cm de long et sont enterrées aux 2/3.

Difficulté: bouturage aoûte * bourrage à bois sec **

Liquidambar (arbre copalme à feuillage caduc)

Liquidambar
Liquidambar

Sur les jeunes plantes vous pouvez essayer le marcottage par couchage, en automne, mais il faut deux ans avant que les rameaux prennent racine. En revanche, la variété est parfaitement reproduite.

Difficulté: semis ** marcottage **

Lonicera (chèvrefeuille, arbuste ou plante grimpante, caducs ou persistants)

Lonicera
Lonicera

Les chèvrefeuilles grimpants se marcottent très simplement à l’automne par couchage en serpenteau ou à long bois (cette dernière technique est fort efficace). L’année suivante, sevrez. Si plusieurs parties sont enracinées, vous pouvez les séparer et utiliser chacune comme une nouvelle plante.
Les espèces arbustives ou grimpantes peuvent se bouturer très facilement, en juillet-août, avec des pousses de 10 cm de long pour les espèces persistantes, en janvier-février, avec des rameaux de 30 cm de long pour les espèces caduques. Pour le bouturage à bois sec, il est bon de prélever les boutures sitôt la chute des feuilles et de les enjauger au jardin dans du sable.

Difficulté : marcottage* bouturage aoûté* bouturage à bois sec **

Magnolia (arbre ou arbuste, à feuilles persistantes ou caduques)

Magnolia
Magnolia

Le bouturage est la technique la plus utilisée par les professionnels. Ils pratiquent souvent la bouture d’œil (une feuille et son œil) en serre, sous brouillard. Le marcottage semble la solution la plus appropriée pour l’amateur en couchant des basses branches dans un sol tourbeux, en août-septembre. L’enracinement peut demander deux saisons.

Difficulté: semis **, bouturage ****, marcottage **

Mahonia (arbuste à feuillage persistant)

Le marcottage est facile pour les petites quantités, mais il faut deux ans aux branches pour s’enraciner. Pratiquez en mai-juin, et utilisez des hormones.
Le bouturage entre juillet et septembre est possible, mais l’enracinement est fort long. Utilisez obligatoirement des hormones, et choisissez de préférence les boutures sur des pousses principales (et non sur les rameaux latéraux comme il est conseillé pour la majorité des arbustes).

Difficulté : semis ** marcottage **, bouturage ***

Malus (pommier décoratif, arbre caduc à fleurs)

Malus
Malus

Toutes les variétés sont greffées en pied, en écusson, en juillet-septembre, sur des francs de deux ans environ. Vous pouvez greffer en tête, en fente, en mars-avril, si l’écusson n’a pas repris.

Difficulté : semis * greffage ***

Nerium (laurier-rose, arbuste persistant à fleurs)

Nerium
Nerium

Le bouturage dans l’eau pendant la période de végétation, de rameaux jeunes, herbacés et non florifères, est l’opération la plus aisée pour l’amateur. Les racines apparaissent après un mois. Le bouturage demi-herbacé, en juillet, est tout à fait possible dans des pots individuels remplis d’un mélange de sable et de tourbe. Utilisez des hormones et faites raciner de préférence au chaud (dans une terrine chauffante, à 18° environ).

Difficulté : bouturage dans l’eau * bouturage -demi-herbacée **

Olea (olivier, arbre persistant)

Le bouturage à bois sec est excellent. Les boutures de 30 cm de long sont prélevées sur des rameaux de trois ans, puis stratifiées à plat complètement recouvertes de sable. Au printemps, elles sont piquées en pépinière, enterrées aux 2/3.
Le greffage est le mode de multiplication le plus utilisé, les porte-greffe sont des francs de dix-huit mois à deux ans, greffés en écusson, à œil poussant, en avril-mai.
L’olivier ayant tendance à émettre des rejets, il est parfaitement possible de séparer ces drageons à l’automne et de les mettre en place mais leur croissance n’est pas toujours excellente.

Difficulté: semis** bouturage* division **

Osmanthus (arbuste à feuillage persistant)

Le marcottage par couchage, en septembre, est très simple sur les pieds mères touffus, mais il faut souvent plus d’un an avant que les racines se développent. On préfère donc le bouturage à talon, en septembre, à l’étouffée, dans du sable et de la tourbe, en utilisant des hormones. La reprise est encore meilleure avec un petit chauffage de fond (18°).
L’hivernage des jeunes plants doit se faire sous abri très légèrement chauffé, car ils sont assez fragiles.

Difficulté: marcottage **, bouturage ***

Paeonia (pivoine, sous-arbrisseau à fleurs)

Avec les variétés très doublées formant peu ou pas de graines, le semis est rarement possible. Pour les espèces botaniques, on peut tenter l’expérience, mais une stratification pendant un an est nécessaire. Semez en septembre dans une terrine couverte, repiquez individuellement en godets en mai suivant. Les premières fleurs apparaissent sur des plantes de 5 à 6 ans.
Pour l’amateur, la division de touffes est certainement la solution la moins périlleuse, mais elle concerne surtout les espèces herbacées car les pivoines arbustives donnent assez peu de branches depuis la souche. La séparation s’effectue fin septembre.
Le marcottage est possible pour les pivoines en arbre, en maintenant bien le rameau couché au moyen de cavaliers de fil de fer. L’enracinement se produit après deux saisons. Opérez de préférence en septembre.
Le greffage s’effectue sur Paeonia lactiflora. Le porte-greffe est constitué de fragments de racines fortes de 10 cm de long, munies de leur chevelu. Le greffon est un morceau de pousse herbacée comprenant un œil. On pratique la greffe en incrustation, en août-septembre, chaque greffe étant placée en pot. Il faut planter suffisamment profondément pour que l’assemblage soit enterré, ce qui évite son dessèchement.

Difficulté: semis**, division** marcottage** greffage ****

Parthénocissus (vigne vierge, plante grimpante à feuilles caduques)

Le bouturage à bois sec en crossette ne pose pas de problème, mais il faut couper les rameaux dès la chute des feuilles et les enjauger dans du sable, pour les planter définitivement en février-mars, un seul œil émergeant au-dessus du sol. Il est également possible de faire des boutures en crossette en septembre-octobre et de les placer dans des pots individuels sous abri, elles racinent plus vite, si on dispose d’un chauffage de fond.
Les variétés à grandes feuilles comme Parthénocissus tricuspidata « Veitchii » sont greffées en incrustation en serre sur Parthénocissus quinquefolia (une bouture racinée). Le greffon est une pousse d’un an (pas trop chétive). Cette technique se pratique en février-mars, chaque greffe est empotée et mise sous abri.
Le marcottage en serpenteau donne d’excellents résultats s’il est pratiqué en octobre-novembre, après torsion des parties laissées sous terre. Le sevrage s’effectue à l’automne suivant.

Difficulté : bouturage **, greffage **** marcottage *

Paulownia (arbre à feuilles caduques)

Le bouturage de racines s’effectue au printemps. en pots individuels, avec des fragments de 10 cm (1 cm de diamètre) piqués verticalement dans un compost sableux. Placez à chaud pendant un mois.

Difficulté : semis *, bouturage **

Pélargonium (géranium, sous-arbrisseau à fleurs)

Le bouturage demi-aoûté en septembre-octobre, à la fin de la floraison, permet de rajeunir les souches et de conserver plus facilement les plantes d’une année sur l’autre. Choisissez des extrémités non florifères de 15 à 20 cm de longueur, et enterrez la tige aux 2/3 de sa longueur dans un pot rempli de sable et de tourbe. Vous pouvez utiliser des hormones, mais ce n’est pas indispensable.
Les boutures sont maintenues sous abri, jusqu’à leur mise en place définitive en mai.

Difficulté: semis ***, bouturage **

Philadelphus (seringat, arbuste à feuilles caduques)

 Philadelphus

Philadelphus

Les boutures à bois sec, de 25 cm de long, prélevées en décembre, sont mises en jauge dans du sable (vous pouvez les regrouper en bottes).
Au printemps, piquez-les en pleine terre en les enterrant aux 3/4 de leur longueur. Pousse très rapide.
Le marcottage en cépée donne d’excellents résultats. Le pied mère est rabattu à l’automne et recouvert d’une butte de terre légère (30 cm d’épaisseur). Au printemps, les jeunes pousses qui se développent vont s’enraciner dans la partie enterrée. Sevrage à l’automne suivant.

Difficulté : bouturage **, marcottage **

Picea (sapin, conifère)

Picea, sapin, conifère
Picea

Le greffage est pratiqué, pour les « sapins bleus », de côté sous écorce ou en placage, en août-septembre. Le porte-greffe est un franc de deux ans de l’espèce à laquelle appartient la variété. Il est empoté et le greffon bien attaché sans être mastiqué. Vous pouvez mettre sous film plastique individuel chaque greffe ou les placer dans un châssis bien humide. Les greffons sont toujours prélevés sur des extrémités de rameaux verticaux.

Difficulté : semis **, greffage ****

Pieris (Andromède, arbuste à feuillage persistant)

Des boutures demi-aoûtées de 6 à 8 cm de long prélevées en août et mises à l’étouffée donnent de bons résultats avec des hormones. Utilisez uniquement les pointes des rameaux bien aoûtés et surtout pas les pousses trop tendres qui périclitent rapidement. Empotez individuellement en avril-mai dans un compost acide (terre de bruyère).

Difficulté: semis * bouturage **

Pinus (Pin, conifère)

Pinus
Pinus

La quasi-totalité des Pinus se multiplient par semis. Le greffage n’est utile que pour certaines variétés, on utilise la greffe en placage, en hiver, sous abri. Le porte-greffe sera un franc de l’espèce. Il est possible de greffer de côté, sous écorce, en février-mars.

Difficulté : semis * greffage ****

Pittosporum (arbuste persistant)

Bouturez en juillet des pousses latérales de 10 cm de longueur, en terrine chauffante, et à l’étouffée. Maintenez le chauffage de fond à 18°. L’utilisation d’hormones est recommandée. de même que l’habillage de la moitié du feuillage. Empotez les jeunes plants individuellement, en octobre, et maintenez-les sous abri. Le semis en mars sous abri, après nettoyage des graines est assez long à germer, et les plants obtenus ont une croissance lente.

Difficulté: semis **, bouturage **

Platanus (platane, arbre à feuilles caduques)

Le bouturage à bois sec, de préférence en crossette, en février-mars, est le plus employé. Les boutures peuvent être prélevées en automne et mises en jauge dans du sable pour être plantées, enterrées aux 2/3, en place dans un sol léger. Le démarrage est lent, mais ensuite la pousse est très rapide.

Difficulté : semis ***, bouturage **

Polygonum (renouée, plante grimpante)

Marcottez les longues tiges au printemps et sevrez à l’automne. Vous pouvez même faire des marcottes en serpenteau tant la plante est vigoureuse. Reprise assurée.
Le bouturage à bois sec est facile avec des morceaux de rameau de 25 cm de longueur piqués dans des pots individuels placés sous abri, en novembre. Utilisez des rameaux assez vigoureux.

Difficulté: marcottage * bouturage **

Populus (peuplier, arbre à feuilles caduques)

La faculté d’enracinement de cette plante est telle, qu’il suffit de couper un rameau d’un an, une fois les feuilles tombées, et de le piquer dans le sol (enterré d’au moins 20 cm) pour qu’il reprenne dès le printemps. Ces boutures en plançons gagneront à être taillées en leur extrémité afin de mieux pénétrer dans la terre.

Difficulté bouturage *

Potentiila (potentille, arbuste à feuillage caduc)

Bouturez en juillet des petites pousses d’extrémités (6 à 8 cm) dans une terrine remplie de sable et de tourbe, bien à l’étouffée. Empotez en godets individuels en octobre. Mettez en place dès le mois de mai suivant. Le marcottage des espèces les plus buissonnantes réussit toujours. Couchez les rameaux, en octobre, et sevrez à l’automne suivant.

Difficulté : bouturage ** marcottage *

Prunus (prunier, cerisier d’ornement, Laurier du Caucase ou du Portugal. Arbres ou arbustes, caducs ou persistants)

Prunus, prunier
Prunus

Les lauriers (Prunus laurocerasus et Prunus lusitain) se bouturent, en août-septembre, à partir de rameaux de l’année de 25 cm de long dont le feuillage est habillé très court (coupez les 3/4). Piquez les boutures (avec hormones) dans des pots profonds, en enterrant au moins les 2/3 du rameau. Maintenez à l’étouffée. Repiquage en pots individuels au printemps suivant.
Pour les cerisiers et pruniers décoratifs, le greffage en écusson en juillet sur prunus avium (merisier) est à préférer. Pour les sujets pleureurs, la greffe en fente, en tête, en mars-avril donne les meilleurs résultats (même porte-greffe).

Difficulté: bouturage ** greffage ***

Pyracantha (buisson ardent, arbuste à feuillage persistant)

 Pyracantha

Pyracantha

Prélevez les boutures à talon, de 10 cm de long, en août-septembre et mettez-les en pots dans un mélange de sable et de tourbe. Placez la culture à la maison ou en serre chauffée (18°), à l’étouffée. Les boutures plus tardives (en octobre) plantées en terrine racinent bien, à condition d’être maintenues sous châssis froid.

Difficulté: bouturage **

Quercus (chêne, arbre à feuilles caduques)

Le greffage est employé pour certaines variétés. Le porte-greffe est un semis de deux ans de l’espèce type. Le greffage s’effectue, en incrustation, en juillet. Il est bon de greffer la plupart des chênes à feuillage rouge et lacinié, ainsi que les chênes verts qui tous se multiplient mal par semis. Les greffons doivent être prélevés sur du bois de deux ans.

Difficulté: semis *, greffage ****

Rhododendron (arbuste caduc ou persistant à fleurs, exemple : les azalées)

Rhododendron
Rhododendron

Le semis est juste utilisé pour l’obtention de porte-greffe ou de nouveaux hybrides. Le bouturage convient bien aux azalées et à certains rhododendrons hybrides. Pratiquez en juillet-août en prélevant des pousses d’extrémité non florifères de 10 à 15 cm de longueur. Avec la pointe du greffoir retirez un peu d’écorce (sur 3 cm environ) à la base de la bouture. Enduisez toute la plaie d’hormones. Piquez dans du sable et de la tourbe, arrosez copieusement et placez à l’étouffée, de préférence avec un peu de chauffage de fond (18°). Les professionnels utilisent beaucoup la technique de brumisation et de brouillard pour augmenter l’hygrométrie et avoir des résultats intéressants.
La reprise est toujours délicate. Laissez la culture sous abri jusqu’au printemps suivant, où les plantes reprises seront empotées individuellement (dans de la terre de bruyère légère).
Le marcottage est la meilleure technique pour l’amateur. Il doit être pratiqué avec des plantes mères déjà bien touffues. En juillet, couchez les branches basses et maintenez-les en place au moyen de piquets en bois. Couvrez de terre légère. Le sevrage interviendra à l’automne de l’année suivante, mais vérifiez bien que les racines sont sorties car c’est parfois long.
Le greffage est le mode de multiplication le plus usité par les professionnels pour la plupart des hybrides à grandes fleurs. Il s’effectue en placage, à la mi-juillet, sur des francs de rhododendron ponticum de trois ans au moins. Ces porte-greffe(en pots) doivent avoir subi plusieurs rempotages de manière à offrir un système radiculaire puissant. On ligature avec de la laine et il n’est pas nécessaire d’engluer. Une fois les greffes terminées, placez les plantes sous abri pendant un mois.

Difficulté : bouturage ****, marcottage **. greffage ****

Rhus (sumac, arbrisseau caduc)

Rhus
Rhus

Les boutures de racines prennent très bien au début du printemps, en pots et à chaud. Piquez-les verticalement. Les Rhus émettant souvent des rejets, il est très facile de les séparer en octobre, en cherchant à prélever un maximum de racines.

Difficulté: semis *** bouturage *** division *

Ribes (groseillier à fleurs, arbuste caduc)

Ribes
Ribes

Faites des boutures à bois sec vers la fin septembre. Effeuillez le rameau (il doit mesurer 25 cm) et piquez-le dans un sol léger de manière qu’il n’émerge plus qu’un seul œil. Couvrez avec un tunnel en plastique ou une cloche.
Le marcottage par couchage est également possible en juillet, en choisissant des rameaux parmi les plus florifères (sinon les plantes obtenues fleurissent mal). Sevrage à l’automne suivant.

Difficulté : bouturage **, marcottage **

Robinia (acacia, faux acacia, arbre à feuilles caduques)

Robinia
Robinia

Pour les variétés comme « Casque Rouge », il est indispensable de greffer. Vous pouvez écussonner en juillet, ou mieux faire une greffe de côté, sous écorce ou en anglaise simple, en mars-avril, sur un porte-greffe d’un an. Elle peut se faire en tête ou en pied selon la forme désirée par la suite.

Difficulté : semis **, greffage ***

Rosa (rosier, arbuste caduc à fleurs)

Le bouturage à bois sec des rosiers botaniques, anciens, voire de certaines variétés modernes se fait en décembre, pour le prélèvement des rameaux. Les boutures ont 25 cm de long et sont réunies en bottes, et mises en jauge au pied d’un mur orienté vers le nord. Elles sont piquées en place (légèrement en oblique), courant mars, espacées de 15 cm les unes des autres.
Le greffage est la méthode la plus employée. utilisez l’écussonnage, à œil dormant, en juillet-août. Pour les tiges et les pleureurs, la greffe en fente, en avril, est très valable (on greffe souvent un intermédiaire en écusson pour faire la tige).

Difficulté: semis ** bouturage * greffage ***

Rosmarinus (romarin, arbuste à feuillage persistant)

Bouturez des jeunes pousses non florifères (de préférence d’extrémité) en juillet-août. Les boutures peuvent mesurer jusqu’à 15 cm de long. La reprise est excellente en petits godets de tourbe, dans un mélange sableux. Hormones inutiles. Faites hiverner sous châssis froid.

Difficulté : bouturage *

Rubus (ronce d’ornement, plante grimpante caduque)

La division des touffes est un procédé fort simple. Opérez de préférence pendant le repos de la végétation. Il suffit d’un rejet avec quelques racines pour faire une nouvelle plante.
Le marcottage en juillet, par couchage des longues branches sarmenteuses (vous pouvez faire une marcotte à long bois), est très facile, le sevrage peut intervenir dès le printemps suivant. Les boutures herbacées prélevées en juin, de rameaux latéraux (il ne faut pas qu’ils présentent trop de moelle) constituent le moyen de propagation employé par les professionnels. Il est également possible de faire des boutures de racines en pots.

Difficulté : division * marcottage *, bouturage **

RUSCUS (fragon, petit houx, arbuste à feuillage persistant)

La division en avril est sans problème, la plante ayant une tendance naturelle à s’étendre en largeur. Conservez au moins trois pousses par touffes.

Difficulté: division *

Salix (saule, arbre d’ornement à feuilles caduques)

Salix
Salix

Tous les rameaux prélevés en hiver s’enracinent rapidement au printemps. Utilisez le bouturage en plançon, avec des tiges de 60 à 80 cm que vous taillerez en pointe pour les faire pénétrer d’au moins la moitié de leur longueur en terre. Il est bon de mettre en jauge les boutures tout l’hiver et de ne les planter qu’au printemps.

Difficulté: bouturage *

Sambuois (sureau, arbuste à feuillage caduc)

Les variétés à feuillage doré ou lacinié seront bouturées en novembre après la chute des feuilles. Il faut choisir des jeunes pousses avec le moins de moelle possible. Les boutures herbacées prises au début juillet, (à talon) et mises à raciner sous châssis donnent souvent de meilleurs résultats.

Difficulté: semis *, bouturage **

Santolina (santoline, sous-arbrisseau persistant)

La division des touffes est un procédé simple et efficace. Procédez au printemps en veillant à ne pas blesser les racines. Vous pouvez rabattre les pointes des tiges pour faciliter le redémarrage de la végétation.

Difficulté : division *

Senerio (séneçon, arbuste à feuillage persistant)

Bouturez en août-septembre, en prélevant des rameaux semi-ligneux sur les pousses latérales. Les boutures auront 6 à 8 cm de long. Piquez-les dans des pots contenant un mélange de sable et tourbe blonde, maintenez à l’étouffée. Laissez sous abri tout l’hiver. Rempotez individuellement en mai.

Difficulté : bouturage **

Skimmia ( arbuste à feuillage persistant)

Skimmia
Skimmia

Bouturez en août des rameaux latéraux de 10 cm de long, de préférence munis d’un talon. N’oubliez pas les hormones.
Repiquez en terrines en novembre et hivernez sous abri.

Difficulté : semis * bouturage **

Sophora (arbre à feuilles caduques)

Le greffage est obligatoire pour la variété à port pleureur (Sophora japonica « Pendula »). Le porte-greffe est un sophora de semis âgé de deux ans. Greffez en incrustation en mars-avril, ou en écusson en juillet-août. Placez au moins trois écussons, car la reprise est souvent délicate.

Difficulté : semis ** greffage ***

Sorbus (sorbier, arbre à feuilles caduques)

Sorbus
Sorbus

Le greffage donne des plantes beaucoup plus fructifères que le semis. Il se fait en écusson en juillet sur aubépine ou sorbier de semis. Pour obtenir des tiges, on préfère parfois la greffe en incrustation en tête, en avril. Le greffage sur franc de poirier est également possible.

Difficulté: semis **, greffage ***

Spiraea (spirée, arbuste à feuillage caduc)

La plupart des spirées formant des touffes abondantes avec de multiples rejets, la division est une méthode logique de multiplication. Opérez de préférence en mars, juste avant le départ de la végétation. Les boutures demi-aoûtées, en juillet-août, se plantent dans une terre légère, directement sous châssis froid. Utilisez des rameaux de 10 cm environ, de préférence assez tendres. Empotez au printemps suivant.

Difficulté: division * bouturage **

Symphoricarpos (symphorine, arbuste à feuillage caduc)

La division de touffes est un procédé intéressant pour l’amateur. Opérez en automne, en séparant les plus jeunes rejets de la plante-mère. Si les pousses sont petites, cultivez-les en pots pendant un an.

Difficulté: semis * division *

Syringa (lilas, arbrisseau à feuillage caduc)

Syringa
Syringa

Le marcottage aérien est un procédé très accessible pour l’amateur. Incisez l’écorce et maintenez la fente ouverte par une petite allumette, enduisez de poudre d’hormones et enveloppez cette partie dans un manchon de mousse humide maintenu par un sac plastique. Opérez au printemps et sevrez à l’automne. L’avantage c’est que les lilas ainsi obtenus drageonnent peu.
Le bouturage est possible entre mai et août, mais il faut disposer d’un système de brumisation (mist system) ou de brouillard (Fog) car les plantes ont besoin d’une forte hygrométrie. Hormones obligatoires.
Le greffage est la technique la plus employée pour propager les variétés à grandes fleurs. Écussonnez à œil dormant sur le lilas de semis, ou troène, début juillet de préférence. Le diamètre du porte-greffe ne doit pas dépasser un centimètre. Posez l’écusson à 10 cm du sol et couvrez complètement la greffe en la buttant avec de la terre légère qui sera laissée 10 jours en place. Travaillez par temps sec.

Difficulté: marcottage ** bouturage ****, greffage ***

Tamarix (tamaris, arbuste à feuillage caduc)

Bouturez à bois sec en février-mars, en utilisant des rameaux d’un demi-centimètre de diamètre. Mélangez du sable à la terre d’origine. Laissez en place jusqu’au printemps suivant, époque à laquelle les plantes sont arrachées et mises en place définitive.

Difficulté: bouturage à bois sec *

Taxus (if, conifère)

Les boutures à talon poussent plus vite. Elles sont réalisées en août-septembre. Les rameaux mesurent 8 cm de long maximum et sont piqués dans une terrine chauffante. Ils passent tout l’hiver à 15 ou 16°, avec une bonne hygrométrie, et s’enracinent au printemps. L’emploi d’hormones est nécessaire.

Difficulté: semis ** bouturage ***

Thuya (conifère)

Le bouturage demi-aoûté en août-septembre donne des plantes plus régulières. Préférez les boutures à talon, de préférence, sur des pousses verticales d’extrémité. Elles doivent mesurer 10 à 15 cm. Laissez-les dans une terrine bien couverte pendant 45 jours environ, le temps qu’elles s’enracinent. Hivernez sous châssis froid, empotez individuellement au printemps suivant.

Difficulté: semis **, bouturage **

Tilia (tilleul, arbre à feuillage caduc)

Le greffage est très employé pour propager les variétés. Utilisez comme porte-greffe des francs de Tilia platyphylla âgés d’un an. Écussonnez en juillet-août.

Difficulté : semis **, greffage ***

Ulmus (orme, arbre à feuillage caduc)

Ulmus
Ulmus

On ne multiplie plus guère les ormes en raison de la maladie qui les frappe (graphiose). Vous pouvez marcotter en septembre, en couchant les jeunes branches basses, et en les maintenant solidement dans le sol. Il faut deux ans pour que l’enracinement soit bon.
Le bouturage de racines (assez fines) est possible en février-mars, sous abri. Les fragments de 6 à 7 cm de long sont piqués verticalement en pots contenant un mélange de sable et de tourbe. Couvrez d’un film en plastique après avoir bien arrosé. Les premières pousses apparaissent après un mois et demi.

Difficulté: marcottage **, bouturage ***

Viburnum (viorne, boule de neige, arbuste à feuillage caduc ou persistant)

Viburnum
Viburnum

Le bouturage, en août-septembre, des espèces à feuillage persistant ne pose pas de problème, en prélevant des boutures à talon de 10 cm sur des rameaux latéraux. Laissez à l’étouffée un mois. Les boutures d’œil donnent de bons résultats avec les espèces à feuillage caduc. Coupez les yeux avec deux cm de bois, entaillez en dessous et posez dans un pot contenant du sable et de la tourbe ou en terrine, de préférence, chauffante.
Le marcottage en juin est la méthode la plus aisée pour les amateurs. Couchez les rameaux souples et couvrez-les de terreau. Sevrez en mai suivant.

Difficulté : semis *** bouturage *** marcottage *

Vinca (pervenche, sous-arbrisseau persistant)

La division est très facile, les touffes étant souvent assez fortes et émettant beaucoup de rejets. Opérez en automne ou au début du printemps.
Les plantes ont aussi tendance à marcotter naturellement, il est donc aisé de se procurer des rejets.

Difficulté: division * marcottage

Weigela (weigelia, arbuste à feuillage caduc)

Les boutures à bois sec s’enracinent surtout en terrine chauffante. Elles doivent mesurer 25 cm de long. Le pourcentage de reprises est moins bon que pour les boutures herbacées réalisées, en juin, en terrine couverte (avec une forte hygrométrie). Laissez la culture telle qu’elle pendant une année et empotez individuellement au printemps suivant.

Difficulté: bouturage à bois sec ** bouturage herbacé *

Wisteria (glycine, plante grimpante à feuilles caduques)

Le marcottage à long bois ou en serpenteau est un procédé simple et efficace. En mars, couchez un rameau d’un an dans un sol léger, et sevrez en automne. Le marcottage à long bois donne un ensemble de pousses racinées qu’il faut diviser avant de les mettre en pots, et leur faire passer l’hiver sous châssis froid.
Le greffage en anglaise sur fragment de racine est une méthode à réserver aux professionnels.

Difficulté: marcottage **, greffage ****

Yucca (arbuste à feuillage persistant)

Yucca
Yucca

La division des touffes au mois d’octobre-no-vembre est très facile. Vous pouvez aussi prélever les nombreux rejets qu’émettent les plantes adultes. Les rhizomes étant très charnus, il est bon de les protéger par un mastic cicatrisant pour qu’ils ne risquent pas de pourrir au moment de la reprise. Si les racines sont peu abondantes, sur les rejets, liez les feuilles ensemble, et placez la jeune pousse en pot couvert par -on film en plastique.

Difficulté : division * bouturage **

Multiplier des arbres fruitiers

En dénichant chez un voisin, un parent ou même dans votre propre jardin une variété qui vous enchante, il sera souvent plus facile de la multiplier vous-même que de courir les pépinières de France et de Navarre à la recherche de cet oiseau rare (surtout si vous n’en connaissez pas le nom). L’important, en matière d’espèces fruitières, c’est donc de pouvoir transmettre fidèlement la variété désirée.

N’oublions pas que le fait de multiplier soi-même une plante signifie économie (surtout si vous avez l’intention de faire une plantation conséquente). En vous débrouillant bien, l’obtention de tout un verger ne devrait pas vous coûter un sou. En prélevant quelques boutures (pour les petits fruits) chez un voisin ou des greffons ici et là, en utilisant les pépins ou les noyaux des fruits que vous consommez, vous devriez disposer gratuitement de tout le « matériel » nécessaire à la multiplication.

Le semis

Cette technique ne permet pas d’obtenir à coup sûr la variété que l’on désire propager. Vous devez simplement utiliser le semis dans le cas d’une hybridation et, surtout, pour obtenir des plants porte-greffe (des francs).

Les fruitiers qui se sèment

Certaines espèces fruitières parmi les moins élaborées parviennent à donner des fruits corrects à partir d’un semis (surtout cognassier, figuier, Kaki, noisetier, néflier, châtaignier, voire noyer et amandier). En semant ces plantes, vous n’obtiendrez pas de fructification avant 4 à 5 ans, mais les plantes seront vigoureuses et bien adaptées aux conditions de sol et de climat.

Le bouturage

Aucun des arbres fruitiers habituellement cultivés (excepté le figuier et le grenadier) ne parvient à se multiplier à partir de boutures. Cette technique est essentiellement réservée aux arbustes à petits fruits : groseillier, cassissier, framboisier, ronce (mûre).
Se bouturent aussi Actinidia (kiwi), noisetier et vigne. Pour cette dernière, il est fortement déconseillé de le faire en raison des risques d’attaques de phylloxéra (seul le greffage sur des porte-greffe résistants est valable).
Les boutures d’arbustes fruitiers se font en hiver (à bois sec). Pour l’Actinidia, la technique est plus délicate et nécessite un abri.

Le marcottage

Les espèces fruitières pouvant se multiplier par marcottage sont limitées à celles possédant des rameaux souples (Actinidia, ronce et vigne) ou des facultés drageonnantes importantes (framboisier, noisetier, groseillier, cognassier).

La division de touffes

Elle ne peut se pratiquer que sur les plantes buissonnantes ou herbacées. La technique de séparation des touffes est surtout utilisée pour les fraisiers que l’on peut diviser ou propager en coupant les stolons. C’est une méthode possible également sur les noisetiers et les framboisiers. Comme pour le marcottage, les plantes ont tendance à devenir encore plus drageonnantes par la suite. Attention aussi aux risques de dégénérescence (assez fréquents chez les fraisiers).

Le greffage

C’est la seule méthode vraiment valable pour propager les arbres fruitiers classiques (abricotier, agrumes, cerisier, pêcher, poirier, pommier, prunier et vigne). À part la vigne que l’on greffe en Anglaise sous abri en hiver, toutes les autres espèces fruitières se multiplient par écussonnage à œil dormant, entre juillet et septembre. Commencez par les arbres à noyaux pour terminer par les pommiers et les poiriers.
Choisissez bien votre porte-greffe en fonction de la forme qui sera donnée ultérieurement à l’arbre. Un euro par exemple pour les formes demies et hautes tiges, voire les fuseaux. Mais pour faire des palmettes et autres formes plates, il faudra un porte-greffe moins vigoureux et bien adapté que seuls les pépiniéristes spécialisés pourront vous fournir.
Tous les autres techniques de greffage (notamment la fente, la couronne et l’incrustation) sont couramment utilisés pour les arbres fruitiers, surtout quand il s’agit de réaliser des tiges vigoureuses ou de surgreffer des plantes improductives.

À chaque plante sa technique

Voici, plante par plante, des conseils pour réussir à multiplier les espèces fruitières.

Abricotier

Greffez en écusson, à œil dormant, (en pied) en juillet-août sur abricotier franc (de semis) pour le sud de la France, sur prunier franc, pour le nord, ou sur amandier franc pour les terres caillouteuses et pauvres dans certaines régions du Midi. Placez l’écusson à l’opposé des vents dominants (notamment dans les régions soumises au Mistral).

Difficulté : greffage **

Actinidia (kiwi)

Multiplier, Actinidia (kiwi)Le marcottage par couchage au printemps est la technique la plus facile. Les plantes obtenues sur des pieds femelles donnent des femelles et pour les pieds mâles des mâles. Les boutures herbacées sous abri chauffé donnent de bons résultats et constituent la méthode de propagation habituelle utilisée par les pépiniéristes. Les hormones sont obligatoires, de même qu’une forte hygrométrie. Attention à ne pas utiliser du bois trop dur qui forme des cals empêchant l’émission des racines.

Difficulté : marcottage ** bouturage ***

Agrumes (oranger et citronnier)

Greffage obligatoire des variétés à gros fruits sur citronnier franc ou bigaradier (orange amère). L’écussonnage à œil poussant (sur les petits sujets), en avril, donne de très bons résultats de même que la greffe en fente (en septembre ou en avril) pour les plantes un peu plus grosses. Prélevez de préférence des greffons sur des rameaux de deux ans. Opération à réaliser obligatoirement sous abri, ailleurs que dans les régions méditerranéennes.

Difficulté : greffage ***

Amandier

Semez au printemps après avoir stratifié les graines tout l’hiver dans du sable humide. Repiquez très tôt (au stade des deux cotylédons bien apparents) en petit godet après avoir coupé le tiers de la racine principale (pour favoriser l’apparition de racines latérales). Mettez en place en automne. Les plantes peuvent alors être greffées (si le plant n’est pas très fort, il est bon d’attendre l’année suivante) en écusson, ou bien laissées libres de se développer (mais vous risquez d’avoir des amandes amères).

Difficulté: semis *, greffage **

Cassissier

Multiplier, CassissierDès le début de la chute des feuilles (début octobre) prélevez des boutures à bois sec sur les rameaux d’un an. Elles sont coupées de part et d’autre d’un œil et mesurent 20 cm de long environ. Plantez-les immédiatement, enterrées des 3/4, dans une terre bien ameublie et contenant du sable. Laissez en place jusqu’à l’automne suivant, à cette époque les plantes seront espacées à 60 cm les unes des autres et rabattues au ras du sol pour favoriser leur ramification au printemps.

Difficulté : bouturage *

Cerisier

CerisierSeul le greffage permet la propagation des variétés fruitières. Écussonnez fin juillet, début août (en pied ou en tête) ou greffez en fente ou en incrustation en avril ou en septembre. Pour les bonnes terres et le nord de la Loire, préférez comme porte-greffe un cerisier franc d’un ou deux ans. Pour les bigarreaux et les cerisiers hautes tiges, de préférence en sol léger et climat doux, le merisier (de semis) est à préférer (cerisier sauvage). Pour les sols calcaires et pauvres, on préfère parfois le Prunier Sainte-Lucie (Prunus mahaleb) qui est moins vigoureux et conviendra pour les formes plus petites comme les fuseaux ou les quenouilles.
Notez que la greffe en écusson, produisant une plaie plus petite, se soude généralement mieux et évite les problèmes d’éclatage du bois rencontrés fréquemment sur les arbustes de 8 à 10 ans.

Difficulté : greffage **

Châtaignier

ChâtaignierLe semis est la méthode la plus facile pour l’amateur, mais les châtaignes obtenues sont souvent de petite taille. Faites stratifier les graines tout l’hiver dans du sable en prenant soin de placer des appâts pour les souris sur toute la surface de la terrine qui contient les châtaignes. Vous pouvez aussi semer sitôt la récolte, mais il faut alors enrober les châtaignes dans un produit répulsif (par exemple une huile de traitement d’hiver) pour que les rongeurs ne les mangent pas. Le pourcentage de germination dépasse rarement 60 %.

Pour les variétés fruitières (à gros fruits comme Nouzillard par exemple), on fait un greffage d’hiver en anglaise compliquée ou en incrustation. Le porte-greffe est un semis de deux ans, mis en pot, de préférence une race résistante à la maladie de l’encre comme les châtaigniers d’origine japonaise ou le Castanea mollissima.

Difficulté : semis * greffage ****

Cognassier

Le semis au printemps, après stratification des graines pendant tout l’hiver, est encore la méthode la plus simple. La germination est lente et assez irrégulière. Il est également possible de greffer certaines variétés (Monstrueux de Vranja, par exemple) pour obtenir des fruits plus gros et une récolte plus abondante. Il faut de préférence greffer sur poirier franc ou sur aubépine (dans les régions non touchées par le feu bactérien) en écusson à œil dormant courant septembre, ou en fente (surtout sur aubépine).
Le marcottage par buttage après avoir rabattu complètement la plante au ras du sol, donne d’excellents résultats. Utilisez une terre très légère. Le marcottage s’effectue en février-mars, le sevrage en novembre suivant.

Difficulté: semis **, greffage ***, marcottage *

Figuier

FiguierSeules sont utilisables les graines fécondées par un petit hyménoptère qui dépose ses œufs dans les inflorescences femelles (uniquement dans les régions méditerranéennes). Semis en pot ou en terrine sous abri dès la récolte des graines. Les plantes obtenues donnent généralement des fruits de petite taille.
Le bouturage en crossette (la crossette devant être pris sur du bois de deux ans), fin novembre, est la méthode la plus facile pour l’amateur. Mettez les boutures en stratification dans du sable pendant tout l’hiver, et piquez-les en place fin mars. Si vous disposez d’un coffre à multiplication chauffant, vous pouvez effectuer ce bouturage en juillet-août.
Pour les rameaux les plus souples se développant à la base, il est possible d’effectuer un marcottage par couchage (en pot), en février-mars. Le pot doit contenir un mélange riche à base de terreau de fumier et de tourbe. Sevrage en novembre.

Difficulté : semis ** bouturage **, marcottage **

Fraisier

FraisierLa séparation de stolons est l’opération la plus simple qui soit. Elle peut se faire pendant tout l’été, en prenant soin d’habiller les feuilles et les racines pour que la reprise soit meilleure. Arrosez copieusement et utilisez une terre enrichie de terreau qui retiendra mieux l’humidité. Paillez immédiatement (avec un film en plastique noir). Il faut éviter d’utiliser cette méthode pendant plus de trois ans de manière à ne pas propager les maladies à virus très fréquentes sur ces plantes.
Pour les variétés résistantes aux virus, il est possible de diviser les grosses touffes à l’automne en séparant les racines. Cela stimule bien la végétation au printemps.

Difficulté: division *

Framboisier

Le drageonnage est la technique la plus simple, le framboisier ayant tendance à développer de nombreux rejets. Utilisez de préférence les pousses les plus jeunes (celles de l’année) que vous détachez de la plante-mère entre novembre et février. Ne choisissez que les rejets les plus vigoureux. La transplantation doit être immédiate.
Il est également possible de diviser les vieilles touffes. Éliminez alors le plus vieux bois et ne conservez que les pousses les plus jeunes. Pour rajeunir les plantations, il serait bon de pratiquer cette technique tous les 5 à 6 ans environ.
Les boutures de racines effectuées en hiver en pots (dans un mélange, par moitié, de sable et de tourbe) donnent de bons résultats. Conservez-les sous abri non chauffé (tunnel en plastique) jusqu’au printemps, date de leur mise en place définitive.

Difficulté: drageonnage * bouturage **

Grenadier

Le bouturage des grenadiers arbustifs est assez fréquemment utilisé par les professionnels. Ils font des boutures semi-herbacées, sous brouillard, en juin-juillet. Cette technique est difficile à maîtriser par un amateur. Il est alors plus simple de semer en mars-avril (à chaud) pour obtenir des plants qui seront éventuellement greffés en écusson à œil dormant, en septembre. La culture de plantes issues uniquement de semis donne souvent des grenadiers assez peu productifs, d’où l’intérêt du greffage.

Difficulté : bouturage **** semis * greffage **

Groseillier

GroseillierQue ce soit un groseillier à grappes ou un groseillier à maquereau, il est facile de faire des boutures à bois sec de 15 à25 cm de longueur que l’on enterre profondément (laissez seulement deux yeux dépasser), en les inclinant légèrement, dans une terre sableuse, en novembre. Repiquez les boutures en avril dans un carré de pépinière, ne mettez en place qu’au printemps de la seconde année.

Difficulté: bouturage à bois sec *

Kaki

KakiCe n’est pas une plante très facile à multiplier pour un amateur. Essayez le semis. Récoltez les graines sur des fruits blets. Nettoyez-les pour les débarrasser de la pulpe, séchez-les et placez-les en stratification dans du sable humide. Semez en mars, à chaud, dans une terrine couverte et repiquez assez tôt en petits pots individuels. L’inconvénient c’est que les fruits produits sur des arbres issus de semis sont peu nombreux et de taille moyenne. Germination assez longue et irrégulière.
Le greffage en écusson en juin est possible sur des porte-greffe issus de semis et cultivés en pots (reprise moyenne), il permet de propager les variétés à gros fruits.

Difficulté : semis **, greffage ****

Néflier

Semis des graines prélevées sur des fruits bien mûrs, en automne. Mettez la semence en terre immédiatement après la récolte, de préférence dans des pots contenant un mélange de sable, tourbe et terreau par tiers. Levée capricieuse. Repiquez les jeunes plants en avril-mai (quand ils ont 5 à 6 cm de hauteur), en godets individuels, après avoir habillé les racines (coupez un quart du pivot).
Les rares variétés fruitières (de Hollande, ou Précoce de Nottingham, par exemple) doivent être greffées en écusson en septembre sur des francs d’aubépine. On obtient ainsi des plantes plus précoces et d’une bien meilleure longévité.

Difficulté : semis **, greffage ***

Noisetier

Le marcottage par buttage au printemps est la technique la plus facile. Recouvrez la souche d’un noisetier au printemps d’une butte de terre légère (sableuse) de 30 cm de hauteur environ. Les jeunes pousses qui vont se développer dans l’année s’enracineront et il suffira de les séparer à l’automne. Il est aussi possible de faire un marcottage par couchage avec les rameaux les plus souples.
Le semis est tout à fait possible et donne des plantes à fruits plus petits, mais très nombreux. Récoltez les noisettes à complète maturité (lorsqu’elles se détachent d’elles-mêmes de la plante) et mettez-les à stratifier en n’oubliant pas de poser des appâts pour les rongeurs sur la terrine, ou en enveloppant la culture dans un fin treillis métallique. La stratification doit être courte (1 à 2 mois) et le semis effectué début novembre. En effet, les semis de printemps lèvent moins bien. Comptez environ 70 % de réussite.

Difficulté: marcottage * semis **

Noyer

Le semis donne des arbres vigoureux, mais souvent assez peu fertiles. On l’utilise essentiellement pour obtenir des porte-greffe. Placez les noix, récoltées bien mûres, en stratification en les posant couchées sur le côté dans du sable humide. Elles vont s’ouvrir légèrement pendant la période de repos. Au printemps, mettez-les en place dans une terre légère et profonde. Si une radicelle s’est développée pendant la stratification, pincez-en l’extrémité pour favoriser l’étalement des racines. Il est même conseillé de poser une pierre plate au fond du trou (ou une tuile) pour obliger les racines à se ramifier.
Pour multiplier les variétés fruitières (Franquette, Mayette, par exemple), il est préférable de faire une greffe en fente du 15 mars au 15 avril. Fendez le sujet sur le côté (au tiers du diamètre) et non dans son milieu pour éviter l’éclatement (en raison de l’abondance de moelle). Les greffons doivent avoir été récoltés en janvier et mis en stratification. Prélevez-les dans la partie ligneuse du rameau afin d’avoir moins de moelle. Le porte-greffe est un noyer de semis de trois ans.

Difficulté : semis * greffage ***

Pêcher

PêcherSeul le greffage permet de multiplier fidèlement les variétés fruitières. L’obtention des porte-greffe s’effectue par semis des noyaux au printemps après stratification, pendant tout l’hiver, dans du sable humide. Les pêchers francs sont vigoureux et ont une bonne compatibilité avec la plupart des variétés. Toutefois ils conviennent assez mal aux régions du nord de la Loire, où il est préférable d’utiliser le prunier comme porte-greffe (des semis de reine-claude par exemple). Sur prunier, il sera préférable de greffer des pêchers à maturité tardive (Grosse Mignonne, Suncrest, Silver Logan ou Reine des Vergers, par exemple).
Greffez en écusson à œil dormant, en août, sur des sujets de l’année (les semis du printemps sont greffés la même année) pour les pêchers francs et de mi-juillet à mi-août sur des sujets de l’année ou de l’année précédente pour le prunier.
Vous pouvez aussi tenter le semis direct, puisque la plupart des pêchers sont autofertiles. Il y a donc de bonnes chances d’obtenir des pêches « correctes » par cette méthode (on les appelle souvent pêches à vigne). Elles sont généralement plus petites et moins nombreuses que sur les variétés greffées.

Difficulté : semis * greffage **

Poirier

PoirierSeul le greffage est utilisé pour multiplier les variétés fruitières. Le semis de pépins stratifiés sert uniquement à obtenir des francs pour le greffage. La technique la plus employée est l’écussonnage à œil dormant sur franc (pour les terrains non calcaires et les formes rigoureuses) ou sur Cognassier de Provence (pour une bonne adaptation en sol calcaire).
Notez que le greffage sur cognassier donne de mauvais résultats avec certaines variétés, par exemple : William ‘s, Docteur Jules Guyot, Beurré Clairgeau, Conférence, etc. On est donc obligé de greffer un intermédiaire (Beurré Hardy, par exemple) qui sera lui-même surgreffé l’année suivante (en fente, au printemps). Les écussons sont posés fin juillet, début août et le greffage en fente fait en avril.

Difficulté : greffage **

Pommier

PommierLe greffage est la seule méthode pour multiplier fidèle des variétés fruitières. Utilisez le semis de pépins stratifiés pour obtenir des francs qui serviront de porte-greffe. Il est préférable de choisir des pépins de pommiers à cidre qui donnent des arbres vigoureux, mais à la mise à fruits assez longue. Le greffage sur pommier franc doit être réservé aux arbres plein vent.
Pour obtenir des formes plus petites et plus fructifères, il est conseillé d’utiliser des porte-greffe sélectionnés :
■ le M1 (paradis anglais à larges feuilles) convient aux sols lourds, dans les régions à climat doux, pour les grandes formes ;
■ le M2 (Doucin) de vigueur moyenne convient aux sols moyens, très productif, il est apprécié pour les fuseaux ;
■ le M9 (paradis jaune de Metz), c’est un porte-greffe faible demandant une bonne terre riche, productif et résistant au gel, c’est le porte-greffe idéal pour les palmettes ;
■ le M27 de très faible vigueur, n’accepte que les bons sols, c’est le meilleur porte-greffe pour faire des cordons ;
■ le M106, hybride d’origine anglaise, de végétation moyenne, accepte tous les sols. Très intéressant pour les fuseaux et les palmettes.
Il existe encore de nombreux autres porte-greffe. certains adaptés à quelques régions seulement. C’est votre pépiniériste qui pourra vous guider vers le bon choix, puisqu’il est le. seul à pouvoir vous fournir ces plantes.
Greffez en écusson à œil dormant (en pied), dans le courant du mois d’août, et vous obtiendrez l’année suivante un scion qui pourra être soumis à toutes les tailles de formation. Dès le développement de l’écusson au printemps, il faut palisser la jeune pousse sur l’onglet du porte-greffe.
Notez que certaines variétés demandent le greffage d’un intermédiaire. C’est le cas, par exemple, de « Cox’s Orange Pippin » et « Ontario ». Utilisez de préférence la variété « Transparente de Croncels » qui forme un tronc bien droit. Cet intermédiaire sera greffé en écusson en pied, et la variété définitive en écusson ou en fente en tête.

Difficulté : greffage **

Prunier

Beaucoup de pruniers étant autofertiles, il est possible d’avoir recours au semis (notamment pour les mirabelles et les reines-claudes). Stratifiez les noyaux tout l’hiver et semez-les au printemps. Souvent les arbres obtenus ne sont pas aussi fructifères que les plantes greffées, avec une mise à fruits plus longue.
Le drageonnage des variétés issues de semis est une méthode facile de multiplier, malheureusement les plantes ainsi multipliées voient leur caractère drageonnant s’accentuer.
Les bonnes variétés fruitières seront multipliées, de préférence, par greffage en écusson fin juillet en pied pour Reine-Claude d’Oullins et quetsche et en tête pour les autres variétés. Le Prunier Saint-Julien est le porte-greffe idéal des terres fortes et humides du nord de la France, le Prunier myrobolan conviendra plutôt dans les terres calcaires ou sableuses.
Pour Mirabelle de Nancy, il faut généralement greffer un intermédiaire (en général « Brompton », une forme de Prunus domestica que vous pourrez trouver chez certains pépiniéristes spécialisés). Il est également possible de faire une greffe en incrustation en tête, au printemps, sur des porte-greffe de deux ans (ce qui permet de faire une meilleure sélection des tiges vigoureuses).

Difficulté : semis *, drageonnage *, écussonnage **, greffe en incrustation ***

Ronce (mûre)

RonceCette plante s’enracinant presque naturellement au bout de ses longs rameaux sarmenteux, le marcottage est très aisé. Couchez une branche sarmenteuse dans le sol en septembre-octobre ou en mars-avril (si elle est très longue, vous pouvez faire un marcottage en serpenteau). Il faut généralement six mois pour que s’effectue l’enracinement. Les marcottes d’automne produisent très souvent des fruits dès l’année suivante. Évitez de semer les ronces sans épines car les jeunes plants obtenus sont épineux.

Difficulté: marcottage *

Vigne

VigneLe semis est très rarement employé, même si le Chasselas peut se propager assez fidèlement de cette manière. Une expérience à tenter…
Les boutures en crossette s’enracinent très facilement. Il faut prélever les rameaux porte-bouture en novembre-décembre, en choisissant de préférence des rameaux ayant porté des grappes. Enjaugez ces rameaux en pots, complètement enterrés à 30 cm de profondeur dans du sable.
Les boutures seront confectionnées en avril. Elles doivent mesurer 15 à 20 cm de longueur et porter au moins deux yeux. Mettez-les en pots individuels dans un mélange de sable et tourbe, ou directement en pleine terre, en pépinière (légèrement inclinées). Vous pouvez aussi procéder au marcottage, par couchage d’une grande branche sarmenteuse, en octobre-novembre, elle sera sevrée l’année suivante à l’automne.
En raison des risques de phylloxéra, on utilise presque uniquement aujourd’hui le greffage en anglaise compliquée, en hiver. On dit que l’on greffe sur table car ce travail s’effectue à l’intérieur, la greffe étant souvent une « greffe bouture », le porte-greffe n’ayant pas de racine. Le porte-greffe est une vigne d’origine américaine comme Vitis ruparia ou Vitis ruparia X rupestris. Le greffon porte juste un œil. Le porte-greffe mesure environ 25 cm de longueur. Il faut que les deux sujets aient pratiquement le même diamètre. Les greffes sont en jauger verticalement dans des caissettes contenant du sable ou de la tourbe blonde, puis mises à chaud à 28 ou 30° pendants une dizaine de jours. Ensuite, la chaleur est ramenée à 20° pendant trois semaines. Au début du printemps, on plante les greffes boutures en pépinière dans le jardin ; l’œil du greffon doit être très légèrement enterré afin d’éviter son dessèchement.

Difficulté: semis et marcottage * bouturage **

Greffage

Véritable chirurgie végétale, le greffage est la technique la plus évoluée pour la multiplication des plantes. Il consiste à souder deux plantes entre elles de manière à produire une association bénéfique pour la croissance de la plante. Le porte-greffe va apporter la partie radiculaire et le greffon transmettre la variété désirée. La greffe est une méthode de multiplication végétative puisque la fécondation n’intervient pas. Elle permet bien souvent de changer le mode de végétation d’une plante et non de transmettre ses caractères de façon parfaitement fidèle comme dans les autres méthodes précédemment citées.
Le greffage permet d’obtenir des formes pleureuses, naines, fastigiées; ou des variétés qui autrement ne pourraient être propagées. C’est toujours une méthode extrême et il ne faut l’utiliser qu’en cas d’impossibilité de réussite avec les techniques plus simples. De par sa complexité même, et les notions de technique qu’il exige, le greffage justifie bien souvent le coût élevé de certaines plantes qui ne peuvent être multipliées par une autre technique (sapin bleu par exemple, ou arbres pleureurs).

Greffage

Les avantages du greffage

Ils dépendent essentiellement du porte-greffe. En choisissant comme support pour la greffe une plante appropriée (et compatible avec le greffon, bien sûr), on va pouvoir adapter certaines espèces à des sols qui autrement les gêneraient (par exemple, le poirier greffé sur cognassier de Provence vient bien en sol calcaire).
Le greffage peut être l’occasion de rendre insensible la plante à certaines maladies (on greffe Les Vignes sur des porte-greffe d’origine américaine afin de les protéger du phylloxéra). On pourra aussi, par le greffage, contrôler la vigueur de la plante et moduler sa forme (cas des arbres fruitiers avec des porte-greffe à la végétation plus ou moins forte selon les formes adoptées). D’une manière générale, une plante greffée est souvent plus précoce qu’une même espèce sur ses propres racines.

Les inconvénients du greffage

Ce sont d’abord les difficultés techniques à surmonter. On ne greffe pas n’importe quoi, n’importe comment. Il faut appliquer la bonne méthode, choisir le porte-greffe adéquat, ce qui n’est pas toujours très simple. De plus, il n’est pas possible de greffer des plantes adultes. C’est une méthode de multiplication qui concerne uniquement les plantes jeunes (éventuellement, on peut surgreffer un arbre ancien pour reconstituer une branche, mais c’est vraiment un cas extrême).
On peut aussi considérer qu’une plante greffée a tendance à vivre moins longtemps qu’une plante sur ses propres racines, le point de greffe restant toujours un endroit fragile (par exemple, sur les pruniers l’éclatement au niveau de la greffe est fréquent).

le greffage permet d’obtenir des fruits plus gros, plus savoureux.

La physiologie du greffage

Ce sont les tissus de croissance en épaisseur de la tige (le cambium) qui mit en contact, parviennent à se souder. Le porte-greffe alimente alors le greffon qui se développe tout à fait normalement, reproduisant les caractères fidèles de la plante de laquelle il a été détaché. C’est une véritable symbiose que l’on réalise, car une fois l’assemblage bien fait, les deux parties de la greffe ne font plus qu’une et il est rarissime de constater un phénomène de rejet (comme c’est le cas avec les greffes d’organe chez l’homme). La physiologie végétale est suffisamment simple pour éviter tous ces problèmes. Le seul point délicat, c’est la compatibilité entre sujet et greffon.
Généralement les plantes appartiennent au même genre botanique (le rosier est greffé sur des rosiers sauvages, ils font tous partie du genre Rosa). Mais parfois il y a des exceptions : aubépine sur sorbier, lilas sur troène ou frêne, par exemple. Porte-greffe et greffon appartenant nécessairement à la même famille botanique, impossible de greffer un conifère sur un pommier, par exemple. Au sein d’un même genre, il peut exister des espèces caduques et persistantes. Il est rare que les plantes qui perdent leurs feuilles se soudent sur les persistants, mais l’inverse est possible, dans certains cas.

Les conditions d’un bon greffage

Elles sont assez délicates à définir car ici le sol n’entre pas en jeu (on utilise presque toujours, sauf pour la vigne, des porte-greffe déjà racinés et bien développés). Ici la technique mise en œuvre et la compatibilité des deux plantes vont décider de la réussite. Toutefois les conditions climatiques et l’exposition peuvent favoriser le processus.

Les conditions climatiques

Elles ne doivent pas être extrêmes. Il est déconseillé de greffer par temps trop chaud ou par temps de gel. La pluie violente (et en particulier l’orage) est assez nuisible à la reprise des greffes, en revanche, un temps brumeux, bruineux donne d’excellents résultats, la forte hygrométrie étant toujours un stimulant favorable au processus de multiplication. Il est toujours meilleur de greffer le matin en été et pendant l’après-midi au printemps.

L’exposition

Elle n’est pas à négliger, surtout dans les régions venteuses. Les forts vents dominants nuisent beaucoup à la reprise des greffes. Il faut donc placer des abris ou poser les greffons à l’opposé des vents dominants (notamment pour l’écussonnage). Attention aussi a la trop forte insolation qui entraîne un dessèchement rapide du greffon.

Le greffage pour quoi faire ?

Nous avons vu que le greffage était une opération extrême à n’utiliser qu’en cas d’impossibilité de réussite avec les autres techniques de multiplication. Voici quelques exemples ou le greffage est indispensable :

Des formes originales

La quasi-totalité des arbres à port pleureur, mais aussi certaines variétés fastigiées ou naines ne peuvent se multiplier autrement que par greffage.

Le surgreffage

C’est regreffer une plante qui l’a déjà été et qui, bien souvent, est parvenue à l’âge adulte. On cherche avec cette technique à renouveler une branche cassée ou supprimée pour des raisons de maladie (chancre, par exemple). On peut aussi surgreffer complètement un arbre fruitier qui resterait improductif (on utilise alors le greffage en couronne).

Le choix de la vigueur

Cette fois c’est le porte-greffe qui entre en jeu. les professionnels disposent aujourd’hui  d’une grande palette de porte-greffe de port, vigueur, croissance et exigences différents. En adaptant bien tel ou tel porte-greffe on peut orienter la forme définitive de la plante (par exemple les cordons de pommiers sont tous greffés sur un porte-greffe chétif : le paradis).

L’adaptation au sol

C’est l’un des avantages du greffage. Le rosier greffé sur Rosa rugosa acceptera mieux les terres lourdes et humides, sur Rosa Canina « Laxa », il donnera bien en terre calcaire.
La résistance aux maladies
C’est un élément à ne pas négliger. On a déjà parlé des porte-greffe américains pour la vigne afin de lutter contre le phylloxéra. Mais le rosier Rosa multiflora, par exemple, offre une bonne résistance à l’oïdium (blanc).

Les arbres bi ou tricéphales

C’est une originalité plus qu’un véritable attrait, donnant la possibilité de greffer deux variétés différentes sur la même plante (Rose rouge et rose jaune, ou pomme précoce et pomme plus tardive, par exemple, voire des coings et des poires sur le même arbre). L’inconvénient, à moyen terme, c’est que l’une des deux variétés prend toujours le dessus. Les arbres tricéphales sont ceux qui portent trois variétés différentes.

Des couleurs plus belles

Très souvent le greffage est la seule bonne méthode pour propager les variétés à feuillage coloré ou panaché. On a aussi remarqué que les plantes greffées présentaient des coloris plus soutenus et plus riches que les plantes issues de semis, par exemple (assez évident chez le liquidambar).

Les outils du greffage

Plus encore que pour les semis, où pourtant les accessoires ont leur importance, les outils du greffage vont influer sur le résultat final.

Les outils du greffage

Le greffoir

C’est votre bistouri de « chirurgien des plantes ». Parfaitement affûté, propre (au besoin n’hésitez pas à le désinfecter en frottant la lame avec un coton imbibé d’alcool), il doit posséder une spatule pour soulever l’écorce sans l’abîmer. Préférez un modèle à lame pliante qui protège mieux la partie coupante et est moins dangereuse à transporter. Il existe deux modèles de greffoirs : le classique avec une lame terminée en pointe et le greffoir à vigne à lame droite, arrondie à son extrémité, très efficace pour les coupes en biseau (greffe anglaise).

Le sécateur

C’est l’outil que tout jardinier doit avoir constamment dans sa poche. Préférez un modèle classique (avec lame et contre-lame) qui assure une coupe bien homogène. Le sécateur doit être choisi en fonction de la longueur de votre main pour que l’effort de pression sur les branches ne soit pas trop important au moment de la coupe.

Le maillet

Il n’est utilisé que pour la greffe en fente, lorsque le bois est très dur. Il sert alors à faire pénétrer des coins de bois dans la fente pour écarter les tissus et favoriser le passage du greffon.

Le raphia

C’est le matériau le plus utilisé pour les ligatures. Fibre végétale souple et solide, il doit s’utiliser mouillé de manière à ce que la fibre s’étale bien et couvre mieux la greffe à attacher.

Les ligatures

Elles peuvent être effectuées avec des matières aussi diverses que la ficelle, la laine, le fil de coton, le raphia naturel ou en plastique, etc. On les utilise dans les différentes greffes en fonction de l’importance de l’attache à réaliser. Il existe aussi des attaches rapides en caoutchouc (pour l’écussonnage), mais il n’est pas toujours bien facile de se les procurer dans le commerce (elles sont utilisées par les professionnels).

Le mastic à greffer

C’est la « pommade » protectrice que l’on pose sur les plaies pour favoriser leur cicatrisation. On trouve aujourd’hui des préparations prêtes à l’emploi (à froid) qui seront étalées avec une spatule ou un petit morceau de bois. Attention ! ce produit est très collant et tache fortement les vêtements.

La serpette

Outil plus conséquent, à lame renforcée, recourbée à son extrémité, sert à fendre le bois (greffe en fente) et à couper le raphia. C’est aussi l’outil idéal pour le parage des plaies de coupe faites à la scie (lorsqu’on rabat le porte-greffe, dans le cas des greffes terminales).

La scie

Pour toutes les grosses coupes (notamment pour rabattre les sujets lors des greffes en couronne), elle s’impose quand le sécateur est trop faible. Choisissez une scie de jardinier à lame fine et denture isocèle (qui hache moins les tissus). Il existe des modèles pliants (à cran d’arrêt) plus pratique et suffisant pour le greffage. Toutes les coupes effectuées à la scie doivent être parées à la serpette.

Le choix du porte-greffe

C’est l’un des points les plus importants pour la réussite, mais aussi l’un des points les plus délicats pour le jardinier amateur. Un porte-greffe doit être parfaitement sain, bien développé, jeune, bien adapté à la variété à greffer, au sol et aux conditions climatiques de la région. Vous avez plusieurs possibilités de choix.

Les sauvageons

Plantes que vous trouvez dans la nature et que vous récoltez pour servir de porte-greffe, ce sont surtout des rejets d’églantier (pour les rosiers) ou d’aubépine (pour le poirier). Bien adaptés à votre région et prêts à recevoir la greffe, ils sont très faciles à obtenir. Méfiez-vous toutefois de ces sauvageons qui peuvent être porteurs de maladies (notamment, pour l’aubépine, le terrible feu bactérien).

Les francs

Ils désignent les plants obtenus par un semis de graines prélevées sur des plantes cultivées et connues. Il est facile, par exemple, de cultiver des francs de rosiers, d’arbres fruitiers ou d’arbres d’ornement en prélevant les graines à maturité et en les faisant germer (le plus souvent il est nécessaire de procéder à la stratification des graines pendant tout l’hiver et de ne semer qu’au printemps). Les francs sont toujours très vigoureux, mais pas forcément bien adaptés au climat et à la région (notamment pour les arbres fruitiers).

Les porte-greffe sélectionnés

Ils proviennent d’un long travail de mise au point et de recherche. Ils sont généralement produits par l’INRA ou des stations de recherche étrangères (East Mailing en Angleterre, notamment). Leur principal avantage est la connaissance parfaite de leurs qualités et de leurs particularités (certains sont résistants à une maladie, d’autres adaptés à un sol, etc.). C’est la solution idéale, adoptée par la plupart des pépiniéristes multiplicateurs. En revanche, il est assez difficile de se procurer ces plants dans le commerce, et il faudra vous adresser directement aux pépiniéristes, qui ne sont pas toujours très coopératifs pour vous aider dans votre choix.

Le choix des greffons

porte-greffe

Le rameau-greffon est toujours constitué par une branche de l’année (donc poussant en extrémité de la plante). Choisissez-le bien droit, avec des yeux bien formés et, exempt de maladie. Les arbres porte-greffons doivent correspondre parfaitement avec la variété que vous désirez propager. Pour les espèces à ou à fruits, il est indispensable que la plante produise abondamment. Sur un rameau porte-greffon, n’utilisez que la partie centrale (éliminez un quart de la longueur, à chaque extrémité), les yeux sont très bien formés et le bois est ni trop tendre ni trop dur.
L’âge idéal de la plante sur laquelle sont prélevés les greffons est de 8 à 12 ans pour un arbre d’ornement, 6 à 8 ans pour un fruitier, 10 à 15 ans pour un conifère et 4 à 6 ans pour un rosier. Les branches orientées vers le sud ou bien exposées au soleil sont à préférer, car plus productives.

Les rameaux d’hiver

Ils sont destinés aux greffes de printemps et récoltés après la chute des feuilles (jusqu’à mi-janvier, pour les fruitiers au moment de la taille). Attachés en petites bottes étiquetées avec le nom de la variété, ils sont mis en jauge au pied d’un mur orienté vers le nord. Enterrés dans le sable aux 2/3 de leur longueur, ils attendront ainsi le moment du greffage.

Les rameaux d’été

Ils sont utilisés pour l’écussonnage et prélevés très peu de temps avant l’opération. Si vous devez faire la cueillette quelque temps avant le greffage, enveloppez-les dans un chiffon humide et ne les exposez pas au soleil.

Les plantes qui ne se greffent pas

Les plantes de jardin les plus couramment greffées sont les rosiers et les arbres fruitiers. Viennent ensuite les conifères et les variétés ornementales d’arbres, puis les plantes de terre de bruyère et certains arbustes.
Il existe pourtant des plantes qui ne peuvent jamais être greffées. C’est le cas des monocotylédones (ces plantes ne possédant qu’un cotylédon dans leur graine) : les palmiers, les bambous par exemple, les plantes bulbeuses et les espèces herbacées trop tendres ne se greffent pas non plus.

Une greffe originale

L’un des cas de greffage le plus étonnant est sans doute celui de la tomate que l’on peut greffer de côté sous écorce sur un jeune plant de pomme de terre cultivé en pot. Cette greffe s’effectue en avril quand les pousses de la pomme de terre atteignent 15 cm de longueur. Elle nécessite la protection d’une serre. L’avantage c’est que l’on récolte à la fois des pommes de terre et des tomates et, surtout, que la plante ne subit pas les attaques des doryphores.

Division : séparation de touffes

Division, éclatage, drageonnage, œilletonnage, séparation de touffes , repiquage de stolons, sont autant de termes pour désigner des opérations de multiplication des plantes du jardin ; la technique de base est la séparation des grosses touffes en morceaux plus petits.
Contrairement aux techniques déjà évoquées précédemment, nous disposons ici, la plupart du temps, de pousses racinées. Autant dire que nous mettons toutes les chances de réussite de notre côté. En fait, il suffit qu’un fragment de plante dispose de racines et d’un bourgeon pour qu’il produise une nouvelle plante. Nous avons affaire, ici encore, à une multiplication du type végétatif, la fécondation n’intervenant pas.

séparation de touffes

Les avantages de la séparation de touffes

Signalons en premier lieu la facilité et le fort pourcentage de réussite (en moyenne près de 100 %). Mais avec cette technique c’est la possibilité de peupler rapidement le jardin d’espèces intéressantes à très bas prix, avec une rapidité de culture excellente (chez les plantes vivaces, lés espèces divisées ne subissent aucun arrêt de végétation). De plus, la division permet de rajeunir les vieilles touffes et d’augmenter l’intensité de floraison des plantes, tout en les assainissant (on peut, avec ce procédé, séparer les parties malades des parties saines).
C’est aussi le procédé le plus pratique pour modeler à volonté la forme et la disposition des massifs (on réduit l’importance d’une espèce dans un lieu, on l’implante ailleurs, etc.).

Les inconvénients de la séparation de touffes

Ils viennent surtout du fait que beaucoup de plantes n’acceptent pas cette méthode. Seuls les plantes vivaces et les arbustes buissonnants peuvent être multipliés de cette manière. On peut aussi reprocher à certaines méthodes de division de favoriser l’émission de rejets (notamment chez les fraisiers) et particulièrement à celle-ci de ne pouvoir se pratiquer systématiquement chaque année, puisqu’il faut attendre que les touffes se reconstituent (ce qui limite les possibilités de multiplication à environ une fois tous les 3 à 4 ans pour les plantes vivaces et les arbustes).

Les conditions de réussite

Elles sont essentiellement liées à la physiologie de la plante. Il est impensable de réaliser une division avec une plante qui forme un tronc unique. On a donc besoin de disposer de tiges racinées en nombre suffisant pour que la technique fonctionne (au pire, un bourgeon avec des racines peut convenir). Il faut également que la plante soit vivace (et donc qu’elle vive plusieurs années), sinon l’opération n’aurait aucun sens.
En théorie, un seul pouce peut être utilisé pour la division. Mais bien souvent, on se donne plus de chances en utilisant un groupe de tiges avec leurs racines (c’est le cas pour la plupart des vivaces). En pratique, on se servira de morceaux de 5 cm de longueur minimale, ce qui donne un bon pourcentage de reprises.
Contrairement aux boutures, aux marcottes et aux semis, il n’est pas nécessaire d’utiliser un substrat spécial lors de la séparation des touffes. Les racines étant déjà développées, il suffit que la jeune plante soit dans des conditions de culture satisfaisantes pour qu’elle reprenne. Il est toutefois préférable d’alléger un peu la terre et surtout de bien préparer le carré qui va recevoir les nouvelles plantes, afin qu’elles poussent rapidement et s’installent sans souffrir.
Comme pour toute multiplication, la présence d’humidités favorise bien sûr la reprise, et dès que les morceaux de touffes seront mis en place, il sera nécessaire de les arroser copieusement.

La physiologie de la séparation de touffes

On profite avec cette technique de la faculté qu’ont certaines plantes d’émettre de nouvelles tiges depuis la partie souterraine (souche), ou de se développer en largeur en formant des pousses à partir de racines traçantes (le chiendent en est l’exemple parfait), de rhizomes (Iris) ou de stolons (fraisiers).
En bref, il suffit de disposer d’un fragment raciné pour obtenir, en quelques semaines, une plante identique à l’espèce (ou même la variété d’origine) qui va fleurir très rapidement et se comporter à nouveau comme une plante indépendante qui grossira et pourra à son tour être divisée.
Chez les plantes vivaces, on peut même considérer que la division est une nécessité, les plus grosses touffes devenant moins florifères au fil des années. Il faut d’ailleurs noter que, sur ces plantes qui s’étalent, les parties jeunes sont toujours situées à la périphérie de la touffe, ce sont donc ces pousses qu’il faut, prélever en priorité afin de vraiment redonner « du sang neuf » à la plantation. Si vous prenez bien soin de toujours essayer de rajeunir votre plantation, la division de touffes ne devrait jamais produire de phénomène de dégénérescence.

Marcottage

Le marcottage est une méthode beaucoup plus sûre. Marcotter, c’est en effet faire prendre racine à un ou des rameaux qui seront détachés de la plante-mère que lorsque l’enracinement sera effectif. Selon les plantes, cela peut mettre quelques semaines ou plusieurs mois.
Pourquoi le marcottage n’est-il pas plus utilisé ? D’abord parce que, à partir d’un pied mère, on obtient un petit nombre de jeunes plants, ensuite parce que toutes les plantes ne se prêtent pas à cette technique. Ce sont surtout les plantes ligneuses à rameaux souples (et notamment les plantes grimpantes) qui se marcottent volontiers, pour les autres (surtout les plantes vivaces) le bouturage ou la division de touffes sont à préférer. Notez que certaines espèces (dites souvent traçantes) se marcottent naturellement (les ronces, les fraisiers, par exemple) et qu’il suffit alors d’utiliser ces marcottes naturelles pour effectuer la multiplication. Chez les chèvrefeuilles, ou certains Cornus, voire parfois les cognassiers du Japon, les marcottes naturelles sont aussi fréquentes.
Marcottage

Les avantages du marcottage

Ils sont suffisamment nombreux pour conseiller cette technique en priorité aux amateurs. D’abord, l’enracinement se fait très aisément (notamment pour le marcottage par couchage). Comme pour toutes les multiplications végétatives, la plante obtenue est identique à la mère (et les risques de mutations ou de retour au type sont moindres avec cette technique qu’avec le bouturage). Ensuite, et ce n’est pas le moindre de ses attraits, le marcottage ne provoque pas de « stress » au niveau de la nouvelle pousse qui a été continuellement alimentée par la plante-mère. On obtient une croissance plus rapide et, surtout, une fragilité moindre qu’avec les boutures.

Les inconvénients du marcottage

Ils proviennent de la technique employée. Celle-ci ne permet pas de produire de nombreuses nouvelles plantes à partir d’un seul pied mère (4 à 5 en moyenne). De plus, cette technique de multiplication s’opérant directement en plein air, les espèces qui sont traditionnellement délicates à bouturer (dont l’émission des racines est capricieuse) et que l’on multiplie habituellement en coffre, à l’étouffée, avec chaleur de fond, ne s’enracinent pas par marcottage. Il est inutile, par exemple, d’espérer multiplier des conifères avec cette méthode.

La physiologie du marcottage

Elle se rapproche beaucoup de celle du bouturage, puisqu’il s’agit de faire émettre des racines à un rameau. Ce sont le plus souvent les yeux mis en terre qui vont produire les racines. Il est bon de favoriser le processus avec des hormones (comme pour les boutures). On s’est également rendu compte que le fait de tordre les tissus ligneux de certaines plantes grimpantes (le chèvrefeuille, notamment) provoquait un meilleur enracinement. Dans certains cas, on conseille de faire une légère entaille sous les yeux, ou de retirer un lambeau d’écorce, ces techniques visant à accélérer ou à améliorer l’enracinement.

Les conditions d’un bon enracinement

Elles sont similaires à celles du bouturage, notamment parce que les éléments importants sont humidités et substrat. Il faut bien arroser les marcottes tout au long de la saison (plus ou moins en fonction de la pluviométrie), et veiller à ce que les racines soient produites dans une terre légère, poreuse et fibreuse. Cette notion est souvent un peu oubliée du fait que le marcottage se produit en pleine terre, mais il ne faut surtout pas hésiter à mélanger du sable et du terreau fin ou de la tourbe blonde à la terre d’origine pour aider les radicelles dans leur développement.
La chaleur est importante, mais ne doit pas être trop forte. Il est donc préférable de marcotter les plantes se trouvant à mi-ombre, ou de protéger par un écran les branches marcottées des ardeurs du soleil.
Enfin, ce qui compte peut-être le plus, c’est la bonne circulation de la sève chez la plante-mère. Il faut donc utiliser des plantes vigoureuses et en parfaite santé, et procéder au marcottage dès le départ de la végétation, pour que l’enracinement se produise avant l’hiver (excepté pour les rhododendrons dont l’enracinement demande souvent deux années).